Photographie en noir et blanc. Vue de dos de deux mineurs marchant les bras tendus sur le trottoir.

Vers la récupération de l'humanité perdue

Encore aujourd’hui, de nombreux enfants et jeunes vivent leur scolarité (et leur vie) sous un conditionnement rigide qui les empêche de se développer librement dans un espace éducatif garantissant l’équité. Il devient donc nécessaire que les personnes puissent s’unir entre elles et avec d’autres collectifs pour ainsi construire de nouvelles possibilités d’avenir. Des issues à une situation de harcèlement social et éducatif évident, qui permettent la construction de nouveaux projets de vie. Mais une vie communautaire, nous ne pouvons pas retomber dans l’erreur de nous focaliser sur l’individuel. Ce que nous voulons montrer, c’est justement le chemin aller-retour entre le personnel et le structurel (la culture, les politiques, la législation, etc.), qui traverse les relations.

Et ce nouveau projet doit s’appuyer sur des manières alternatives et contre-hégémoniques de raconter et de comprendre la vie (personnelle et collective, scolaire et sociale), qui fassent resurgir l’humanité que les processus bureaucratiques et socialisateurs mutilent. Ces résistances structurées dans le collectif, qui résistent aux assauts du stigmate et de l’idéologie de la domination, finissent par distiller des expériences résilientes : des personnes qui parviennent à surmonter des conditions adverses sans hypothéquer leur humanité remise en question, grâce à une profonde recherche de sens de la vie (Frankl, 2010).

Les mouvements communautaires de résistance permettent à la personne de surmonter les meurtrissures de la blessure psychologique, resurgissant du monde des morts (Cyrulnik, 2002) en récupérant l’humanité volée. Et si nous sommes des narrations, comme le postule Brunner (1991), nous pouvons créer et recréer les histoires de notre vie personnelle et collective, redessiner nos identités blessées. C’est pourquoi la récupération de récits vitaux permet de sortir des frontières de la normalité, car ils remettent en question ce qui n’est pas remis en question, créant de nouvelles cartographies vitales et sociales dirigées par le désir de changement. Un travail nécessaire pour le soutien inconditionnel à la lutte contre l’inégalité (quelle qu’en soit la raison), pour faire voir la légitimité et la valeur des voix communes, dans l’accompagnement humain (et non thérapeutique) des enseignants auprès de leurs élèves, et pour rendre publiques les histoires qui remettent en question et déplacent les frontières. Car elles les remettent en question, puisqu’elles peuvent subvertir le pouvoir, et elles sont résilientes car elles abritent en leur sein, nécessairement, la réconciliation.

Références :

  • Bruner, J. (1991). Actes de sens. Au-delà de la révolution cognitive. Alianza Editorial.
  • Cyrulnik, B. (2002). Les vilains petits canards. La résilience : une enfance malheureuse ne détermine pas la vie. Gedisa.
  • Frankl, V. (1991). L’homme en quête de sens.Herder.

Un livre plein d'histoires

La publication de ce livre répond à une préoccupation face à la souffrancequi se produit dans les écoles et parmi les familles en raison desprocessus de stigmatisation et de discrimination que subissent les élèvesdésignés par le handicap. Cette préoccupation n’est pas anodine ni le fruitd’une idée passagère de ceux qui écrivent ces mots. La souffranceconstitue le germe qui mobilise le projet d’élargir la valeur desécoles pour tous les citoyens sans exception.

Le livre commence par recueillir onze nouvelles qui revendiquentcette partie de la réalité qui ne peut être connue qu’à travers leregard profond des personnes traversées par le handicap, quiconstruisent leurs systèmes de connaissance immergés dans un contextevicié et vicié par les représentations sociales et par un systèmescolaire qui nie les différences et les délégitime. La deuxième partiede l’œuvre est constituée d’une analyse qui accompagne les brefs récitsici recueillis et d’autres qui ont été sélectionnés parmi les informationsrecueillies dans la recherche « Narratives émergentes pour la construcde centres scolaires inclusifs» développée à l’Université de Malaga.

Bien que ce livre s’attarde sur les aspects les plus sombres de l’institution scolaireet la dénonciation des situations douloureuses qu’elle provoque chez certainespersonnes, les récits de ces histoires courtes, ainsi que ceux d’autresque nous avons développés dans le projet de recherche quisoutient ce livre, constituent le germe de l’effet le plus beauqui puisse être imaginé : l’émergence du mouvement social pour uneéducation qui promeut une société inclusive appelé «Quererla es crearla.

Estas páginas muestran la necesidad de poner en el epicentro del discurso de la inclusión la voz del alumnado, el profesorado comprometido y las familias; de reconocerlos como activistas con capacidad para mostrar, desde sus experiencias narradas, la necesidad de desafiar el proceso de etiquetado, y de protagonizar investigaciones comprometidas con el cambio educativo y social que habilitan nuevas cartografías vitales et impulsent un mouvement social pour le droit à l’éducation.

Histoires de vie en profondeur

Les récits de vie nous offrent une occasion privilégiée de connaître l’expérience sociale des personnes car ils nous révèlent leurs façons de comprendre ce qu’elles vivent, les expériences qu’elles font, leurs conditions, les groupes auxquels elles appartiennent, leurs frustrations et leurs désirs, etc. Ils nous montrent une partie importante de l’environnement dans lequel on vit, dans ce cas fondamentalement l’école.

Ces textes revendiquent cette partie de la réalité qui ne peut être connue qu’à travers le regard profond des sujets, qui construisent leurs systèmes de connaissance immergés dans un contexte déterminé.

Accédez au récit, disponible en PDF et en ligne.

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Page d'accueil du récit de vie de Paula Verde : "Le pouvoir du regard", par Ignacio Calderón Almendros.
En construction
Couverture du récit de vie de María José G. Corell : « Ressentir avec les élèves ».
En construction

En vente chez Éditorial Manelia

Récits brefs sur une école à dévoiler

Les récits de vie nous offrent une occasion privilégiée de connaître l’expérience sociale des personnes car ils nous révèlent leurs façons de comprendre ce qu’elles vivent, les expériences qu’elles font, leurs conditions, les groupes auxquels elles appartiennent, leurs frustrations et leurs désirs, etc. Ils nous montrent une partie importante de l’environnement dans lequel on vit, dans ce cas fondamentalement l’école. Ces textes revendiquent cette partie de la réalité qui ne peut être connue qu’à travers le regard profond des sujets, qui construisent leurs systèmes de connaissance immergés dans un contexte déterminé.

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Histoires en format audiovisuel

Parmi les histoires construites, il existe une série de récits disponibles en format audiovisuel. Cela les rend idéales comme outils pour susciter la réflexion dans les processus de formation. Nous vous encourageons à regarder, débattre, partager, diffuser…

Documentaire "Quererla es Crearla"

Ce film réfléchit sur l’éducation inclusive à travers diverses histoires qui s’entrecroisent dans la défense du droit à l’éducation inclusive. Il commence par le cas de Rubén Calleja, qui a été expulsé de son école primaire et contraint d’être scolarisé dans un centre d’éducation spéciale, ce que sa famille a refusé d’accepter.

Sa lutte juridique est le fil conducteur d’autres luttes, profondes et complexes, partagées par un groupe d’élèves et leurs familles. Les histoires inachevées du documentaire ont été enregistrées et seront publiées dans cet espace.

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Description de la bande-annonce : « Quererla es Crearla. Éducation Inclusive » Production: Faculté des Sciences de l'Éducation, Université de Malaga. Un documentaire réalisé par Cecilia Barriga. Avec le financement du Ministère de la Science et de l'Innovation. Contenu de la bande-annonce: [Música épica] Scène 1: Réunion dans un cadre officiel avec la ministre de l'Éducation, Pilar Alegría, et le secrétaire d'État à l'Éducation, Alejandro Tiana. Deux jeunes femmes assises devant eux. L'une des jeunes femmes s'adresse à eux. — Jeune femme 1 : « Mon oncle [Rubén Calleja] a été tenté d'être expulsé de l'école ». Scène 2: Tres personas jóvenes en un espacio abierto con grandes cristales. Dos de ellas bailan. La tercera, con parálisis cerebral, está cerca de una mesa. Escena 3: — Joven 1 (v.o.): «Y tenemos un amigo, que se llama Rubén, que sí que lo echaron de la escuela». Escena 4: Un grupo de adultos y jóvenes en espacio abierto con coches, una mesa y barbacoas. El espacio parece un jardín. El grupo está sentado bajo un árbol, prestando atención. Escena 5: Una plaza pública con mesas de restaurante. Un joven camina con una mochila. — Joven 1 (v.o.): «Incluso la ONU, más adelante, cuando se enteró de este caso, dijo que fue discriminación.» Escena 6:De nouveau, lors de la réunion avec la ministre de l'Éducation. La jeune fille insiste : — Jeune fille 1 (voix off) : « Nous aimerions que vous appeliez Rubén pour régler cela. » La ministre, Pilar Alegría, acquiesce. Scène 7 : Un espace extérieur avec des murs de pierre où un groupe de jeunes, avec et sans handicap, semblent discuter et sourire. Alors que la caméra bouge, elle capture d'autres jeunes, certains assis par terre, lisant ou jouant avec le sable. — Adulte 1 : « Ma diversité fonctionnelle peut varier maintenant, dans deux minutes, n'est-ce pas ? Celle de tous. Parce que nous sommes humains. » Scène 8 : Des personnes de différents âges dialoguent assises dans un champ, conversent entre elles et avec la personne qui les filme, hors champ. La caméra s'arrête lentement sur chacune d'elles. — Adulte 1 : « Et pourtant, nous vivons complètement à l'opposé de cela. Et cela me fait penser, en même temps, qu'il doit être très facile de le changer. Je ne sais pas comment le dire, cela nous semble un mur, mais je me dis… il doit y avoir une brèche qui fasse tomber cela. » Scène 9 : Un groupe marche dans les couloirs d'un bâtiment gouvernemental vers la réunion avec la ministre de l'Éducation. — Adulte 1 : « Parce que nous sommes tous et toutes. » [Música] Scène 10 : En un entorno natural, con árboles y flores, una persona joven sigue a otra hacia un pequeño cobertizo. — Antón Fontao: «Cuanto más nos miramos hacia dentro, más nos parecemos todos. Entonces, si os miráis hacia dentro y contáis qué os preocupa, qué sentís, cómo os sentís… los que están fuera lo van a recibir como algo propio que les atañe, porque es verdad.» [Fundido a negro] Secuencia de imágenes: 1. Raúl Aguirre frente a una joven que se comunica con gestos. 2. Indira junto a un adulto y un joven que le prestan atención y sonríen. 3. En un entorno natural, una joven haciendo pompas de jabón. A su lado, una adulta sonriendo. [Música aumenta] Escena 11: Vista aérea de un grupo de personas en círculo, juntando sus manos en un acto de unidad y motivación. — Concha Casasnovas: «No estoy nada segura de que sea bueno soñar a nuestros hijos.» Escena 12: Primer plano de Raúl Aguirre tomando fotos en un entorno natural. Raúl mira a cámara. — Concha Casasnovas: «Raúl, desde luego, nos ha demostrado que es absurdo que soñemos por ellos.» Escena 13: Vista lateral de un grupo de jóvenes en un balcón con mascarillas, observando el entorno y lo coches circulando. Entre ellos, Antón Fontao. Escena 14:Vue d'ensemble du groupe de personnes participantes au documentaire, partageant rires, complicité et étreintes. [Fundido a negro] « La vouloir, c'est la créer | Éducation inclusive. »

Je suis Quim et voici ma vie

Quim Llisorgas n’avait que trois mois lorsque les médecins ont annoncé à ses parents que leur fils serait un légume : il n’aurait aucune mobilité et ne serait pas capable de prononcer un mot. 18 ans plus tard, Quim parle, joue au football, étudie et depuis quelques jours, il a commencé un cours de théâtre pour réaliser l’un de ses rêves : devenir acteur.La Vanguardia, 4/12/2013)

L’histoire de Quim confronte les jugements et préjugés permanents qui minent la vie des personnes désignées par le handicap. L’un d’eux est que, malgré avoir suivi les quatre années de l’ESO, il n’a pas obtenu le diplôme de secondaire. Cette réalité est aussi courante qu’injuste, et l’histoire de Quim nous aide à questionner sa logique et sa légitimité. Vous pouvez lire son récitICIet visualiser cette courte vidéo sous-titrée enespagnolou encatalan.

14 ans plus tard (en février 2026), le Tribunal Supérieur de Justice de Catalogne (TSJC) ordonne au Département de l’Éducation et à l’Escola Pia de Mataró de lui délivrer le diplôme de fin d’études secondaires obligatoires (ESO) rétroactivement à partir de 2011-2012. « Le tribunal déclare que l’établissement scolaire et l’Administration ont agi de manière matériellement illégale en cachant, ne conservant pas ou ne facilitant pas le plan individualisé de soutien de Llisorgas, qui interprète Hèctor dans la série TV3 ‘Com si fos ahir’. » (El Periódico, 17/02/2026)

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Audiodescription [AD]: Close-up of Quim on a white background.

Quim:— Hello, my name is Quim and I am 18 years old. I live in Vilassar de Mar and this is my story. Since I was very young, I have attended schools that were not special schools. I started in nursery school when I was less than a year old. I... I don't remember very well, but I remember that I was treated well. I was treated well.

And then, I went from nursery school to Escola del Mar. I don't remember the beginning either, but in the end, I remember it was a good school and a place where I felt comfortable.

After Escola del Mar, I went from Escola del Mar to Santa Anna, where, apart from some problems I had at Santa Anna, I had a good period. Well, from the first year to the 4th, I had a good period. And then, in the fourth year, I had a lot of problems continuing.

Quand j'ai terminé la 4e de l'ESO, on ne m'a pas donné le diplôme. Je voulais faire du théâtre, étudier le théâtre, mais je n'ai pas d'autres options. Nous sommes allés aux Services Territoriaux et à l'EAP et ils se sont montrés très têtus pour nous donner le diplôme.

Personne, toutes ces années, n'a voulu me donner un coup de main. Actuellement, je suis dans un PQPI adapté, au Miquel Biada, à Mataró. Avec ça, on ne me donnera pas non plus le diplôme, et nous sommes encore au début.

Je veux être acteur, acteur professionnel pour jouer dans des séries ou des films importants et tout ça. Et en plus... Eh bien, je veux être acteur... acteur. Et c'est tout.

(Musique)

Audiodescription [AD] :Gros plan sur Quim.

Quim :—Je m'appelle Quim et voici ma vie.

Audiodescription [AD]: Quim parle et rit avec quelqu'un hors champ.

Quim:— Il était trop timide, n'est-ce pas ? Devant la caméra ?

Voix 1 (hors champ):— Mais c'est normal, non ? Les premières fois toujours...

Quim:— Oui.

Voix 1 (hors champ) :—Ne t'inquiète pas. Je serais timide aussi, surtout si je devais raconter ma vie.

Audiodescription [AD] :Gros plan sur Quim après avoir conversé avec la personne hors champ. Il semble réfléchir ou attendre (appréciation subjective).

Voix 1 (hors champ) :—Eh bien, voilà. C'est fait !

Voix 2 (hors champ) :—Vous avez déjà terminé ?

Voix 1 (hors champ) :— Oui.

Audiodescription [AD]: Quim se lève et s'en va. Fondu au noir.

Accédez au récit, en PDF et en ligne.

Avec toi, mais pas sans moi

Reportage réalisé par Laia Oliver, et diffusé le 12/10/2024 dans l’émission « De seda y hierro » sur La 2 de RTVE, qui aborde « la vie quotidienne des personnes en situation de handicap en images et sensations ». L’une des deux histoires du reportage est celle de Raúl Aguirre, membre de Quererla es Crearla, qui a précédemment raconté son histoire avec sa mère, Concha Casasnovas. L’histoire de Raúl illustre le désir humain de liberté et la nécessité de comprendre notre nature interdépendante.

(Musique)

Description audio [AD]. Introduction du programmeDe soie et de fer, de RTVE.

Plan de Raúl Aguirre marchant dans un environnement naturel. Il se dirige vers un poulailler où il ramasse des œufs et les place avec soin dans un panier en métal.

Raúl Aguirre - R.A.:—Je me bats pour les différents droits, pour qu'on nous écoute, qu'on nous donne une voix, qu'on nous respecte. Pour une vie digne.

(S'adressant aux poules) Allez...

Audiodescription [AD]:—Depuis l'intérieur d'une pièce, Myriam Arnáiz parle sur un balcon avec son chien, Carrie. Myriam utilise une pince pour lui donner à manger, puis l'observe.

M.A.:—(S'adressant à Carrie) Qui va te donner à manger ? Maman, n'est-ce pas ? Viens. Viens, Karim.

M.A. (v.o.):—Si on m'avait demandé il y a deux ans si j'avais réalisé mon rêve, j'aurais répondu que non. Mais aujourd'hui, actuellement, je dirais que oui. Cela m'a demandé beaucoup de travail, beaucoup d'efforts et je suis très fière de tous les petits pas que j'ai faits.

(Musique)

Audiodescription [AD]:—Raúl donne à manger aux poules. Sa mère, Concha Casasnovas, entre dans le poulailler.

Concha Casasnovas (C.C.) :—(S'adressant aux poules) Les filles, on rentre.

(S'adressant à son fils) Salut, Raúl, comment ça va ?

R.A. :—Bonjour, maman.

C.C. :—Comment ça va, mon fils ? Tu es déjà là, tu es venu bien tôt aujourd'hui, n'est-ce pas ?

R.A. :—Oui, parce qu'il fallait compter combien il y avait d'œufs.

C.C. :—Très bien, et quoi d'autre ? Tu as quelque chose cet après-midi aussi ?

R.A. :—Oui. Je vais (Raúl signe le mot 'travailler') travailler.

C.C. :—Ah, d'accord.

Audiodescription [AD] : Raúl et Concha continuent de parler de manière inaudible.

R.A. (voix off) :— J'habite à la campagne, dans ma maison.

Audiodescription [AD] : Gros plan sur Raúl.

R.A. :— Cela fait quatre ans que je mène un projet de vie indépendante.

Audiodescription [AD]: Concha Casasnovas et José Luis Aguirre, les parents de Raúl, chez eux.

C.C. : — Raúl est notre deuxième enfant. À partir de trois ans et demi, il a commencé à avoir un problème épileptique avec des convulsions qui nous a bouleversés, toute la famille, d'une manière incroyable.

Nous sommes allés de neurologue en neurologue et, finalement, on nous a envoyés à Marseille, à la clinique du docteur Gastó, où ils ont diagnostiqué que sa maladie était un syndrome de Lennox-Gastaut.

Le diagnostic a été un coup terrible et, en même temps, ce fut une libération absolue de savoir ce qui se passait.

(Son de poules)

Audiodescription [AD]: Raúl et sa mère ensemble, nourrissant et prenant soin des poules

C.C. (v.o.) :—Il est venu ici pendant la pandémie, parce que nous l'avons ramené.

Audiodescription [AD] :Gros plan sur Concha.

C. C. :—Il vivait dans un appartement supervisé à l'époque et il a vu une maison vide et a commencé à dire qu'il voulait y vivre et nous ne l'avons pas cru.

Audiodescription [AD] :Gros plan sur une maison de village à la façade blanche et au toit de tuiles. À côté de la porte d'entrée, une pancarte indiquant « La casa mía », à côté d'une illustration, œuvre de Raúl.

Ensuite, Raúl et Concha sortent du poulailler et marchent main dans la main.

Gros plan sur José Luis.

José Luis Aguirre (JO.A) :—Le sentiment qui m'a envahi, du moins pour moi, c'est que la protection immense qu'il avait eue pendant 18 ou 20 ans commençait à s'effriter et qu'il devrait affronter les problèmes à sa manière.

Audiodescription [AD] :Raúl et Concha marchent main dans la main.

C.C. :—Bon, ma belle, eh bien, je reste à la maison maintenant. Tu rentres chez toi ?

R.A.—Je rentre, oui, maman.

C.C.:—Allez.

Audiodescription [AD]:Raúl et Concha se disent au revoir. Concha prend son panier d'œufs et rentre chez elle.

C.C.:—Je m'occupe des œufs d'Ismael, n'est-ce pas ?

R.A.—D'accord, oui.

C.C.:—Allez.

R.A.—Salut, maman.

C.C.:—Au revoir, à bientôt, mon fils.

R.A.—Au revoir.

(Musique)

Audiodescription [AD] :Raúl marche après avoir dit au revoir à sa mère. Concha se retourne pour le voir avant d'entrer dans la maison.

Ensuite, gros plan sur Concha et José Luis.

C.C.:—L'assistance personnelle a été absolument essentielle dans les pas qu'il a franchis et qu'il continuera de franchir.

Audiodescription [AD] :Pendant que la chanson 'My Way' joue, la caméra suit Raúl qui marche jusqu'à sa maison, où il entre. La chanson continue pendant que Myriam Arnáiz, assise dans un fauteuil roulant, se regarde dans le miroir et s'applique un rouge à lèvres rouge vif. Après s'être maquillée, Myriam sourit en se voyant dans le miroir (appréciation subjective).

🎵

'Vivre, toujours vivre, je l'affronterai sereinement.' 'J'ai toujours été comme ça, je vais vous le dire sincèrement.' 'Vivre l'intensité et je n'ai jamais trouvé de frontières,' 'et tout cela, c'était à ma manière.'

🎵

Myriam Arnáiz - (M.A.) :—Je suis de Séville, bien que j'habite actuellement à Madrid, dans un appartement loué, mais je viens d'acheter un appartement. J'ai très envie de pouvoir y commencer mon projet de vie indépendante et, surtout, avec ma petite chienne, Carrie.

Audiodescription [AD] :—Myriam câline et embrasse son chien, Carrie. Ensuite, elle ouvre l'une de ses armoires et, à l'aide d'une pince de préhension, prend des chaussures dans les tiroirs inférieurs.

M.A. :—Je me surnomme moi-même « la Madonna du handicap », car je pense faire un bon travail pour rendre visible la vie indépendante, pour rendre visibles les droits des personnes handicapées.

Audiodescription [AD] :Gros plan sur Myriam.

M.A. :—J'ai un handicap physique, une dysplasie dystrophique, qui est un handicap musculo-squelettique qui, eh bien, affecte surtout les muscles et les os des membres supérieurs et inférieurs. (Musique)Audiodescription [AD] :Myriam se trouve dans une cuisine avec juste assez d'espace pour que son fauteuil roulant puisse tourner. Elle ajuste la hauteur de son fauteuil pour s'aligner avec le plan de travail et, avec un peu de difficulté en raison de l'espace limité, elle prend une tasse et se prépare un café.

M.A. (v.o.) : — Une assistance personnelle est le soutien humain qui réalise ou aide les personnes en situation de handicap à accomplir les tâches que nous ne pouvons pas faire nous-mêmes ou qui nous sont vraiment difficiles à réaliser.

Audiodescription [AD] : Gros plan sur Myriam.

M.A. : — Actuellement, je n'ai pas d'assistance personnelle, car malheureusement, nous sommes dans une situation actuelle où accéder à ce service par le biais de la loi relève du miracle.

En ce moment, j'ai une aide à domicile, qui est d'une heure par jour et, actuellement, avec l'aide à domicile, je ne peux pas profiter de cette… enfin, profiter… je ne peux pas avoir cette facilité de développer ma vie quotidienne en dehors de mon environnement habituel qui est mon domicile.

(Musique)

Audiodescription [AD] : Au loin, entourés par la nature, Raúl et Sacha Novalbos se promènent dans la campagne.

Sacha Novalbos - (S.N.) :—Comment s'est passé le week-end, Raulete, nous ne nous sommes pas vus ?

R.A. :— Bien, Sacha.

Audiodescription [AD] :Gros plan sur Sacha.

S.N. :— Je suis Sacha, et je suis l'assistant personnel de Raúl.

Audiodescription [AD] :Raúl et Sacha discutent en se promenant dans la campagne.

R.A. : —Eh bien, en nettoyant les crottes…

S.N. : —… de poules ?

R.A. : —Oui.

Audiodescription [AD]: Premier plan de Sacha.

S.N. :—Je travaille avec Raúl depuis six ans et demi, sept ans. Là où il a le plus besoin de soutien, c'est dans les activités de la vie quotidienne, mais nous abordons aussi beaucoup d'autres domaines. Le domaine social, le domaine familial, quand il a un conflit ou qu'il veut leur préparer un dîner, il compte aussi sur moi.

Audiodescription [AD]:Raúl et Sacha discutent dans la cuisine de Raúl. Sur un mur proche, il y a un tableau rempli d'agendas, de notes et de rappels.

S.N. :—Aurais-tu besoin d'un soutien aujourd'hui ?

R.A. :—Oui, Sacha.

S.N. :—Raconte-moi.

R.A. :—Tu dois m'aider à préparer une tortilla de pommes de terre.

S.N. :—Bien sûr ! On note ça ?

R.A. :—D'accord, oui. S.N. :— As-tu les ingrédients ? R.A. :— Oui, Sacha.

S.N. :—Alors, allons-y.

Audiodescription [AD]:Gros plan sur Sacha.

S.N. :—Raúl et moi passons vingt heures par semaine ensemble, quatre heures par jour, du lundi au jeudi. Il est mon patron et, au final, il fait un peu les choses qu'il demande. Ou là où il a le plus de lacunes, c'est là qu'il demande du soutien.

Audiodescription [AD]:Vue d'ensemble d'un abreuvoir pour bétail ou similaire.

S.N. (voix off) :—Il me demande, surtout, des outils, pour pouvoir faire des activités de manière plus individuelle et plus autonome. Des plans de cuisine, apprendre des recettes, la langue des signes…

Audiodescription [AD] :Raúl et Sacha se promènent dans l'abreuvoir vide.

S.N. :—Y a-t-il beaucoup de nids cette année ?

R.A. :— Oui.

S.N. :— Oui ? Et le nid qu'on met là, l'oiseau qui se met toujours là ?

Audiodescription [AD]: Gros plan sur Sacha.

S.N. :— J'aime beaucoup travailler avec Raúl parce qu'au final, on travaille d'une manière très simple. Parce qu'en travaillant ensemble depuis tant d'années, en ayant tant de confiance et en se connaissant si bien mutuellement, cela fait que cela devient un travail, la grande majorité du temps, très simple.

Audiodescription [AD]: Raúl et Sacha se promènent dans la salle à manger.

S.N. :—Comment s'appelait-il ?

Audiodescription [AD] :Raúl répond à Sacha en signant. Sacha acquiesce.

S.N. :—Je ne m'en souviens pas. Et le nom, c'était ?

Audiodescription [AD] :Raúl épelle le nom en alphabet dactylologique.

S.N. :—Hein ? Cernica… Cernícalo, c'est vrai, je ne m'en souvenais plus.

Audiodescription [AD] :Raúl applaudit en levant les mains.

S.N. :—Bravo !

Audiodescription [AD] :Premier plan de Sacha.

S.N. :—Nous sommes tous les deux très heureux quand il atteint des objectifs, quand il cuisine, quand nous apprenons la langue des signes et que nous voyons que nous pouvons déjà avoir une conversation. C'est à ce moment-là que je ressens cette connexion avec Raúl.

Audiodescription [AD] :Raúl et Sacha se promènent dans la salle à manger.

S.N. :—Très cool. Allons dehors voir s'il y a d'autres nids.

(Sonnerie Nana Triste , de Natalia Lacunza)

🎵

Œillets dans tes cheveux, le tatouage de ta peau.

🎵

Audiodescription [AD]: Gros plan sur Sacha.

S.N.:— C'est un travail mal rémunéré. Nous n'avons pas de titre homologué d'assistant personnel, nous n'avons pas de formation spécifique d'assistant personnel. Et je crois aussi qu'il est très important que les professionnels soient un peu pris en charge et qu'on nous donne des outils ou des ressources pour pouvoir travailler aussi notre part émotionnelle et psychologique.

Audiodescription [AD]: Raúl et Sacha discutent assis à une table en bois.

R.A. :—Je... donne un... dix à Sacha.

Audiodescription :Sacha acquiesce avec un sourire et lui caresse la main.

(Musique)

Audiodescription :Myriam traverse un parc sur un chemin en bois. La vue arrière de son fauteuil est montrée, portant une étiquette avec l'inscription 'Ne pleure pas, Juanita'. Ensuite, Myriam entre dans les bureaux de PREDIF et salue ses collègues.

M.A. :— Bonjour.

Voix à l'unisson : — Bonjour !

Audiodescription [AD]: Myriam salue une collègue, qui se lève pour l'embrasser.

Collègue 1 :— Comment vas-tu, ma belle ? Comment s'est passé le week-end ?

M.A. :— Bien, bien.

Audiodescription [AD] :Alors que Myriam parcourt la salle, Gema Campos, responsable du domaine économique de PREDIF, s'approche d'elle et la salue.

Gema Campos - (G.C.) : —Comment ça va ? Comment ça va, Carrie ?

M.A. : —Très bien, ça va mieux.

G.C. : —Est-ce que je te sors l'ordinateur, la tablette ?

M.A. :—Oui, s'il te plaît, l'ordinateur portable, la tablette et le chargeur, s'il te plaît.

G.C. :—As-tu apporté à manger ?

M.A. :—Oui.

G.C. :—Faut-il la baisser ?

M.A. : —Oui.

Audiodescription [AD] :Gros plan sur Myriam.

M.A. : —Actuellement, je travaille dans une ONG qui défend les droits des personnes en situation de handicap. Et, plus particulièrement, mon travail consiste à promouvoir et faire connaître le droit à la vie indépendante et la figure de l'assistant personnel. C'est un droit.

Audiodescription [AD] :Myriam est concentrée au travail sur son ordinateur de bureau.

M.A. :—C'est un droit qui nous appartient, à nous les personnes en situation de handicap, un droit reconnu par la Convention de l'ONU sur les droits des personnes handicapées.

Et, en outre, il est spécifiquement mentionné dans l'article 19, qui stipule que les personnes handicapées ont le droit de vivre de manière autonome et d'être incluses dans la communauté dans des conditions d'égalité avec le reste des citoyens.

Audiodescription [AD] :Myriam travaille et discute avec ses collègues. Ensuite, elles mangent ensemble pendant leur pause au travail.

(Musique)

M.A. :—Qu'est-ce que tu as apporté ?

Camarade 3 :—Riz aux lactaires.

M.A. :—Oh, que c'est bon !

Camarade 3 :—En vérité, oui.

M.A. :—L'as-tu fait toi-même ?

Camarade 3 :—Oui, ma maman me l'a montré.

Audiodescription [AD] :Une camarade passe une assiette de nourriture à Myriam à table.

G.C. :—Eh bien, toi, tu as de la ratatouille.

M.A. :— Merci.

G.C. :— Ça a l'air très bien, n'est-ce pas ?

M.A. :— Oui, bon, c'est le même refrain. J'aimerais bien pouvoir voir un peu ce que ça contient, pouvoir faire ceci, mais je ne sais pas… c'est que, au final, je me fais livrer. Parce que je n'ai pas le temps, je suis stressée. Je n'ai pas le temps de me doucher, de me préparer, de faire à manger, tout ça en une heure. C'est frustrant, mais bon.

Audiodescription [AD]: Gros plan sur les mains de Sacha qui fouillent dans des papiers à l'intérieur d'une petite boîte métallique.

S.N. :— Voyons, Raúl, tu dois encore payer ces enveloppes.

Audiodescripción [AD]: Raúl et Sacha discutent, assis sur un lit. Sacha tient la boîte métallique dans ses mains.

S.N. : —Celui de l'électricité et celui de la nourriture, car nous devons aller faire les courses. Tu as de l'argent sur toi ?

R.A. : — Oui.

Audiodescripción [AD]: Gros plan sur les mains de Raúl, qui ramasse les enveloppes que Sacha lui tend.

S.N. :—Combien pour l'électricité ?

R.A. :— Vingt.

S.N. :—Voyons si tu as assez d'argent pour tout.

Audiodescription [AD] :Premier plan de José Luis Aguirre.

JO.A. :—Sacha travaille dans l'égalité, pour ainsi dire. Parce que le traitement avec Raúl est une acceptation totale de Raúl en tant que personne, tel qu'il est, et non tel que vous voulez qu'il soit. Cela m'a beaucoup appris, car à partir de là, les choses se réalisent.

Audiodescription [AD] :Premier plan de José Luis et Concha.

JO.A. :—De plus, avec de l'affection, du respect et de la patience, n'est-ce pas ?

Audiodescription [AD] :Gros plan sur les mains de Raúl sur un cahier, où sont dessinées les diverses combinaisons de pièces de monnaie qui font un euro.

S.N. :—Et pour le repas de…

R.A. :—Six euros.

Audiodescription [AD] :Gros plan sur la boîte métallique dans laquelle Raúl conserve les reçus et l'argent.

S.N. :— Si vous voulez, vous pouvez prendre ceci pour faire les courses, n'est-ce pas ? Et nous laisserons ceci ici pour que vous payiez l'électricité.

R. A. :— D'accord.

Audiodescription [AD]: Gros plan sur Concha.

C.C. :— Parfois, l'hyperprotection que nous, parents, avons tendance à avoir, lui cause beaucoup de rejet. Et en fait, il l'exprime d'une très belle manière. Il dit qu'il aime le soutien, mais qu'il n'aime pas l'aide.

Audiodescription [AD]: Raúl et Sacha dans la cuisine. Raúl se prépare à faire une omelette aux pommes de terre.

S.N. :—Bon, quels ingrédients te faut-il pour l'omelette ?

R.A. :—Les pommes de terre.

S.N. :—Oui.

R.A. :—Les œufs. La poêle.

S.N.:— Et un peu de…

R.A.:— Sel.

(Musique)

Audiodescription [AD]: Gros plan sur Raúl épluchant des pommes de terre. Ensuite, Myrian s'occupant d'une personne dans son bureau 'Impulsa Igualdad'.

M.A.:— Bonjour David, comment allez-vous ? Comment allez-vous ?

David :—Bonjour, très bien. Nous sommes là.

M.A. :—Dites-moi, en quoi puis-je vous aider ?

David :—Eh bien, je viens d'arriver à Madrid car je veux continuer mes études. Je vais faire un master et, honnêtement, j'aurai besoin de beaucoup de soutien.

M.A. :—Raconte-moi, de quel type de soutien David a-t-il besoin ?

David :—Eh bien, tu vois, à la maison, j'ai besoin d'aide pour m'habiller, pour ma toilette et surtout aussi pour les tâches ménagères comme le repassage, la cuisine… J'ai beaucoup d'aide quand je fais des démarches bancaires ou que je vais faire les courses.

M.A. :—Je pense que, d'après ce que tu me dis, ce qui correspond le mieux à ce que tu me dis, c'est la figure de l'assistant personnel. Laisse-moi t'expliquer.

Depuis Impulsa Igualdad, tu peux engager un assistant personnel, soit par la loi de dépendance, soit tu peux le faire de manière privée.

David :—Si je décide d'engager moi-même l'assistance, puis-je choisir la personne qui va s'en charger et ainsi de suite ?

M.A. :—C'est ça, David, le point fort de la figure de l'assistant personnel, c'est que c'est toi qui choisis tout, c'est-à-dire que tu choisis l'assistant personnel, tu choisis les horaires, les activités, même le genre de l'assistant personnel.

David :—Eh bien, pour moi, allons-y !

M.A. :—Génial.

David :—Parfait.

Audiodescription [AD]: — Gros plan sur Raúl cassant et battant un œuf dans un bol. Ensuite, un gros plan sur Sacha.

S.N.: —Raúl est une personne très artistique, très revendicatrice, tant pour ses droits que pour ceux des autres. Il est très affectueux, très respectueux, il a énormément d'empathie et c'est un amour de personne.

Audiodescription [AD]:Raúl et Sacha dans la cuisine. Raúl allume le feu de la plaque de cuisson.

S.N.: —À quel numéro vas-tu le mettre ?

R.A.: — Six.

S.N.:— D'accord. Alors regarde bien là. Parfait. Si tu as besoin d'aide, tu m'appelles, d'accord ?

R.A.:— D'accord, Sacha.

Audiodescription [AD]: Gros plan sur José Luis.

JO.A.:— Raúl éveille une énergie très différente de celle à laquelle les gens sont normalement habitués. Comme il le dit, il fait rire le cœur de toutes les personnes avec qui il interagit. C'est une phrase qu'il a mentionnée depuis son enfance et même lorsqu'il était très malade.

C.C.:—Sa phrase inventée était : « je t'aime ». Et quand on lui demandait ce qu'était pour lui le bonheur, il disait : « eh bien, c'est que ton cœur rit ». J'avais oublié ça, oui, très beau.

Audiodescription [AD]:Concha et José Luis s'émeuvent en se souvenant de ces mots (appréciation subjective).

Audiodescription [AD]:Raúl et Sacha dans la cuisine. Raúl chante en remuant la tortilla dans la poêle.

M.A.:— Allez, très bien. Maintenant doucement, tu pourrais te brûler, tu sais.

Audiodescription [AD]: Raúl verse la tortilla de pommes de terre de la poêle dans une assiette.

M.A. : — Voilà ! On la voit ? Belle omelette, Raúl. Félicitations ! Génial.

Audiodescription [AD]: Raúl et Sachan se serrent la main.

R.A. : — Merci, Sacha.

Audiodescription [AD] : Myriam joue avec Carrie, son chien. Ensuite, des photos de famille sont présentées.

(Musique)

M.A. (v.o.) : — J'ai 36 ans. Je suis la benjamine de trois frères et sœurs. L'aîné s'appelle Juanma. Il est aussi en situation de handicap, le même que moi. Et puis mon frère Frank, qui est le deuxième. Il n'est pas en situation de handicap. Et voilà, je suis très proche d'eux. La vérité, c'est que j'ai beaucoup de chance d'avoir deux frères. Nous nous sommes toujours soutenus, nous nous sommes respectés.

Audiodescription [AD] : Gros plan sur Myriam.

M.A. : —Ma mère est décédée il y a seulement quelques mois. María del Carmen, Maica, pour les amis. Elle n'a jamais douté de tout ce que je pouvais accomplir.

Audiodescription [AD] :Myriam se lève de son lit et s'assoit dans son fauteuil roulant, placé à côté d'elle. Carrie, son chien, est à ses côtés.

M.A. :—Il était facile de tomber dans la surprotection. Et ma mère m'a toujours donné des ailes, elle a cru en tout, malgré la panique que cela devait lui causer en tant que mère. « Cette enfant va aller seule à Madrid ». Elle ne m'a jamais mis d'obstacle, car elle était une battante née. Et cela nous liait beaucoup.

(Son de 'Me dijeron de pequeño', de Manuel Carrasco)

Audiodescription [AD] :Gros plan sur Myriam.

M.A. :—Je parle de Carrie et… je m'émeus. Carrie m'a donné la vie.

Audiodescription [AD] :Carrie court vers Myriam, qui s'apprête à l'emmener en promenade.

M.A. :—Elle m'a donné cette compagnie et cette affection dont j'avais tant besoin au moment où j'ai décidé de prendre Carrie. Beaucoup de gens m'ont dit, à cause de mon handicap : « tu es folle ».

Audiodescription [AD] :Carrie entre dans l'ascenseur.

M.A. : (S'adressant à Carrie) Très bien, tu es si douée !

Ce sera un défi et un beau défi, car pour moi, prendre soin de Carrie et que Carrie m'accompagne aussi, c'est l'une des plus belles choses que je vis actuellement.

(S'adressant à Carrie) On va dehors ? Allons-y, allons-y.

(Son de 'Me dijeron de pequeño', de Manuel Carrasco)

Audiodescription [AD]: Gros plan sur Raúl en train de peindre. Sur une table en bois, des crayons, des feutres et des cahiers.

R.A. (voix off) : — J'adore peindre parce que… ça m'apporte de la richesse et, en même temps, c'est quelque chose avec quoi je peux exprimer mes différentes émotions et comment je me sens. J'ai l'habitude de peindre des portraits quand on me le demande, car je peux gagner deux billets de 20 ou un billet de cinquante.

Audiodescription [AD] : José Luis photographie son fils, Raúl, pendant que celui-ci montre ses œuvres à une personne proche. Concha observe à ses côtés.

Camarade :—J'adore celui de Lucía, il est super beau, avec tous les petits animaux.

Audiodescription [AD] : José Luis et Concha observent et photographient Raúl.

C.C. :—La vérité est que c'est magnifique.

JO.A. :—Cherche-en un de cheval.

Audiodescription [AD] :Gros plan sur José Luis et Concha.

JO.A. (voix off) :—Il veut monter à cheval, il a une série de loisirs qui doivent être couverts et, en plus, nous travaillons à ce qu'il gagne un peu d'argent car tout a un coût et la valeur de l'argent.

C.C. :—Qu'il soit un peu autonome.

Audiodescription [AD] :Gros plan sur Raúl et sa compagne pendant la séance photo. Raúl remonte la manche de son pull et montre sur son épaule une figure dessinée et un texte. Le fond de la scène est un tissu aux tons marron. Sa compagne observe le dessin, surprise (appréciation subjective).

JO.A. : —Voyons voir ? C'est super, mec ! Voyons voir ?

C.C. : —Et la légende, comment est la légende ? Là, là, là.

Compagne : —Que dit-on ? Droits, égalité et liberté.

JO.A. :— Droits, égalité et liberté ? Rien que ça, allons. Très bien.

(Musique électronique)

Audiodescription [AD] :Paysage urbain d'immeubles madrilènes. Ensuite, Myrian est à MDA, un centre de physiothérapie. Elle est allongée sur un tapis pendant que Manu, son physiothérapeute, lui tend un petit ballon pour faire quelques exercices.

Manu :—Tu la prends avec tes mains. En haut, en haut le ballon. Lâche, prends et en bas. Si tu n'appuies pas, le ballon s'en va.

Audiodescription [AD] : Myrian change de posture et se redresse pour changer d'exercice. Manu lui montre un élastique, qu'elle place sur sa jambe.

Manu :— Cet exercice est juste le contraire, antagoniste de celui que nous avons fait précédemment. C'est un exercice de traction, pour que dans ta vie de tous les jours tu aies la capacité de te rapprocher des choses.

La prise avec les mains, comme tu le sais.

Audiodescription [AD] : Gros plan sur Myriam.

M.A. :— Manu est mon kiné, c'est mon coach, car, eh bien, je pense que cela fait aussi partie de mon projet de vie autonome : me déplacer, travailler sur mon corps et, surtout, travailler les niveaux de posture. Parce que, qu'on le veuille ou non, je suis toujours assise dans un fauteuil. Ce moment de libération, de sport, me fait du bien, tant au niveau postural qu'au niveau de libérer cette adrénaline et ce stress que nous vivons souvent au quotidien dans une grande ville et que le travail peut nous imposer.

Audiodescription [AD] :Myrian se lève pour réaliser un nouvel exercice.

Manu :—Je relâche et en haut, plus, plus, plus, plus. C'est ça, comme tu as une scoliose assez sévère, on lui donne un peu de mobilité. Allez, j'inspire et je relâche. Allez, on monte, d'accord ?

Allons-y. Allez, en haut, en haut, avec l'autre. Fort, fort toi. C'est ça, très bien. D'accord, c'est bon. C'est bon, d'accord ?

Toi toute seule.

Audiodescription [AD] :Myriam, debout et s'appuyant sur Manu, rit et secoue la tête.

Manu :—Toute seule, toute seule. Allez. Tiens bon, tiens bon.

M.A. :—Mais donne-moi une petite seconde !

Audiodescription [AD] :Myriam se met debout, sans s'appuyer sur Manu.

Manu :—Si tu état actuel est déjà bon, allons-y, si tu es parfaite. Allez, tiens bon, encore cinq petites secondes. Je te vois déjà trembler. Allez, doucement et en bas, d'accord ?

Audiodescription [AD] :Avec l'aide de Manu, Myriam fléchit les jambes pour s'asseoir à nouveau par terre.

Manu : —La jambe. C'est ça. Parfait. Bon, c'est génial, non ?

Audiodescription [AD] :Myriam sourit, applaudit et tape dans les mains avec Manu.

Manu : —Bien, eh, nous avons terminé le cours.

Audiodescription [AD] :Concha sort quelque chose de cuit du four. Ensuite, gros plan sur Concha.

C.C. : —Récemment, le prix « Cœur Inclusif » a été décerné à Raúl, un prix créé il y a trois ou quatre ans par une personne merveilleuse.

Audiodescription [AD] : Raúl et sa famille partagent un repas, ensemble. Pendant le repas, Raúl montre le prix « Cœur Inclusif » à la caméra.

C.C. : —C'est une personne atteinte de SLA. Et depuis qu'il a rencontré Raúl, il a trouvé une lueur spéciale chez Raúl, qu'il considère comme une personne indispensable pour lui et pour la société.

Audiodescription [AD]: Raúl et sa famille partagent un repas, ensemble.

JO.A.:— J'ai ici des photos de ces jours-là. Vous voulez que je vous les montre ?

R.A.:— Oui. Oh ! Quelles superbes photos !

Audiodescription [AD]: Gros plan d'une tablette affichant des photos de la remise du prix. Raúl est déguisé en lion.

Famille :—C'est quand on le lui a donné qu'ils étaient déguisés en lions. Pourquoi as-tu décidé de choisir les lions du Congrès ?

C.C. :—Parce que c'est au Congrès qu'il faut changer les lois.

Audiodescription [AD] : Gros plan d'une tablette affichant une photo de groupe, devant le Congrès, à côté de Dabiz Riaño. Presque toutes les personnes sont déguisées en lions.

C.C. :—Levons nos verres à la récompense.

Voix à l'unisson :—Le premier. Par Raúl. Par Raúl !

C.C.:—Félicitations, Raúl ! Quel type !

(Musique)

Audiodescription [AD]:Myrian sort du portail de sa maison avec Carrie.

M.A.:—Allez, Carrie ! Bien !

Audiodescription [AD] : Gros plan sur Myrian

M.A. :— J'ai toujours remarqué que pour gagner les gens, pour gagner la société, j'ai dû faire le double ou le triple d'efforts.

Audiodescription [AD] : Myrian promène Carrie dans le parc.

M.A. : J'ai toujours dû, j'ai senti que j'ai dû travailler dur sur ma gestion émotionnelle, ma personnalité, ma façon d'être.

Audiodescription [AD]: Gros plan sur Myrian.

M.A. : — C'est pourquoi, moi aussi, j'essaie souvent de compenser avec la mode et en m'habillant, parce que je crois qu'il y a plus à voir en moi que juste ma taille.

Moi, quand je parle de mon handicap, je parle toujours de mon double handicap, parce que, bien sûr, il y a mon fauteuil roulant et puis mon physique. Il m'arrive de me promener avec un ami ou une amie en fauteuil roulant et tous les regards se portent toujours un peu sur moi.

Cet impact que cette maladie génère encore dans la société.

Audiodescription [AD]: Myrian rencontre Rubén, un ami, dans le parc.

Rubén : — Bonjour, Miriam. Comment ça va ?

M.A. : — Mais regardez-moi ça !

Rubén : — Salut, Carrie !

M.A. : — Quoi de neuf, beau gosse ? Qu'est-ce que tu fais ?

Rubén :— Je me suis apporté la petite guitare, pour chanter un peu.

M.A. :— J'adore !

Rubén :— Allez, on y va.

M.A. :— Carrie, on y va ? On va chanter, Carrie, on y va.

Audiodescription [AD]: Myrian et Rubén, à la maison. Rubén joue de la guitare et Myrian chante.

M.A. :— (En chantant) C'est le moment et pas demain, que le spectacle recommence maintenant que… Je me perds… !

Rubén :— Allez, commence, d'accord ?

M.A. :— C'est bon, c'est bon. Rubén, ne ris pas !

Audiodescription [AD] : Raúl et une monitrice équestre sortent un cheval blanc de l'écurie du Club d'Équitation Doma Vaquera Aleada. Ensuite, pendant que Raúl fait un nœud, la monitrice lui montre comment le faire.

Monitrice : —Tout près d'ici, Raúl, souviens-toi. On tire de là et c'est fini. Très bien. Allez, on va le brosser un peu.

Audiodescription [AD] :Raúl brosse le cheval.

R.A. : —(S'adressant au cheval) J'ai confiance en toi, hein ? Allez. Viens. On y va.

Audiodescription [AD] : Raúl détache le cheval et le promène au coucher du soleil. Ensuite, Rubén et Myriam jouent de la guitare et chantent 'Hay que vivir el momento', de Manuel Carrasco.

M.A. :—(chantant) C'est le moment et pas demain. Que le spectacle recommence. Maintenant que je ne perds plus mon calme face à tant de sots de circonstance.

Audiodescription [AD]:Gros plan sur Myriam.

M.A. :—Cette envie de manger le monde, je l'ai tirée de ma mère et c'est la plus grande fierté que je crois que ma mère puisse avoir de moi maintenant. Dire : « Maman, je continue, je continue à tout mener à bien ».

Audiodescription [AD]:José Luis et Concha observent Raúl, qui monte à cheval.

R.A.:— Merci, parents, pour l'amour.

Audiodescription [AD]: Gros plan sur Myriam chantant 'Hay que vivir el momento' de Manuel Carrasco.

M.A.:— (Chantant) Regarde, il faut vivre l'instant. Regarde, il faut vivre l'instant. Ce soir, les aiguilles de l'horloge danseront. Maintenant, je veux seulement, maintenant, je veux seulement. Regarde, il faut vivre l'instant. Regarde, regarde, il faut vivre l'instant. Je sens comme un ouragan dans mon cœur. Maintenant, je veux seulement,

maintenant, je veux seulement. Il faut vivre l'instant.

Audiodescription [AD]: Crédits finaux. Laia Oliver, direction ; María Galiacho, sous-direction ; Julia Fernández, scénario ; Beatriz Chicharro, réalisation ; Carlos Serrano, production exécutive ; Lorena-Barrio, production ; Amanda Padillo, assistante de production. Diego Cerezo, montage ; Carlos F. Arroyo, colorisation ; Marta Garabatos, post-production ; Diego Arévalo, post-production sonore.

Équipe Muy Films : Julio Cuspinera, technicien du son ; Jaime A. Rivero, direction de la photographie ; María José Mascarell, web et réseaux ; Alejandro de la Llave, chef de production ; Irene Die, auxiliaire de production ; Fernando Manjavacas, deuxième assistant caméra.

Remerciements : David Fernández, Ana Gallardo, Rubén Mena, David Gómez, Patricia Pérez, Gema Campos, Jaime Aguirre, Diego Aguirre, Kaótica Libros, CEMIR Plena Inclusión, Impulsa Igualdad, Club de Hípica Doma Vaquera Aleada, MDA Fisioterapia.

Sous-titrage par Accesibilidad TVE.

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Productions scientifiques à partir des récits biographiques

Certaines publications scientifiques

Conférences dans des congrès scientifiques

Thèses de doctorat

Travaux de fin de master

  • BARRECHE PELÁEZ, E. (2024). Défier la normalité. Le diabète en classe : l’expérience éducative de Rocío. Travail de fin d’études du Master en Changement Social et Professions Éducatives de l’Université de Malaga. Dirigé par : Ignacio Calderón Almendros.
  • LÓPEZ RODRÍGUEZ, S. (2022). Éducation, résistance et intersectionnalité : histoire de vie d’une femme vénézuélienne atteinte du syndrome de Down. Travail de fin d’études du Master en Éducation Inclusive, Démocratie et Apprentissage Coopératif de l’Université Centrale de Catalogne. Dirigé par : Ignacio Calderón Almendros.
  • ESCARTÍN PUEYO, E. (2022). Histoire de vie d’Inar : la lutte pour être vue dans une école qui exclut. Une analyse intersectionnelle pour avancer vers l’école inclusive. Travail de fin d’études du Master en Changement Social et Professions Éducatives de l’Université de Malaga. Dirigé par : Ignacio Calderón Almendros.
  • AGUILERA ROJO, A. (2022). Biographie de Belén : apprendre à être par le biais de l’activisme pour le droit à l’éducation de sa fille. Travail de fin d’études du Master en Changement Social et Professions Éducatives de l’Université de Malaga. Dirigé par : Ignacio Calderón Almendros.
  • MOJTAR MENDIETA, L. (2020). La construction d’une vie entre les frontières. Analyse pour l’éducation inclusive dans une perspective intersectionnelle.. Travail de fin d’études du Master en Changement Social et Professions Éducatives de l’Université de Malaga. Dirigé par : Ignacio Calderón Almendros.