AtelierOrienta : Nouveaux regards sur l'orientation scolaire, pour l'enfance et contre la ségrégation
Résumé : Une rencontre de travail qui vise la communication égalitaire de deux collectifs (professionnels des écoles et familles avec enfants scolarisés), dans le but d’évaluer préliminairement l’expérience de l’orientation dans les écoles de l’État espagnol, qui doivent être inclusives. Pour ce faire, une journée intensive d’assemblées, d’expositions et d’ateliers est organisée pour les personnes impliquées dans l’éducation inclusive, qui se terminera par des lignes stratégiques pour continuer à travailler à la transformation nécessaire des écoles.
Le WorkshopOrienta est une rencontre de travail qui s’est tenue à l’Université de Malaga le 24 février 2018, avec l’objectif d’établir une communication égalitaire entre deux collectifs (professionnels des écoles et familles avec enfants scolarisés), et dans le but d’évaluer préliminairement l’expérience de l’orientation dans les écoles de l’État espagnol, qui doivent être inclusives. Pour ce faire, une journée intensive d’assemblées, d’expositions et d’ateliers a été organisée pour les personnes impliquées dans l’éducation inclusive, qui se terminerait par des lignes stratégiques pour continuer à travailler à la transformation nécessaire des écoles. En fait, ce travail a été le germe de nombreuses actions développées au cours des années suivantes par différentes personnes et collectifs.
Le Workshop n’était pas un cours ni un congrès. Il n’a pas été conçu comme un événement auquel certains assistent en tant qu’auditeurs et d’autres exposent. Le WorkshopOrienta était une rencontre de travail collaboratif, dans laquelle il s’agissait d’une rencontre en personne, mais il y a aussi eu un rôle fondamental joué par ceux qui n’ont pas pu participer physiquement. La rencontre serait divisée en sessions plénières (assemblées) et ateliers par groupes dans lesquels seraient développées les lignes générées lors des assemblées. Les sessions plénières ont été diffusées en direct en streaming, de sorte que tous ceux qui le souhaitaient ont pu suivre ce qui s’y passait, sauf dans les ateliers. La rencontre est même devenue un sujet tendance sur Twitter grâce à toute cette participation.
Mais il y a eu plus. Au cours des semaines précédant la rencontre, suite à un appel ouvert, des vidéos d’environ 3 minutes ont été générées et publiées, dans lesquelles les participantes esquissaient leurs parcours scolaires, racontaient une douleur et une joie associées à ceux-ci, et décrivaient le rôle joué par l’Orientation. Nous voulions que la douleur et la joie, qui ont des noms et des prénoms, aient une place dans la rencontre, car nous avons besoin de savoir ce que vivent les élèves, les familles et les professionnels dans les écoles.
De cette manière, les personnes non présentes ont créé le contexte de la rencontre en personne, et ont participé via Twitter aux sessions de travail. Les sessions ont été extraordinaires.
(La chanson " Centre", de Pedro Pastor, retentit)
Audiodescription [AD]: Générique de début. Dédié à toutes ces personnes qui souhaitent changer le monde. Pour une école inclusive.
La caméra se concentre sur le regard de plusieurs jeunes, suivi d'une prise de vue depuis l'intérieur d'une voiture sur l'autoroute, en direction de Malaga.
Voix 1 (v.o.) : — Des gens viendront de partout : des familles, des conseillers d'orientation, des personnes qui ont des choses à dire, qui ont vécu et ressenti sur leur peau les séquelles de l'école.
Audiodescription [AD]: Vue arrière d'une personne aux longs cheveux bruns se dirigeant vers l'entrée de la Faculté des Sciences de l'Éducation de l'Université de Malaga. En entrant, la caméra s'arrête dans le hall, où se trouvent quelques personnes.
Voix 1 (v.o.):— Mais qu'est-ce que je peux faire là-bas ?
Audiodescription [AD]: La séquence commence dans une salle de classe ou une salle vide de l'université, avec une table centrale et des chaises pour les participants. La salle se remplit rapidement de personnes assistant à l'atelier, dont beaucoup prennent place.
Au premier plan, Nacho Calderón se prépare, organisant ses papiers sur une table. À ses côtés, un adulte semble l'observer. La scène alterne avec des plans des participants interagissant entre eux.
Ensuite, un gros plan d'un jeu de lettres colorées sur fond blanc est montré. Les lettres sont réorganisées pour former les mots « Jeu », « Émotion », « Unis », « Constance », « Art », « Regard », « Être », « Personnes » et « Un même langage ». Finalement, les lettres se rejoignent pour former un cœur.
La séquence se poursuit avec une série de scènes rapides qui illustrent les mots-clés suivants de la chanson de fond, visibles à l'écran : « En te suivant », « Liberté », « Pouvoir », « Ouvrir les portes », « Inviter », « L'humanité la plus animale », « L'esprit ouvert », « La peau prête », « Les ailes déployées ».
Entre les scènes :
- Gros plan sur des feutres sur une table recouverte de papier blanc.
- Des jeunes jouent avec des ballons et les mots.
- Plans rapprochés expressifs de jeunes faisant des grimaces.
- Une fille avec un ballon rose.
- Le mot « ensemble » formé par des lettres en bois de différentes couleurs.
- Plans de jeunes courant, montrant une craie, jouant à la marelle, partageant des câlins et des sourires.
- Un dessin fait au feutre de personnages se tenant la main.
- Un champ de marguerites.
- Une personne adulte avec une jeune personne sur son dos.
- Vue de dessous d'une jeune personne descendant des escaliers en sautant.
- Gros plan d'une jeune personne posant sa tête sur celle d'un chien.
- Des jeunes assises avec des ballons et des snacks, peignant ou écrivant des messages d'inclusion.
- Les mots 'tous, toutes' formés par des lettres en bois de différentes couleurs.
- Le ciel, dégagé avec de légers nuages.
- Premier plan de quelqu'un formant la phrase «École inclusive» avec des lettres en papier.
La séquence se termine par un effet visuel de rembobinage rapide, montrant toutes les scènes en sens inverse, pour finir sur les personnes qui apportent leurs témoignages.
(Douce mélodie de piano)
Personne 1 :—La conseillère pédagogique du centre m'a appelée pour me dire que, bien sûr, l'idéal serait qu'il redouble l'année suivante parce que « ces enfants »… La phrase mythique par excellence. Je crois que je vais la faire graver sur ma tombe : « Ici repose la mère de l'un de ces enfants ». (Ton sarcastique).
Personne 2 :—J'ai toujours cru qu'une étiquette, ce que l'on colle sur nos enfants, servait à les aider à progresser au maximum, mais j'ai découvert maintenant que non, que l'étiquette sert à les bloquer et à les écarter.
Personne 3 :— Je ne permets pas, je ne le permets plus, que la constance, le travail, l'effort soient remis en question et dévalorisés.
Personne 4 :— Je demanderais aux Services d'Orientation de nous laisser être professionnels dans ce que nous sommes, c'est-à-dire parents de ces enfants.
Personne 5 :— C'est là la différence : l'attitude. Les moyens sont importants, mais l'attitude l'est beaucoup plus.
Personne 6 :— Que s'est-il passé pour que ces enfants qui ne voyaient aucune différence entre eux et leur camarade en situation de handicap, que s'est-il passé pour qu'ils les ignorent et ne sentent pas qu'ils font partie de leur monde ?
(Musique de piano douce)
Audiodescription [AD]:— Témoignages des participants à l'atelier s'entremêlent avec des gros plans de jeunes face à la caméra, auxquels on colle des étiquettes, comme par exemple « Incapable ».
Personne 7:— Parce que mon fils n'existait pas. Ce n'était pas Nico. C'était une étiquette qu'ils avaient besoin de mettre pour une démarche administrative.
Personne 8:— La plainte a toujours été : « Votre fils n'est pas capable de… »
Personne 9:— L'orientation, l'éducation, en général, sont perfectibles. Chacun depuis son domaine.
Audiodescription [AD]: La caméra parcourt les couloirs vides de la faculté.
Personne 10 (Nacho Calderón - N.C.):— Je pense que, ce matin, l'une des choses qui a été dites est que les AMPA, par exemple, nous les avons négligées. Et c'est vrai : nous les avons négligées.
Personne 11:— L'Éducation Inclusive, qui est un droit, je le dis en tant qu'avocat, comme ceux qui viennent d'en face [la Facultad de Derecho], est un droit, mais c'est un droit qui n'est pas respecté. Qui n'est pas respecté.
Personne 10 (N.C.):— Ça diffuse déjà en direct.
(Musique)
Audiodescription [AD]: Extraits de moments vécus lors de l'atelier.
Personne 12:— Nous, ainsi que l'Administration, les professionnels, avons l'obligation que ce droit soit respecté.
Personne 13:— Que le regard change, passant de la vision de personnes incapables, de personnes avec des étiquettes, des handicaps, des difficultés… à simplement voir des personnes.
Personne 14:— Il faudrait changer l'usage de la langue.
Personne 15 :— Je ne crois pas, pardon, à cause de mon travail sur le diagnostic sur papier. Je crois au travail quotidien en classe, bien fait.
Personne 16 :— Alors, la seule façon de devenir forts est que nous nous unissions et que l'information parvienne à tous les parents.
Personne 17 :— Qu'allez-vous faire à partir de lundi, les conseillers d'orientation et les professeurs ? C'est ce que je veux entendre aujourd'hui ici. Parce que je ne sais plus clairement ce que je dois faire.
Audiodescription [AD]: Gros plans de jeunes face caméra, auxquels sont collées des étiquettes sur différentes parties du visage avec des mots tels que 'Maladroit', 'TDAH', 'Incapable', 'Aveugle'. Ensuite, ces étiquettes sont retirées, déchirées, froissées ou jetées au sol avec un sourire (appréciation subjective).
Sur fond blanc, une série d'étiquettes colorées avec les textes 'Pas d'étiquetage', 'Inclusion', 'Pouvoir', 'Information pour tous et toutes', 'AMPA forte', 'Capacités', 'Nouveaux regards', 'Humaniser', 'Union', 'Justice', 'Pas de préjugés', 'Inviter', 'Droits', 'Coopérer'.
À nouveau, des fragments de moments survenus au cours du workshop.
Voix 1 (v.o.) :—J'ai pu donner mon avis, j'ai pu apprendre, j'ai pu être là, aider, me montrer libre d'exprimer mes émotions… J'ai pu faire tant de choses. En tant que maître, professeure, père ou mère, avocat, pédagogue, personne. L'éducation est un lieu pour tous, et tous pouvons apporter notre contribution.
('Centro', de Pablo Pastor)
Audiodescription [AD] :Sur un écran noir, le texte « Le travail commence… ».
Vous trouverez ci-dessous des extraits de moments et d'interventions de l'atelier. Ensuite, la même voiture qu'au début réapparaît.
Voix 1 (voix off) :— Il nous reste maintenant un chemin à parcourir. Continuer à construire et à réaliser le changement social. Où l'école soit de tous et pour tous. Où tous les langages, regards et cœurs aient leur place. Une école inclusive.
Audiodescription [AD]: Extraits de moments et d'interventions de l'atelier. Ci-dessous, captures de mentions de l'atelier dans divers médias, y compris des blogs, Twitter et Instagram.
Crédits finaux. Un même langage. Réalisation : Ignacio Calderón, Lucía María Parody, María Trujillo. Scénario : Esther Polo. Production : Miguel Moreno, Yolanda Ortega. Caméra : Joaquín Barba, Eva Blancbois. Thème principal : Pedro Pastor, Centre. Musique utilisée. Belle musique de fond, Voyage Éclair, Musique Libre de Droits (Bensound), Esprits Créatifs.
Participants : Silvia Abolafia, Silvia Aguilar, Andrea Alfaro, Ana Angulo, Juan Carlos Aquino, Sandra Arjona, Joaquín Barba, Rosario Barea, María Dolores Berenguer, Eva Blancbois, Jorge Bueno, Ignacio Calderón, Alejandro Calleja, Irene Carranza, Hermelinda Casaña, Marian Chasco, María José G. Corell, Sonia Díaz, Beatriz Domene, Esther Domínguez, Susana Fajardo, Diana Farzaneh, Ana Gallardo, Loida García, Macarena García, M. Francisca García, Miriam Valle Garcia, Olga Gave, Maite Gavilán, Cristóbal Gómez, Arasy González, Natividad González, Alicia Gracia, Rafaela Guardiola, Antonio Guerrero, Catalina Herrero, María Elena Jiménez, Belén Jurado, Inmaculada Laguna, Concepción Lis, Lucia Loma, María Luz López, María Victoria López, Marina López, Raúl R. López, María Victoria Lupiáñez, María Cristina Marcos, Antonio Alberto Márquez, Estela Martín, Isabel Martínez, Sonia Mateos, Carmen Mates, Mirela Maximet, Carmen Máximo, José Luis Melero, Karina Milici, Alba Milla, Mirian Miranda, María Teresa Mora, Carmen Morales, Carmen Moreno, María José Moreno, Miguel Moreno, Ascensión Muñoz, Inmaculada Concepción Orozco, Yolanda Ortega, Aleida Orviz, Lucía María Parody, Belén Pascual, Mariano Pastor, Fran Pereña, Águeda Pérez, Susana Pérez, Pedro Piña, Esther Polo, Almudena Prats, Noemí Preciado, Cristina Puyo, Virginia Ramos, María Teresa Rascón, Marta Recarte, Ana Robles, Cristina Robles, Juan Carlos Rodríguez, María José Romero, Rocío Rosas, Paloma Ruiz, Rocío Salcedo, Marta Sánchez, Pedro Sánchez, María Eva Santiago, Miguel Serrano, Ana María Solsona, María Trujillo, Francisco Claudio Urbano, Fernanda Valdés, Aleix Vicente, Juan Antonio Vicente, Manuel Villalobos, Isabel Yagüe, Ainhoa Yáñez, Carmen Zunilda.
Cette colère était une colère émue et tendue, mais en même temps, elle était un appel apaisé et détendu au changement, sans intention d’offenser, sans esprit de violence.
Nous prenions conscience collectivement à chaque récit et à chaque expérience partagée. Parallèlement, l’idée prenait forme que notre condition biologique n’est pas le problème, mais « l’excuse » pour maintenir un système qui se nourrit de la ségrégation.
La douleur et la joie ont un nom et un prénom
Cet ensemble de témoignages a été le catalyseur initial de l’atelier. Il s’agit d’une série de courtes vidéos esquissant des histoires réelles, avec les émotions vécues et le rôle qu’y a joué l’Orientation Scolaire. Cet ensemble de ressources audiovisuelles montre que cette douleur et cette joie dans les écoles ont des noms et des prénoms. De ces émotions naissent de précieuses réflexions et actions.
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Bonjour, je m'appelle Paula et je suis la maman de trois enfants. Tous les trois fréquentent une école ordinaire et l'un d'eux occupe une place pour besoins éducatifs spécifiques. Celui qui l'occupe s'appelle Héctor et il a un diagnostic de trouble du spectre autistique. Il a mis beaucoup de temps à parler, et, à ce jour, il a encore beaucoup de difficultés. Il dit de plus en plus de mots, mais il peine. Cependant, il est en 2ème année de primaire avec ses soutiens.
Un soutien fondamental pour nous est la personne qui s'occupe de lui. C'est presque le rouage essentiel pour qu'Héctor soit dans l'école ordinaire. Mais au niveau académique, par exemple, Héctor diffère peu de ses camarades : il sait lire, il sait additionner, il sait écrire, il écrit ses propres histoires… Alors, je suis consciente de toutes les choses positives. Même Héctor participe, en dehors de l'école, à des activités musicales, à des ludothèques, et tout le monde est capable de voir ses qualités positives, et parfois, de la part des équipes d'orientation, ce que je remarque, c'est qu'elles essaient de nous transmettre tout ce qu'ils ne sont pas capables de faire, plutôt que ce qu'ils sont capables de faire.
Et je pense qu'il faudrait valoriser ou donner des outils pour surmonter tous ces handicaps qu'ils ont, plutôt que de nous raconter ce que nous savons déjà : qu'il ne peut pas faire ceci, qu'il ne peut pas faire cela… Et encore moins, de nous dire : « Ils ne sont pas capables de… » S'il a fait tout ce qu'il a fait jusqu'à présent, c'est parce que c'est possible. Et parce que cela représente un mérite énorme. Il a donc eu deux enseignantes extraordinaires. Nous dépendons toujours de la qualité professionnelle de la personne qui lui est assignée, dans n'importe quel centre et pour n'importe quel enfant.
Dans notre cas, la chance a été de notre côté et nous ne savons pas comment sera l'avenir ni notre quotidien. Ce que j'ai très clair, c'est qu'il n'y a aucun centre qui ne soit pas ordinaire où Héctor puisse apprendre plus qu'il n'apprend actuellement. Ce qui serait vraiment dommage, ce serait qu'on lui retire la possibilité d'être avec ce qui est aujourd'hui fondamental pour nous, c'est-à-dire le groupe de référence : cette classe qui est un exemple de vie commune, qui nous donne des leçons tous les jours, et qui est un peu ce qui me donne de l'énergie chaque jour.
Bonjour à toutes et à tous. Je m'appelle Susana Ortigoso García et je suis psychologue clinicienne dans une Unité de Santé Mentale rattachée à l'Hôpital Universitaire Virgen de la Victoria de Málaga. Ma relation avec l'Orientation Éducative est déterminée par le nombre d'enfants —de plus en plus nombreux— qui arrivent aux équipes de santé mentale pour des plaintes ou des problèmes survenus dans le milieu éducatif. Souvent, il s'agit d'enfants qui ont déjà une évaluation psychopédagogique réalisée, où l'on mesure toutes les difficultés que cet enfant présente au niveau psychopédagogique.
Le problème fondamental est que, je crois, en réponse à l'époque que nous vivons, où toutes les questions se concentrent sur le cerveau, sur des questions organiques, de neurotransmetteurs, etc. Les gens arrivent déjà avec la certitude de ce qui leur arrive, et cette certitude passe par des sigles diagnostiques. Des sigles tels que le TDAH, le TSA, le Trouble Oppositionnel avec Provocation, etc. La préoccupation fondamentale vient du fait que ce sont des diagnostics qui ne disent rien de ce qui arrive à cet enfant, qui ne disent rien de sa souffrance. Ils en disent beaucoup sur le dérangement que ces enfants peuvent causer aux adultes, j'inclus les parents, les professeurs, fondamentalement les adultes.
Ce sont des sigles diagnostiques qui ne tiennent pas compte de l'influence de cette époque, de l'influence des crises des adultes, des difficultés qui existent dans le milieu éducatif, dans le système et dans les écoles elles-mêmes. Ce sont des étiquettes diagnostiques qui sont posées sur la base de listes de symptômes, et où les différences finissent par être pathologisées. Il est vrai que ces dernières années, j'ai pu parler avec des conseillers d'orientation ; actuellement, nous avons des réunions périodiques, pas aussi souvent que nous le souhaiterions sûrement, mais avec certains conseillers d'orientation éducative. Et oui, il est vrai que lorsque nous nous mettons à parler du cas par cas, et de ce qui arrive à cet enfant, nous pouvons donner un sens aux difficultés qu'il présente, et d'autres chemins deviennent possibles.
Et bien, fondamentalement, c'est tout. L'idée de cette rencontre qui va avoir lieu à l'Université de Málaga me semble fantastique ; cela fait des années que je rêve d'une rencontre à grande échelle entre la Santé Mentale et l'Éducation, et bien, voici mon grain de sable.
Bonjour, je m'appelle María Luisa, mère d'Ángel. Mon fils est né dans les années 80 et n'a pu fréquenter l'école ordinaire qu'à la maternelle. Récemment, j'ai reçu la lettre d'une conseillère d'orientation, Macarena, dont la réflexion m'a émue et réconfortée, peut-être parce que je l'ai toujours rêvée et, surtout, parce qu'elle représente un espoir pour d'autres mères.
Cette année, j'ai changé mon rôle éducatif, passant de conseillère d'orientation pour le secondaire à celui pour le primaire. Même en février, je suis toujours dans un état de «choc de la réalité» face à de très nombreuses situations qui m'ont impressionnée et continuent de le faire. Dès que les enfants commencent à trois ans, ils le font dans une rupture de l'attachement : des pleurs dans un espace basé sur des normes absurdes et inflexibles. On leur demande des choses pour lesquelles ils ne sont ni préparés ni matures, et ils intègrent déjà un espace hostile qui ne correspond pas à leurs besoins et intérêts. Ils ont besoin de mouvement, de découverte, de recherche…
Et c'est ainsi que commence à se forger cet espace qu'ils appellent l'école, où chaque jour on répond de moins en moins aux besoins des enfants, où l'on déshumanise les personnes et où l'on mercantilise tout. Et nous continuons ainsi, avec des pratiques basées sur l'inégalité, marquant la différence comme quelque chose de négatif, désignant les enfants qui ne correspondent pas à la norme et avec une demande continue d'étiqueter les enfants pour qu'ils sortent de classe. Ainsi, l'homogénéité continue de primer.
Et ça continue. Avec une Administration marchandisée, centrée sur les chiffres et l'économie, et non sur la fourniture de ressources adéquates à chaque situation. Et un système informatique rigide, avec des avis classés, des catégories fermées, des typologies corsetées et des modalités de scolarisation qui, sur les quatre existantes, trois sont ségrégatives et excluant.
Et je me retrouve face à des mentalités bloquées par la peur. Il faut beaucoup de travail pour sortir des zones de confort. Et des familles désespérées pour que leurs enfants reçoivent une éducation de qualité. L'orientation est comprise comme un instrument de diagnostic, et cela nous exige une Administration qui n'offre pas les moyens et les ressources nécessaires.
Et dans tout ce maelström, je n'arrête pas de me demander : qui suis-je pour émettre des avis et des jugements ? Comment favoriser des espaces et des temps plus intégrateurs et humains ? Comment modifier les systèmes de croyances pour parier sur l'idée que toute personne «peut» ? Et j'entre en contradictions continues avec ce qu'on attend de moi, avec ce que je dois faire et avec ce que j'aimerais vraiment faire. Et ainsi je navigue dans cette mer de contradictions, cherchant de nouvelles îles où nous réinventer…
Bonjour, je suis María Luisa, mère d'Ángel. Mon fils est né dans les années quatre-vingt, et son expérience éducative dans l'école ordinaire s'est limitée à la petite enfance. Je ne vais pas parler de la douleur que cela m'a causée d'accepter que l'école ne s'adaptait pas aux besoins de mon fils. En revanche, je veux partager une anecdote qui illustre le naturel avec lequel les enfants apprennent à coexister avec les différences.
Mon fils avait 5 ans et son camarade 3 ; c'était son anniversaire. Il a demandé à sa mère comment il devait donner son bonbon à Ángel, emballé ou déballé. Sachant qu'à cet âge les enfants ont déjà certaines compétences manuelles, sa question a dû surprendre sa mère. Quand elle est entrée dans la classe avec son fils et a vu Ángel, elle a compris la situation. En sortant, elle m'a commenté, un peu surprise, ce qui venait de se passer. Ce qui s'est passé n'était qu'un des nombreux miracles qui se produisent chaque jour dans les écoles : des enfants qui apprennent à coexister pour être ensemble, qui se connaissent et veulent le faire, qui s'aident et agissent naturellement, et quand ils ont un besoin, ils demandent de l'aide.
Je pense que c'est une opportunité que nous ne pouvons pas laisser passer, ni les parents ni les éducateurs, pour enseigner des valeurs qui ne s'apprennent qu'avec la pratique. Parce que la solidarité, l'empathie, la compréhension, même cette tendresse que nous perdons souvent avec l'enfance, sont fondamentales pour que les personnes, les enfants, se construisent comme des êtres humains complets.
Et quand un enfant est exclu de la classe, non seulement on commet une terrible injustice envers lui en le privant d'un droit fondamental, mais on prive aussi les autres enfants de la possibilité de s'enrichir de la diversité et de se construire de manière complète. Parce que nous ne sommes des êtres complets que lorsque nous nous connectons avec les personnes. Avec toutes les personnes. Merci, et un câlin.
Bonjour, comment allez-vous ? Je m'appelle Iris, et je suis la mère d'un garçon de 10 ans ayant une diversité fonctionnelle, physique et intellectuelle. Il s'appelle Manuel. Il est là. Nous avons toujours été favorables à l'éducation inclusive, mais actuellement Manuel est dans une école ordinaire mais dans des classes d'éducation spéciale. Par conséquent, il suit une scolarité en éducation spéciale, bien qu'il soit dans un environnement d'école ordinaire.
La plus grande difficulté que je perçois encore est de devoir choisir entre l'aspect affectif, l'efficacité de la scolarisation de mon fils, l'enseignement et l'apprentissage que l'école peut apporter à Manuel, et choisir entre le soin de sa personne, le respect de lui en tant qu'individu. Pourquoi devons-nous choisir ? Souvent, nous devons choisir, car cela nous est posé à nous-mêmes, je me le pose tous les jours. J'ai cette question personnelle. Je n'essaie pas de projeter cette responsabilité sur les autres. Je me pose aussi la question : pourquoi dois-je choisir entre l'efficacité de son apprentissage, de son développement efficace, en termes d'études, de résultats… et le respect de sa façon d'être ? L'importance des relations qu'il peut nouer à l'école, l'importance d'être écouté, de pouvoir participer, ou non, simplement le respect d'être là…
Comment pouvons-nous construire quelque chose où les deux aspects sont importants ? Parce que je crois qu'ils le sont. Le respect de sa lenteur, de voir comment il s'exprime, comment il apprend à communiquer, comment il se construit en tant qu'être. Mais c'est aussi important… le temps passe et il grandit, et il demande à apprendre des choses, et il demande… Comment pouvons-nous atteindre cet équilibre ? Comment pouvons-nous réunir ces deux besoins importants pour offrir à tous les jeunes ? Comment pouvons-nous offrir ces deux choses, sans avoir à, lorsque nous en choisissons une, oublier l'autre ?
Beaucoup de bisous à tous ! Salut
Je suis Noelia, la maman de Manu, qui a 9 ans et est atteint du syndrome de Down. Mon expérience avec l'orientation… eh bien, je n'ai jamais eu d'expérience positive. Mon premier contact avec une équipe d'orientation remonte à l'entrée de Manuel à l'école, à trois ans tout juste révolus, et un mois plus tard, l'orientatrice du centre m'a appelée pour me dire que, bien sûr, l'idéal serait qu'il redouble l'année suivante car « ces enfants » commençaient à 4 ans. « Ces enfants », une phrase mythique s'il en est. Je crois que je vais la faire graver sur mon épitaphe : « Ici repose la mère de l'un de ces enfants ». Alors, bien sûr, comme le mien avait commencé à 3 ans, il aurait fallu qu'il redouble trois ans, car c'était mieux pour lui, pour consolider les acquis… Mais comme ce n'était pas légal, l'idéal aurait été qu'il soit inscrit en classe de 4 ans, mais qu'il aille avec la classe de 3 ans. Je lui ai dit non. Que mon fils, s'ils estimaient opportun qu'il redouble, qu'il redouble, mais comme ce n'était pas légal, il passerait en 4 ans car j'avais décidé qu'il entrerait à 3 ans. Alors elle m'a dit : Bon, comme vous voulez. Vous verrez bien, faites ce que vous voulez, mais sachez que quand il arrivera à 5 ans, il redoublera. Les 5 ans sont arrivés, l'équipe d'orientation a changé et la nouvelle équipe a estimé qu'il pouvait passer en 1re.
En 3e, nous avons rencontré un tuteur qui n'avait… Franchement, pour parler de ce tuteur, il faudrait le métrage de « Autant en emporte le vent ». Il passait plus de temps au bureau de l'orientateur qu'à la maison. Et chaque fois que j'y allais, en début d'année, tout n'était que bonnes paroles, j'avais raison sur tout : effectivement, cette personne n'était pas adaptée à mon fils, elle le traitait comme il ne fallait pas, elle le traitait comme un meuble de plus dans la classe… Mon fils manifestait des comportements perturbateurs qu'il n'avait jamais manifestés à cinq ans, parce que cette personne ne le traitait pas correctement et ne l'intégrait pas correctement dans la classe. Du jour au lendemain, je ne sais pas ce qui s'est passé, l'équipe d'orientation m'a dit : « Écoutez, ce que nous disions à propos de cette personne… Non, c'est votre fils. Clairement, 'c'est votre fils' parce que votre fils, quand il arrive le matin, il la prend dans ses bras et la salue ».
Alors, il arrive un moment où la situation devient intenable. Mon fils était harcelé par plusieurs camarades, qui se moquaient de lui… « Bien sûr, bien sûr, bien sûr, oui, oui, oui, vous avez raison, vous avez raison, vous avez raison », mais personne ne faisait rien. Par conséquent, j'ai décidé de changer d'école.
Nous sommes ravis en ce moment. C'est dommage que nous ayons dû quitter l'école, mais mon fils est une personne complètement différente maintenant. Je voudrais juste dire aux conseillers d'orientation, à toutes les personnes qui ont une partie de la vie de nos enfants entre leurs mains, s'il vous plaît, ne les étiquetez pas. Avec cette étiquette, on les juge déjà, on les préjuge, on leur met une série d'obstacles, ce qui est inacceptable ! Parce que mon fils, parce qu'il a le syndrome de Down, n'a pas à commencer l'école à 4 ans, si j'ai décidé qu'il commence à 3 ans. Et parce que mon fils a le syndrome de Down, il n'est pas nécessaire qu'une personne me dise (comme on me l'a dit une fois) : « C'est que si votre fils continue avec ses comportements perturbateurs, nous allons envisager de le transférer en Spécial ou en Combinée ». Ce n'est pas acceptable ! Parce qu'il y avait des camarades à lui qui avaient des comportements inappropriés envers lui, mais comme ils ne portaient pas l'étiquette, il n'a jamais été question qu'ils sortent de la scolarisation ordinaire. C'est la seule chose que je demande en tant que mère.
Bonjour, je m'appelle Mari Carmen. Je viens de Ciudad Real et je suis enseignante. Ma participation au congrès est d'apporter l'expérience que je vis en tant que mère d'un garçon. Je vais partir du fait que nos enfants sont souvent étiquetés, et avec cette étiquette, on justifie les réussites et les limites qu'ils ont. Je vois qu'au moment où nos enfants ont une certaine étiquette, nous justifions par cela que nos enfants n'avancent pas ni n'atteignent ce qu'ils pourraient atteindre ou réaliser d'autres enfants.
La douleur que je ressens en tant que mère est le manque de coordination et le manque d'information que, de la part des centres et surtout au Secondaire, on nous offre aux familles. C'est une lutte continue et on ne nous donne pas une information claire et concise pour que nous puissions participer et nous impliquer.
Et bon, nous n'allons pas terminer sur une note entièrement négative. Nous allons terminer avec une joie et la joie, eh bien pour moi, c'est mon fils. C'est lui, c'est la lutte, qui m'aide à lutter, à aller de l'avant, et c'est le fait de ne pas me sentir seule. Sur ce chemin, je vois chaque jour que nous ne sommes pas seuls, et c'est par cela que je veux terminer sur une note positive.
Gloria :—
Bonjour, bonjour. Je m'appelle Gloria Chacón et voici ma petite fille Sara, qui a 9 ans et va… Tu vas où ?
Sara :—
En 4e.
Gloria :—
En 4e primaire. Mon expérience à l'école, c'est que… Je lis qu'il vaut mieux qu'elle ne quitte pas la classe, qu'elle aille même en soutien scolaire, à l'intérieur, avec des aides, mais en réalité, si le professeur ne le veut pas, je ne peux rien faire. C'est très difficile. Alors je préfère qu'elle sorte, parce que si le professeur, le tuteur, ne la considère pas comme une élève, la considère comme quelque chose à part, qui passe la journée à colorier et à écrire mille fois la même page, alors je préfère vraiment que ces deux heures, elle sorte, parce que Sara est une enfant, (s'adressant à Sara) n'est-ce pas ?, qui sait lire, qu'est-ce que tu sais faire d'autre ? Tu sais écrire, tu fais des additions avec retenue… (Sara secoue la tête).
Ce que je vois, c'est que quand le professeur la considère comme une élève, elle est très heureuse et cela la motive à apprendre. Parce que, par exemple, en musique, elle apprend la flûte…
Sara :—
Avec Alicia.
Gloria :—
Avec Alicia. Celle d'anglais lui prépare du matériel et elle apprend énormément l'anglais… Alors elle se sent comme une élève de plus et quand on la considère à part, elle s'ennuie. Et qu'elle passe toute la matinée sans rien faire, ça ne me plaît pas. L'orientation de l'école, en réalité, non plus… Elle fait l'horaire et si tu vas lui demander quelque chose, je me sens vraiment comme une mère pesante, alors que je demande des choses qui doivent être prises en compte, mais non, je ne me sens absolument pas prise en charge, ni ma fille Sara, bien sûr. (Sara fait le geste de finir) Je ne parle plus ? (Rires)
Merci beaucoup et j'espère que les générations qui se forment maintenant verront tout cela différemment et sauront que, quand un enseignant traite votre enfant dignement et le considère comme un élève, vous lui êtes éternellement reconnaissante. L'enfant apprend beaucoup plus, est plus motivé. Mais quand un enseignant vous met à l'écart, cela génère vraiment beaucoup de souffrance chez l'élève et dans la famille.
Merci beaucoup. On dit au revoir, Sara ?
Sara :—
Au revoir.
Notre histoire est encore très brève, car nous commençons tout juste avec la question de l'école. Je m'appelle Carmen, ma fille a trois ans et s'appelle Enma. Elle a commencé à l'école en septembre dernier. La recherche d'une école a été très angoissante. Enma, à la garderie, avait une place d'enfant ayant des besoins éducatifs spéciaux, et en passant à l'école, elle devait être dans une école avec une classe pour troubles du spectre autistique [Trastornos del Espectro Autista], car elle en avait besoin. Dans ces circonstances, les options que nous avions pour choisir une école près de chez nous étaient minimes. Les écoles qui avaient une classe pour troubles du spectre autistique relativement proche avaient toutes leurs classes occupées et ce furent des mois très angoissants car j'ai assisté à de nombreuses journées portes ouvertes à la recherche d'une école et il n'y avait pas d'options. Ce que nous aimions n'avait pas de place et… Finalement, la possibilité s'est présentée d'inscrire Enma dans une école près de chez nous qui ouvrait une classe pour troubles du spectre autistique pour la première fois cette année. C'était donc une école qui n'avait aucune formation, ni le corps enseignant, ni les professionnels… Tout est un peu improvisé.
Ma fille a bien évolué, elle traverse actuellement une période un peu difficile, mais il est vrai que c'est un peu angoissant de se laisser guider par les professionnels et de voir que… Eh bien, que l'école n'est pas seulement la classe pour troubles du spectre autistique, l'école est bien plus. L'école, c'est la professeure de la classe de référence, qui doit être formée à l'autisme, évidemment, et elle ne l'était pas. Le personnel de la cantine… C'est un peu tout. Et la sensibilisation, les tâches de sensibilisation des familles… Parce que ce n'a pas non plus été facile.
Et bien… Ma fille est entrée… Ma fille ne parle pas, elle est préverbale pour le moment, mais elle commence à dire quelques mots maintenant. La vérité est qu'en tant que mère, il est très difficile de faire confiance au fait que pendant les sept heures qu'elle passe à l'école, elle va bien et qu'on la comprend. Et cela demande beaucoup d'efforts quand, dès le début, il y a déjà tant d'instabilité, tout est si nouveau et personne ne sait où vont les choses. Même si l'on vous dit qu'ils maîtrisent, que les classes pour troubles du spectre autistique sont très bien contrôlées, et que les professionnels qui y sont font un bon travail… La vérité est que c'est très compliqué.
Je ne sais pas ce que l'avenir nous réserve. J'entends déjà d'autres mères parler d'autres options, mais il est vrai que dans notre cas, le premier pas a été très difficile, très compliqué, et maintenant Enma fera son cycle maternel, et du passage au primaire, nous n'y pensons même pas. Pour le moment, nous nous contentons de la situation actuelle et voyons comment les choses se passent. Merci.
Bonjour, je m'appelle Rosa María Conca Pérez, d'Ontinyent, de la comarque de la Vall d’Albaida, à Valence. Eh bien, je tiens à remercier pour cet atelier sur l'éducation qui me semble très important. Je voulais commenter sur le sujet de la formation non obligatoire. Actuellement, je suis un Cycle Supérieur de Formation Professionnelle en Promotion de l'Égalité des Genres ici dans ma ville et… Eh bien, j'ai besoin de soutiens généralisés. J'ai besoin d'aide dans la vie quotidienne, pour aller aux toilettes, etc. Je me déplace en fauteuil roulant électrique et, lorsque j'ai commencé à suivre le cycle, j'ai fait part de ma situation, à savoir que j'avais besoin d'aide pour aller aux toilettes.
Le directeur des études et la direction m'ont dit qu'ils allaient y réfléchir, qu'ils pensaient qu'il y avait une aide… Mais bon, la première année, ils ne m'ont rien dit de plus. La deuxième année, lorsque j'ai fait mon inscription, j'ai dit à la directrice que nous fassions un écrit car, voyons, un an s'était écoulé et rien. J'ai même rédigé l'écrit moi-même et je ne sais pas si elle l'a envoyé tel quel ou quoi, mais bon. La réponse quand je lui ai demandé, car elle ne m'avait rien dit, fut qu'on lui avait dit que, comme il s'agissait d'une éducation non obligatoire, comment osais-je poser cette question. Et c'est tout. J'ai étudié et je termine le cycle, cette dernière année, grâce à mes camarades, qui m'aident tous les jours à aller aux toilettes et grâce aux professeurs, car ils m'ont été d'une grande aide. Ils m'ont apporté tout leur soutien, ils ont été là avec moi en transmettant ma situation lors des évaluations et des réunions. Ils m'ont laissé du temps si j'étais fatiguée, etc.
Et bien, je tiens à souligner qu'il y a un corps professoral très conscient et plein de bonne volonté, qui veut vraiment changer les choses. Mais bon, la situation de l'éducation non obligatoire pour les personnes en situation de diversité fonctionnelle et ayant besoin de soutiens généralisés est très mauvaise. Il n'est pas étonnant que l'éducation soit si faible dans le secteur de la diversité fonctionnelle. Parce que nous n'avons aucun soutien ni aucune aide. Si l'éducation obligatoire est déjà difficile, alors pour le reste, les soutiens sont nuls.
Et voilà. À tous les maîtres et maîtresses, et professeurs et professeures qui êtes là, conseillers et conseillères pédagogiques, tout le collectif de l'éducation qui est là, battez-vous pour l'inclusion, coordonnons-nous davantage, organisons-nous davantage, et il faut que cela soit beaucoup plus visible et que nous soyons une force très unie pour que cela cesse et que ce soit une inclusion réelle. Un abrazo à tous.
Je suis Isabel, la mère de Lorea. Lorea a 12 ans et demi et à quatre mois et demi, elle a eu une encéphalite. Son diagnostic le plus clair est une très petite paralysie cérébrale qui l'affecte surtout à l'école, dans son accès à la connaissance, puisqu'elle a un quadrant aveugle du côté droit, et l'accès à la connaissance par la lecture lui est très difficile. De plus, elle a une déconnexion visuo-manuelle et son expérience à l'école a été fabuleuse jusqu'à ce que l'académique et le conceptuel commencent à avoir beaucoup de poids.
C'est une enfant ouverte et communicative, et elle était très bien accueillie par ses camarades. Lorsque l'académique a commencé à avoir du poids, à cinq ans, elle a redoublé. Et moi, toujours soutenue par une stimulation externe où l'on me disait que c'était une enfant qui pouvait, qu'à l'école ils avaient l'expérience que les choses se confondent souvent, et parfois quand ils ne savent pas très bien quoi faire, ils te disent tout de suite qu'elle ne peut pas. Tout le temps, j'insistais sur le fait qu'elle pouvait, jusqu'à ce moment, où j'envisage qu'elle redouble sa 6ème année, parce que ce qu'on m'offre au secondaire est une ACI globale.
Je n'admets pas une ACI globale, puisque moi, qui la connais de près, je sais qu'elle peut. Qu'il est vrai que, peut-être, elle ne fera pas un secondaire en quatre ans, mais elle peut le faire en plus de temps et cela m'indigne profondément que dès le début on lui dise : « toi, je ne vais pas te noter, je ne vais rien t'exiger, je ne vais même pas t'évaluer, et ce que tu feras, malgré tes efforts et bien que j'admette que tu apprends, ne me servira pas ». Et alors je suis prête à aller à la guerre l'année prochaine, puisque cette année ce qui me laisse le plus tranquille, c'est qu'elle redouble sa 6ème année et… après on verra. Merci !
Bonjour, je m'appelle Elia Sevilla. Je suis enseignante en maternelle et psychopédagogue, et j'ai travaillé en Espagne et en Argentine. En Argentine comme enseignante intégratrice et en Espagne comme PT et psychopédagogue en privé, conseillant des enfants ayant des difficultés d'apprentissage et des besoins éducatifs spéciaux.
Je voulais partager mon expérience dans les écoles, en soulignant surtout l'importance de l'enseignant, du tuteur, de l'enseignant de référence ou des spécialistes dans le travail avec les enfants. Le plus important et quand ils se sentaient le mieux, c'était quand ils étaient inclus dans les activités, quand des activités étaient organisées auxquelles ils pouvaient participer et que l'on cherchait la manière de le faire. Il y avait vraiment des enseignants qui y parvenaient très bien, quelle que soit la difficulté de l'enfant. Et d'autres chez qui c'était votre élève et ils ne s'occupaient pas de lui, et vous deviez lui faire la classe. Cela pouvait être en classe ou à l'extérieur, mais c'était vraiment vous qui conceviez tout et sans collaborer avec l'enseignant de référence.
Dans ce sens, je pense qu'il est important que les enseignants considèrent tous les élèves comme égaux et le spécialiste comme un soutien ou une aide d'un collègue avec qui partager le travail en classe. Une bonne expérience d'orientation a été lorsque, en tant qu'orientatrice externe, j'ai pu contacter de nombreuses écoles et instituts où j'ai pu parler avec des conseillers très impliqués et qui cherchaient à faire beaucoup de choses pour les enfants que je suivais de manière particulière. Et quand je voulais entrer en contact avec l'école, car j'aime travailler de manière coordonnée avec l'école, avec la famille, avec l'enfant... j'ai pu accéder à de nombreuses écoles très facilement, et à d'autres beaucoup moins.
Et des conseillers très accessibles et très impliqués, qui cherchaient de nombreuses stratégies au sein de leurs établissements et d'autres conseillers que je n'ai même pas pu contacter, car l'intervention de professionnels externes n'était pas envisagée. L'intervention, la coordination avec un professionnel externe qui suivait un élève de leur établissement. Je voulais aussi dire que je travaille maintenant à la Fundación UNICAP et que nous cherchons à créer une école qui inclut tous les enfants et que le rêve devienne réalité.
Merci.
Bonjour, je m'appelle Ramón, père d'Eudald, 6 ans. Je vais vous raconter un peu notre histoire. Notre premier contact avec l'Orientation Scolaire s'est fait au centre de Stimulation Précoce, où à trois ans, avant de commencer la scolarisation, on nous a dit que le mieux pour Eudald serait qu'il redouble la maternelle et que nous attendions un an que s'ouvre une école d'Éducation Spéciale nouvellement construite à Reus. Nous avons refusé, et finalement nous l'avons scolarisé dans un centre ici à Reus d'une seule classe. L'école nous a plu. De plus, l'un de ses slogans est celui d'école inclusive. Cela nous a convaincus, et nous avons commencé.
En P3, tout s'est très bien passé, l'enseignante qu'il avait était très impliquée, elle nous a encouragés à lui enlever sa couche, et ça a fonctionné. La propreté a fonctionné en deux mois, et nous étions très contents. Et bien, en P4, les problèmes ont commencé, car on a commencé à le séparer pendant certaines heures. Ils ont dit que, comme ils n'avaient que deux enseignants spécialisés dans le centre, ils ne pouvaient pas couvrir les besoins de tous les élèves ayant des besoins éducatifs spéciaux. Et ce qu'ils faisaient, c'est de les séparer dans une autre classe, à l'écart de la classe ordinaire, pour couvrir leurs besoins. Cela nous a semblé terrible. Nous sommes encore à chaque réunion, en vérifiant que les ressources lui soient fournies dans la classe ordinaire, avec ses camarades, avec son enseignante de référence et, comme nous le pensons, comme il se doit.
Et bien, on nous dit toujours que c'est une question de ressources, qu'il n'y a pas de ressources... Et nous pensons que les ressources sont très importantes, mais aussi... Eh bien, l'attitude du centre qui devrait avoir un plan structurel favorisant l'inclusion et que tous les enseignants travaillent en équipe, et s'appuient les uns les autres, permettrait sûrement de couvrir bon nombre de ces besoins qu'ont les élèves. Et puis, bien sûr, s'il faut des ressources, nous serons les premiers à nous battre avec eux pour aller les chercher auprès de l'administration. Mais l'attitude et un plan structurel pour favoriser l'Éducation Inclusive sont vitaux, selon nous.
Et voilà. C'est notre expérience. Nous aurions aimé être là avec vous, mais cela n'a pas été possible. Trop de distance, pas assez de temps... Mais bon, un câlin à tous et merci pour tout ce que vous faites.
Bonjour, je m'appelle Isabel. Je suis la mère de Mar, qui a maintenant 18 ans. Mar, le 6 janvier 2017, m'a dit qu'elle quittait l'école, qu'elle ne voulait plus y aller. Je lui ai demandé : Pourquoi ? Parce qu'en vérité, je l'ai vue très décidée, et elle a dit qu'on n'allait pas lui manquer, et qu'elle ne leur manquerait pas non plus, faisant référence aussi bien aux camarades qu'aux professeurs et à la communauté éducative.
Néanmoins, nous avons attendu quelques jours pour vérifier que sa décision était ferme et, eh bien, elle l'était. À ce jour, elle n'a toujours pas changé d'avis. Nous avons donc dû remplir un formulaire pour la radier et expliquer les raisons. Les raisons que nous avons expliquées sont que… Attribuant à l'environnement scolaire sa démotivation et son envie d'abandonner, nous mettions fin à de nombreuses années de lutte à l'école. Parce que nous ne pouvons pas appeler cela autrement que lutte. Quand nous sommes parties de là, nous sommes allées le célébrer, d'ailleurs.
Et la vérité est que, depuis qu'elle a quitté l'école, Mar est beaucoup plus heureuse. Néanmoins, nous avons bien compris que le temps qu'elle a passé à l'école, simplement par sa présence, elle a appris énormément de choses. Par conséquent, je tiens à remercier tous ceux qui sont là et qui luttent pour qu'un jour les droits à l'éducation soient réellement cela, des droits.
Merci beaucoup à tous pour cette initiative.
Bonjour, je m'appelle Lina et je parle depuis Alicante. Aritz a quatre ans et demi et il a un syndrome de Down. Notre expérience, au niveau de l'orientation, a été négative dans tous les cas, nous avons même rencontré des situations traumatisantes et très difficiles. La première a été l'évaluation qui établit le diagnostic. Aritz sortait d'un examen médical très éprouvant qui vous laisse très abattu, et nous les avons prévenus. En dehors de cela, eh bien, le diagnostic est tombé. Ils nous appellent pour le signer si nous sommes d'accord ou non et nous expliquer tout. Ils nous disent qu'il l'obtient de justesse, comme s'ils nous rendaient service, et nous leur demandons si nous ne pouvons pas le faire commencer à quatre ans dans la classe des trois ans, et ils nous disent que non. Nous leur disons qu'il y a des gens à Valence, à Madrid et ailleurs qui l'ont fait et ils nous disent que non. Pourquoi ? Parce que non. C'est tout. Et c'est fini.
La deuxième situation se passe dans l'école où nous sommes car la professeure n'arrive pas à gérer Aritz. Aritz, tout le monde s'entend bien avec lui, c'est un garçon super sociable, et elle se plaint tous les jours qu'il ne lui prête pas attention. Alors les ressources sont censées être les vôtres, l'expérience est la vôtre… C'est à vous maintenant. Ils nous ont préparé un piège où tous ensemble ils décident que… deux mois et demi après la rentrée, il doit aller dans une classe spécialisée. Nous devons faire face à cette situation en disant que… Eh bien, que nous ne sommes pas d'accord. Avec beaucoup de calme, beaucoup de tranquillité, et nous savons pour les raisons pour lesquelles ils veulent le faire, qui sont logistiques et économiques. Ils ont des intérêts qu'ils pensent que nous ignorons, mais nous les connaissons. Nous devons y aller avec l'association, le défenseur des étudiants… Eh bien, la prochaine étape était d'aller à la presse.
Et puis, après avoir tout géré depuis le registre en laissant une trace… En voyant notre réaction, ils sont très surpris. Et Aritz est tombé malade toute cette année-là, il a ressenti le stress… Il ne se sentait pas accepté. Les camarades ont été géniaux, mais la professeure et l'école n'ont pas bien réagi. Cela s'explique trop brièvement et le temps est court, mais j'aimerais qu'ils vivent ne serait-ce qu'un mois de ce que vivent nos enfants… Certains s'en sortent de justesse. Je ne le permets plus. Je ne permets plus qu'on remette en question leur constance, leur travail, leurs efforts et qu'on les dévalorise. Non. Parce que je pense que, alors, nous devrions valoriser tous les enfants qui entrent à l'école. Tous. Beaucoup devraient aller dans une classe spécialisée.
Alors, la prochaine étape que nous redoutons, et qui nous effraie beaucoup, et qui nous laisse un peu… Pour l'année prochaine, qui sera la transition vers l'évaluation qui mène au Primaire. Et nous le voyons. Nous voyons comment ils l'orientent pour l'envoyer dans une classe spécialisée. Même, eh bien… Maintenant, je ne sais pas. Nous ne savons pas comment nous allons faire… Nous verrons bien. Voyons ce que [pasa].
Bonjour, je m'appelle Blanca, de Saragosse. J'ai trois enfants. L'aîné, Pedro, a 12 ans, et cela fait environ 11 ans que Pedro s'est transformé en un papier. Pour l'institution éducative, c'est un Trouble du Spectre Autistique. Pour la Psychiatrie, il est diagnostiqué avec un trouble mixte complexe pour lequel nous n'avons pas encore trouvé le nom. Le jour où Pedro s'est transformé en un papier a changé nos vies. Pas avant.
À 5 ans, j'ai signé un papier par lequel j'ai accepté qu'il redouble sa classe pour éviter l'Éducation Spéciale, car je pensais que c'était vraiment ce qui lui convenait. Nous l'avons évitée, il est dans une école ordinaire, il a passé des classes, mais en arrivant en quatrième année du primaire, dès le début de l'année scolaire, on me dit que Pedro va devoir redoubler sa classe. Je cherche depuis de nombreuses années une série de soutiens simples, me mettant à disposition, proposant une multitude de solutions qui ne sont jamais acceptées par le Service d'Orientation parce que je ne suis pas une spécialiste. Mettre un cahier à rayas au lieu d'un cahier à carreaux, ou une tablette qui n'est pas implantée en classe parce qu'elle ne génère pas d'envies chez les autres camarades ne me semble pas être des moyens difficiles à obtenir.
Ce qui est très difficile à obtenir, c'est que Pedro, le jour où nous lui avons dit qu'il devait redoubler sa classe, a dit que son cœur s'était obscurci et que la lumière ne brillerait plus jamais. J'aimerais beaucoup dire que mon fils est aujourd'hui un enfant heureux, mais il ne l'est pas. Le redoublement a entraîné un changement total et une rupture avec ses camarades, avec ses habitudes, avec ce qu'il connaissait. Enfin, ces petits soutiens arrivent, de la part des tuteurs, pas de l'Orientation.
Je supplierais les Services d'Orientation de nous laisser être professionnels dans ce que nous sommes, c'est-à-dire être les parents de ces enfants. Je ne mets pas en doute le travail d'un Service d'Orientation, mais je ne veux pas que le Service d'Orientation mette en doute mon rôle de mère, ni qu'il m'empêche de l'exercer. J'espère sincèrement que cette opportunité nous mènera tous à un point commun et qu'il n'y aura plus d'enfants qui diront qu'aujourd'hui, leur vie n'est qu'un problème, avec plus de problèmes que les autres, ou qu'ils se croient être un problème pour tous les autres.
Merci beaucoup.
Quand Antón était en maternelle, sa mobilité était très limitée et il ne pouvait pas monter et descendre les escaliers. Il devait alors recourir à l'ascenseur à certains moments, lorsqu'il devait se déplacer en dehors de la classe. Sa professeure de maternelle, qui plus est, est la personne avec qui j'ai tout appris sur l'éducation, voulait éviter une image très ancrée, répandue, complètement normalisée dans nos écoles : celle de voir la majorité de la classe, d'un côté, avec la tutrice et l'élève ou les élèves en situation de handicap de l'autre, avec l'auxiliaire technique éducatif, avec le soignant ou la soignante. Et elle voulait faire prendre conscience à tous qu'aucun enfant de sa classe ne pense qu'elle était la professeure de tous les enfants, sauf Antón, ou qu'Antón avait d'autres adultes qui étaient responsables de lui.
Pour ce faire, elle a toujours veillé à ce que, chaque fois qu'Antón n'avait pas d'autre choix que d'aller par un endroit différent de la majorité, il soit toujours accompagné par d'autres enfants. L'ascenseur était l'un de ces endroits. Et comme c'est aussi devenu un privilège et que la classe de Daniela était l'endroit le plus démocratique de la Terre, tout est réglementé par des normes. Sans normes qui nous égalisent tous et que tous nous respections de la même manière, il n'y a pas de justice sociale. Comme accompagner Antón à l'ascenseur est devenu un privilège et non une obligation, et que tous voulaient l'accompagner tous les jours, des tours ont été établis. Un jour, ils se sont embrouillés : normalement, 4 camarades l'accompagnaient, et ce jour-là, 5 sont apparus à la porte de l'ascenseur.
Elle leur a dit : « Vous ne pouvez être que 4 et vous êtes 5. Je vous laisse là un moment, pour que vous délibériez, que vous y réfléchissiez et que vous décidiez qui est celui qui doit rester dehors et doit prendre l'escalier ». Alors, bon, elle les a laissés parler et, après un moment, elle est allée voir quel avait été le verdict. Et la porte-parole du groupe lui a dit : « Nous en avons parlé et nous avons décidé que celui qui ne peut pas prendre l'ascenseur, c'est Antón parce qu'il y va déjà tous les jours ». Moi, quand elle me l'a raconté, j'avais envie de pleurer. Elle disait qu'en plus, Antón, là, tout à côté, avec une petite mine comme pour dire : « Eh bien, elles ont raison ». Cette anecdote de l'ascenseur est merveilleuse et raconte tellement de choses.
Je me demande : Qu'est-ce qui s'est passé pendant ces 6 ou 7 années, pas seulement dans nos écoles : dans nos écoles, dans nos maisons, dans nos parcs, dans nos rues ? Qu'est-ce qui s'est passé pour que ces enfants qui ne voyaient aucune différence entre eux et leur camarade en situation de handicap, qu'est-ce qui s'est passé pour que 7 ans plus tard, ils l'ignorent et ne sentent pas qu'il fait partie de leur monde ? J'ai la quasi-certitude que les enfants naissent sans préjugés, et mon idée est : Que pourrions-nous faire pour ne pas changer ce manque de préjugés avec lequel tous les enfants naissent et pour que les enfants de l'ascenseur ne changent pas au fil du temps ?
Bonjour, je m'appelle María Luisa et je suis enseignante, en plus de suivre des études de pédagogie. Mon expérience avec l'orientation scolaire est douce-amère. Dans mon cas, lorsque des difficultés ont commencé à apparaître au lycée, le département d'orientation scolaire m'a encouragée à abandonner le baccalauréat car, peut-être, c'était trop difficile pour moi ou je n'étais tout simplement pas faite pour étudier. Actuellement, j'ai un diplôme de niveau Bac+2... J'ai obtenu mon baccalauréat, je suis éducatrice sociale et je suis en train de terminer ma licence en pédagogie. Elle, qui n'en était pas capable. Cependant, dans le cas de mon frère, on s'est soucié de rechercher les besoins qui émergeaient et d'y apporter une réponse efficace qui, avec ses grands efforts, lui permet d'être sur le point de terminer le baccalauréat.
Le principal problème que je vois, et la grande différence entre un cas et l'autre, est que de nombreux professionnels se croient plus efficaces s'ils laissent les problèmes à la porte, alors que ce qui fait réellement un professionnel, c'est sa qualité humaine. En tant que future pédagogue, qui se consacrera probablement au domaine de l'Orientation Scolaire, je pense qu'il est nécessaire, dès maintenant, de retirer de notre formation des paradigmes anciens, périmés, des techniques et des méthodologies qui ne font que pointer du doigt, étiqueter, provoquer des handicaps, discriminer.
Dans le travail d'orientation et dans tout travail lié au domaine socio-éducatif, il est nécessaire que nous retirions complètement les attentes de la personne que nous avons en face, avec qui nous interagissons. Que nous voyions, lorsque nous effectuons ce travail, qu'en face de nous se trouve une personne avec un grand P, une personne qui a des besoins à satisfaire, et que nous ne fassions pas, comme on le fait souvent, ce qui est facile... Que nous n'allions pas vers la facilité, qui est de voir uniquement une étiquette que nous devons classer et avec laquelle nous pouvons établir des catégories.
Nous avons inscrit Silvia à l'âge de 3 ans et elle est restée dans cette école jusqu'à 5 ans, soit trois années scolaires. En première et deuxième année, tout s'est très bien passé dans cette école, car elle était très intégrée avec ses camarades et nous n'avons eu aucun problème. Mais en classe de 5 ans, nous avons eu une enseignante qui la considérait comme un problème. Nous avons donc compris qu'au final, c'était une perte de temps d'être là, dans cette classe, et nous avons découvert que la direction de cette école, que nous pensions jusqu'alors favorable à l'inclusion, n'était pas aussi inclusive que nous le pensions. En fait, ils nous disaient que Silvia devait être en Éducation Spéciale et qu'elle ne pouvait pas être en Inclusion.
Nous avons donc décidé de la changer d'établissement, pour quoi nous avons demandé un rapport à l'orientateur, à l'Équipe d'Orientation, afin de pouvoir faire un décalage dans le collège suivant, pour que la petite reste en 5 ans. Nous avons eu énormément de problèmes avec ce rapport car l'orientateur ne faisait pas son travail. En janvier, je me souviens que nous avons signé notre décision de changer d'école. Eh bien, de janvier jusqu'aux trois mois qu'il avait pour faire le rapport, rien, tout était des délais, tout était des esquives… De plus, il nous a dit que oui, qu'il était d'accord pour faire le rapport de permanence dans un endroit et puis soudainement il s'est rétracté, a dit que non, que Silvia devait rester dans cet établissement.
Contre notre volonté, car nous étions absolument certains de vouloir la changer, et tout a été des problèmes. J'ai dû aller parler à l'inspection éducative, à son chef de l'EOE, pour lui mettre un peu la pression et lui dire de faire son travail, car il dépendait de lui que nous puissions obtenir une place dans le nouveau centre ou non. Sinon, nous n'aurions pas de place. Nous avons passé deux mois avec beaucoup de stress, car nous voyions que Silvia n'aurait pas de nouveau centre, et puis, l'option de rester dans l'ancien établissement n'était pas viable, car nous étions absolument certains qu'elle ne pouvait pas y être. Les professionnels n'étaient pas là pour l'inclure, du moins pas dans la classe de 5 ans.
Notre expérience dans le nouveau collège est très bonne, car dès le premier moment, ils ont accueilli Silvia à bras ouverts. C'est un collège qui a un projet éducatif inclusif, contrairement à l'autre. Et pour cela, ils pensent que Silvia apporte beaucoup à la classe, en plus de bénéficier de ce que sont les enfants sans difficultés, elle apporte aussi beaucoup à la classe. En fait, ils nous l'ont répété depuis le premier jour : qu'ils étaient très contents de l'avoir. Qu'ils pariaient sur elle et qu'ils feraient tout leur possible pour la soutenir dans ce dont elle a besoin, ce qui est le but. Parce que Silvia a le droit d'avoir une éducation comme n'importe quel autre enfant.
Bonjour à tous. Je m'appelle Sandra et je suis mère de trois enfants. L'un d'eux est atteint de paralysie cérébrale. Il s'appelle Jorge et il est actuellement en 6ème année primaire. Il a redoublé sa 4ème année, ce qui fait qu'il est dans le même établissement depuis 10 ans, l'établissement où allaient ses frères et sœurs et où se trouvent tous ses amis. La période de l'école maternelle a été merveilleuse. Il a eu une enseignante exceptionnelle, et l'accueil par les autres enfants a également été extraordinaire.
Les difficultés ont commencé lorsqu'il est passé au primaire et que Jorge devait commencer à atteindre des objectifs comme les autres enfants. Et là, on a commencé à nous dire que nous devions accepter que Jorge avait un handicap. Qu'il fallait l'accepter. Et qu'il ne fallait pas s'attendre à ce qu'il atteigne les mêmes objectifs que les autres enfants. De la part du service d'orientation, leur contact avec nous a été très limité. Au cours de ces 10 années, 4 conseillers d'orientation différents se sont succédé, et une seule d'entre eux a souhaité connaître Jorge en profondeur et recevoir toutes les informations des professionnels externes qui s'occupaient de lui. Elle les a réunis dans l'établissement scolaire et a tenté de coordonner le travail avec chacun d'eux. Les deux autres conseillers d'orientation qui sont venus par la suite, eh bien… ne sont jamais venus à une réunion. Je mens, ils sont venus à une réunion de tutorat et l'actuel conseiller d'orientation m'a seulement appelée par téléphone pour me dire que l'appel à subventions était sorti.
Cela a été une période difficile. Surtout pour nous, qui n'avons pas voulu que Jorge connaisse les différences que nous avions avec ses professeurs. Nous n'avons pas changé Jorge d'établissement, comme beaucoup de gens nous encourageaient à le faire, car il n'est pas juste de l'arracher à son environnement social. Le travail nous incombait. Essayer de nous coordonner avec ses professeurs, essayer que Jorge continue à progresser… Et tout cela se résume au fait que Jorge a eu un tuteur presque chaque année. Le dernier arrivé. Il a le même tuteur depuis deux ans, et l'année dernière, au deuxième trimestre, son tuteur nous a dit qu'ils pensaient que Jorge avait atteint sa limite, son plafond. Que de là, Jorge se débrouillait très bien, mais qu'il n'était pas capable de le dépasser. Alors je lui ai demandé si Jorge n'était vraiment pas capable de le dépasser ou s'ils n'étaient pas capables de l'aider à le dépasser. Il est resté un peu décontenancé et a admis que, malgré sa proximité avec la retraite, il était disposé à recevoir l'aide de professionnels externes qui travaillaient avec Jorge.
Ce furent de très belles paroles qui sont restées de très belles paroles. Un très gros câlin à tous.
Bonjour. Je m'appelle Maricarmen, mère de Clara, 16 ans. Je vais essayer de résumer toutes nos joies et aussi nos peines, de l'école maternelle à la 2ème année de l'enseignement secondaire, ce qu'elle suit actuellement. Ma première peine fut qu'une conseillère d'orientation à l'école maternelle dise qu'elle préférait un enfant en fauteuil roulant mais intelligent. Je lui ai répondu que je préférais que ma fille soit heureuse. À part cela, toute la période de maternelle fut très bonne, nous avons beaucoup apprécié, tant les expériences de l'enfant que moi en tant que mère, et avec une très bonne collaboration de la part de l'équipe de direction, d'orientation et des professeurs, nous étions heureux.
Mais en 1ère année de primaire, les choses se sont gâtées, et c'était une peine quotidienne d'entendre la professeure dire : « J'ai 24 enfants et Clara ». Chaque jour, je parlais à la conseillère d'orientation, déjà désespérée. Elle m'a dit qu'elle ne faisait que des recommandations et que si la professeure ne voulait pas les appliquer, elle ne pouvait rien faire. Alors, je n'ai plus pu supporter, et nous avons changé pour un autre établissement, recommandé par l'Inspection, et trois autres années très heureuses. Mais tout a de nouveau changé lorsque l'équipe de direction et celle d'orientation ont dû quitter l'établissement ; celle d'orientation pour raisons légales, et l'équipe de direction suite à des changements de vote.
Et bon, pendant deux ans, l'enfant n'a pas été évaluée et en 6ème année de primaire, la conseillère d'orientation m'appelle, elle ne me connaît pas du tout, ainsi que les professeurs, qui ne me connaissent pas non plus car ils sont nouveaux cette année-là, et ils me disent qu'il y a un changement de scolarisation, qu'ils me le recommandent vers le Spécial. Ce à quoi je refuse et je dis non ; bien sûr que non. La lutte commence, parler avec des médecins, parler avec des établissements, et il y a un autre changement, et je tombe sur un très bon établissement où l'équipe professionnelle est formidable, et la conseillère d'orientation évalue Clara dans de bonnes conditions et voit qu'elle peut suivre l'enseignement secondaire, ce dans quoi nous sommes actuellement.
Bon, nous continuons à enlever des petits cailloux du chemin, car il y en a beaucoup, nous allons en faire un château avec eux. Et en luttant, et rien, toujours de l'avant. Je laisse juste une réflexion : j'ai toujours cru qu'une étiquette, ce qu'on met sur nos enfants, était pour les aider à avancer au maximum, mais j'ai découvert maintenant que non. Que l'étiquette est là pour les bloquer et les écarter. C'est mon expérience. S'il n'y a pas de lutte quotidienne et continue de la part des parents, nos enfants sont condamnés à finir dans l'Éducation Spéciale. Et c'est une très grande douleur.
Merci beaucoup à ce projet et à ces journées.
Bonjour, je m'appelle Rocío Sotillos, maman de Mateo, qui a eu 12 ans, et de Carolina, qui en a 10. Je voulais partager un peu de notre expérience car elle va vraiment à l'inverse de la plupart des expériences que nous entendons. Et nous nous considérons chanceux pour cela, mais quelle tristesse de penser que ce soit une question de bonne fortune, que le fait que votre enfant soit mieux ou moins bien pris en charge dans une école dépende de la chance.
Mateo a commencé avec un avis de scolarisation pour une classe CYL, qui sont les classes spécifiques dans les centres ordinaires, et à l'époque, l'inspecteur disait que c'était une chance d'avoir une place car il y en avait peu et une forte demande, et que là, tous ses besoins seraient couverts. Et ils l'ont envoyé dans une école où c'était une classe nouvellement créée, et où… Eh bien, je pense qu'ils ne savaient pas encore très bien s'organiser. Mais en maternelle, il a à peine fréquenté sa classe ordinaire. La première année, il descendait une heure par semaine les deux derniers mois de l'année scolaire. Avant cela, non. Bien sûr, lors des excursions, etc., il ne participait pas à l'activité de la classe de référence.
Comme cette idée de scolarisation ne nous plaisait pas pour notre fils, nous avons cherché un autre centre, d'autres options, et nous avons changé pour un centre. Dans ce cas, c'est un centre conventionné ordinaire, une coopérative d'enseignement, et le changement a eu lieu en 1ère année de primaire. Et la différence, pour que vous ayez une idée, c'est qu'une semaine après le début de l'année scolaire, la PT est venue me parler, qui bien sûr ne connaissait pas encore Mateo, ni la tutrice… Parce qu'elles n'avaient pas eu le temps matériel, pour me dire qu'à l'école, il y avait deux camps par an : un au début de l'année scolaire et un à la fin, et que le camp aurait lieu dans trois semaines. Et moi, évidemment, je m'attendais à ce qu'elle me dise : « Il n'est peut-être pas conseillé que Mateo vienne, parce que nous ne le connaissons pas ou… ». Eh bien, enfin, ce à quoi on s'attend normalement, ce à quoi on est malheureusement habitué. Et elle est venue et m'a dit : « Nous avons le camp et, bien sûr, Mateo vient ». Et elle ne me l'a pas demandé, elle me l'a affirmé. Donnant pour acquis que Mateo venait, comme tous ses autres camarades.
C'est ça la différence : l'attitude. Les moyens sont importants, mais l'attitude l'est beaucoup plus. Le regard porté sur la personne, sur l'enfant, sur ce qu'il est, et ses caractéristiques et non son étiquette, est fondamental. Qu'il change de cours, de cycle, et qu'il change de tutrice, et que normalement tu aies des inquiétudes quant à qui elle sera, si elle comprendra la manière d'être de ton fils, et que la tutrice vienne te dire : « Quelle chance ! J'avais tellement hâte que cette classe me soit attribuée, parce que Mateo en fait partie… ! ». Ce sont ces choses qui, vraiment, nous font avancer et savoir que c'est possible.
Je tiens à féliciter pour cette initiative. Je crois que cette voie de mise en communication des familles et des professionnels est la seule pour faire fonctionner les choses et créer un avenir et, si possible, un présent bien meilleur pour la scolarisation de nos enfants. Un abrazo.
Accédez à la liste de lecture.
Échos d'une rencontre mobilisatrice
L’atelier « Nouveaux regards sur l’Orientation Scolaire, pour l’enfance et contre la ségrégation » ne nous a pas laissés indifférents. Ceux d’entre nous qui y ont participé l’ont vécu comme une rencontre très mobilisatrice. La preuve en est la réponse sur le réseau, ainsi que les textes qui ont été publiés sur différents sites web et blogs. Nous avons rassemblé ci-dessous quelques-uns de ces échos :
- Repenser le rôle (pas seulement) de l’Orientation pour rendre possible l’inclusion , par Pablo Gutiérrez de Álamo
- WorkshopOrienta de Málaga : l’Éclatement des Silenciés , par Antonio Márquez
- Pour quatre coins de rien ! , par Cristóbal Gómez Mayorga
- Le voyage rêvé… , par Alejandro Calleja
- Ingénuité et espoir , par María Luisa Fernández
- Réflexion sur le WorkshopOrienta à Malaga , par Estela Martín
- Nouveaux regards sur l’Orientation scolaire, pour l’enfance et contre la ségrégation , par Ignacio Calderón
- WorkshopOrienta. Construire l’inclusion par le bas , par Javier Herrera
- L’immensité de la mer , par Belén Jurado
- Le groupe apporte de la chaleur, le groupe est nécessaire , par Maite Gavilán
Le #WorkshopOrienta fut une rencontre entre professionnels et familles réalisée en 2018 à l’Université de Malaga pour réfléchir ensemble à la manière de créer des écoles pour toutes les personnes. Depuis ce moment, nous nous sommes organisés pour tisser des réseaux qui rendent effectif le droit à l’éducation inclusive. Un engagement pour la démocratisation des écoles.
Ceux qui n’ont pas de voix à l’école ont crié lors de cet événement. Ceux qui ne peuvent pas bouger ont dansé joyeusement.
Et ainsi, avec le naturel de ce qui doit arriver, le 24 février est devenu le jour de l’Espoir. Et là, « on m’a dit » que cette école qui arrive trop tard pour mon fils, le sera pour d’autres, sinon elle ne sera pas une école ! Et moi, tout en me sachant naïve, j’ai espoir.
La méthodologie proposée nous a permis de construire les propositions « de bas en haut ». C’est-à-dire, par la participation et la collaboration.
Vidéos de l'atelier
Vous pouvez trouver ici toutes les vidéos de la session, telles qu’elles ont été diffusées en leur temps.
Audiodescription [AD]: Un groupe de participants discute en s'asseyant dans la salle, se préparant à commencer l'atelier. Ignacio Calderón prend le micro et s'adresse au groupe.
Ignacio Calderón - I.C.:— Bonjour à toutes et à tous, bienvenue à l'Université de Malaga et bienvenue à cette rencontre que nous avons préparée avec beaucoup de soin et que nous vivons maintenant avec beaucoup d'anxiété.
Eh bien, je pensais que, tout d'abord, il faudrait présenter cette journée, qui est tout sauf ce que nous entendons normalement par journée. Les journées sont normalement comprises comme un lieu où il y a un expert qui parle et les autres écoutent, et dans ce cas, nous nous sommes réunis pour nous considérer tous comme experts de la réalité que nous vivons, et comme constructeurs de connaissances à partir de cette réalité que nous avons vécue et que nous vivons.
Nous parlions il y a un instant, Raúl, María José, Silvia et moi, ceux qui ont organisé tout cela, qu'il faudrait présenter cette journée depuis son origine. Elle naît il y a un mois et demi, deux mois au maximum, lorsque María José, conseillère d'orientation à Valence, exprime sur Facebook son malaise face à sa profession, car elle vit sa profession, qui est l'orientation, d'une manière qui ne lui plaît pas. María José souffre, et alors, en l'exprimant, elle dit, peut-être de manière presque naïve : pourquoi ne nous réunissons-nous pas ? Pourquoi ne nous rencontrons-nous pas ?
Et à cette question, dont je ne sais pas si elle était pleinement consciente, beaucoup de gens répondent. Il s'agit de quelque chose, d'une rencontre qui se prépare maintenant, mais c'est une rencontre qui avait déjà lieu auparavant sur le réseau, petit à petit. Eh bien, quand María José reçoit des réponses, ce sont principalement des familles qui répondent, et alors, cela dépasse ce que María José avait envisagé, et quand nous parlons du sujet, je lui dis, peut-être, on peut faire une rencontre moins habituelle, une rencontre en présentiel à Malaga. Et ensuite, nous avons pensé qu'elle devrait avoir une possibilité virtuelle, car les gens ont commencé à demander qu'elle soit virtuelle.
Je disais que l'idée initiale de penser qu'il n'y aurait que des professionnels dans cette conversation, dans cette rencontre, est dépassée. Le fait que des familles rencontrent des professionnels dans un espace est dépassé, et au final, cela devient ce que nous avons organisé aujourd'hui, et qui aura un sens dans la mesure où nous lui donnerons tous un sens. Petit à petit, au fur et à mesure que la rencontre se prépare, des attentes se créent. Une idée que nous avons eue a été de créer des vidéos. La création de vidéos a beaucoup évolué. Quand nous avons commencé à créer ces vidéos, beaucoup de gens sont venus nous demander et nous inviter à continuer. Dans ce processus, il y a des personnes qui ne peuvent pas venir et qui, au-delà ou non de l'envoi d'une vidéo avec leur expérience, des personnes comme Concha Casasnovas, qui dit : « Il me vient à l'idée, Nacho, que cela devrait avoir une musique ». Et quand elle dit qu'il lui vient à l'idée que cela devrait avoir une musique, elle pense spécifiquement à un musicien, et nous commençons à lui demander si ce musicien nous cède le droit d'utilisation d'une chanson, et de cela est né ceci.
Autodescription [AD]:— Face aux personnes présentes, le mur sert d'écran où est projetée la chanson ‘Centro’ de Luis et Pedro Pastor, accompagnée d'images créées par Paula Verde. Les images incluent des portraits photographiques de différents jeunes.
🎵 Derrière toi, le futur court
pour voir si tu veux
te laisser griffer par ses pinceaux.
Derrière toi, te suivant, la liberté
pour voir si tu peux
lui ouvrir quelques portes, lâcher les filets.
Derrière toi, la pleine lune danse,
sa danse ardente
t'invite à élever ta voix de neige.
Derrière toi, l'humanité la plus animale
t'appelle :
que tu oublies ce que tu as appris,
que tu commences à sentir,
que cela n'a aucun sens
vivre ainsi.
L'esprit ouvert, la peau prête,
les ailes déployées, l'esprit alerte.
Le cœur ouvert, ouvert au monde
dans toute sa splendeur, ton être profond.
Il faut avoir :
L'esprit ouvert, les ailes déployées
et si possible,
la peau prête, l'esprit alerte.
Derrière moi, à petit feu, naît
une chanson du centre de ton centre. 🎵
I.C. :— Je voulais remercier Pedro Pastor, tout particulièrement, d'avoir cédé cette musique, mais aussi Paula Verde pour le travail qu'elle fait avec les images qui aident tant à réfléchir sur ces réalités. Nous nous sommes réunis pour réfléchir à la réalité depuis un autre endroit. Merci aussi à Olga Lalín, Carmen Saavedra, Concha Casasnovas, et à toutes les personnes qui ne sont pas là aujourd'hui, et qui pourtant sont bien présentes.
La session d'aujourd'hui, pour aller au plus opérationnel, a un sens radicalement participatif. L'idée est de construire des connaissances à partir de nos expériences. Nous allons commencer à construire ces connaissances à partir des vidéos qui ont été partagées, de personnes qui ne sont pas là maintenant et c'est ainsi qu'elles sont présentes. Dans ces expériences qu'elles ont racontées dans ces vidéos, j'imagine qu'il y a beaucoup de gens qui se sentent compris dans ce qu'ils ont vécu, et il sera aussi intéressant qu'après le travail que vous avez fait pour mettre en relation ces vidéos que vous avez vues avec vos expériences personnelles, de voir ce qui en ressort.
Nous allons diviser la session en assemblées plénières et en ateliers. L'assemblée plénière initiale, qui commence maintenant, consiste à parler de ce qui se passe dans ces vidéos et de l'expérience que vous avez en tant que professionnels de l'éducation, des écoles, en tant que familles d'enfants scolarisés, et à réfléchir aux problématiques, aux problèmes que nous rencontrons, aux douleurs que nous trouvons dans ces écoles et aux joies, afin que tout au long de la journée, nous ne nous contentions pas de rester sur les problèmes, mais que ces problèmes servent à réfléchir à des solutions.
La session d'aujourd'hui est un travail intense. Certaines personnes me grondent parce que c'est une session très intensive, mais je me disais : « Comment allons-nous faire une session courte quand il y a des gens qui viennent des Asturies, de Galice, de Valence, de León, d'Estrémadure, qui viennent de tant d'endroits ? Comment allons-nous faire une session courte avec des gens qui ont fait un tel effort ? »
Je vous invite à ce que nous participions tous. Il est important que toutes les voix soient présentes, celles des professionnels, des familles, d'autres professionnels qui ne sont pas les conseillers et conseillères, et que nous parlions tous ensemble pour construire de nouvelles choses, que nous n'empruntions pas les chemins déjà tracés, qui, comme le dénoncent les vidéos, ne sont pas satisfaisants.
Lors de cette première assemblée, nous essaierons de dégager quelques-unes des idées fondamentales qui serviront à organiser les ateliers. Les ateliers ne sont pas encore élaborés, nous ne savons pas quels thèmes nous allons aborder. Nous prévoyons de faire trois ou quatre ateliers sur les thèmes qui émergeront de l'assemblée ; nous essaierons d'aborder les plus importants ensuite, en petits groupes, lors des ateliers. Une équipe d'étudiants de la faculté sera présente, certains boursiers de collaboration, d'autres étudiants en master Éducation et Changement Social, et nous allons essayer de systématiser ce que nous allons créer lors de cette session.
L'idée que nous avions proposée est que les trois vidéos que nous avons sélectionnées, peut-être parce qu'elles en regroupent d'autres, nous allons les projeter et, à partir de là, nous démarrerons et nous parlerons. Je ne sais pas si Raúl ou María José veulent commenter quelque chose, non ? Alors nous regardons les vidéos et nous commençons.
Audiodescription [AD] Face aux personnes présentes, trois témoignages sont projetés sur le mur.
Témoignage 1 - María Luisa Fernández (voix off) :— Bonjour, je suis María Luisa, mère d'Ángel. Mon fils est né dans les années quatre-vingt, et il n'a pu aller à l'école ordinaire qu'en maternelle.
La lettre d'une conseillère, Macarena García, m'est parvenue, et cette réflexion m'a émue, peut-être parce que je l'ai toujours rêvée, et surtout parce qu'elle est source d'espoir pour d'autres mères.
«Au cours de cette année, j'ai changé mon parcours éducatif, passant de conseillère d'orientation du secondaire à celle du primaire. Même en février, je suis encore dans un état de choc de la réalité, avec de très nombreuses situations qui m'ont impressionnée et continuent de le faire.
Dès que les enfants arrivent à trois ans, ils le font en rupture d'attachement, en pleurant dans un espace basé sur des règles absurdes et inflexibles, on leur demande des aspects pour lesquels ils ne sont pas préparés ni matures, et ils intègrent déjà un espace hostile qui ne correspond pas à leurs besoins et intérêts. Ils ont besoin de mouvement, de découverte, de recherche…
Et c'est ainsi que commence à se forger cet espace qu'ils appellent l'école, où chaque jour on répond de moins en moins aux besoins des enfants, on déshumanise les personnes et on marchandise tout. Et nous continuons ainsi, avec des pratiques basées sur l'inégalité, sur la distinction de la différence comme quelque chose de négatif, sur le signalement des enfants qui ne rentrent pas dans la norme, et une demande continue pour étiqueter les enfants et les faire sortir de classe. Ainsi, l'homogénéité continue d'être récompensée et ça continue.
Avec une administration marchandisée, centrée sur les chiffres et l'économie, et non sur la couverture adéquate de chaque situation par des ressources. Et un système informatique rigide, avec des avis classés, des catégories fermées, des typologies corsetées, et des modalités de scolarisation dont trois sur quatre sont ségrégatives et excluant. Et je me heurte à des mentalités bloquées par la peur, il est très difficile de sortir des zones de confort. Et des familles désespérées pour que leurs enfants reçoivent une éducation de qualité.
L'orientation est comprise comme un instrument de diagnostic, et cela nous exige une Administration qui n'offre pas les moyens et les ressources nécessaires. Et dans tout ce maelström, je n'arrête pas de me demander : qui suis-je pour émettre des avis et des jugements ? Comment favoriser des espaces et des temps plus intégrateurs et humains ? Comment modifier les systèmes de croyances pour parier que toute personne peut ? Et j'entre en contradictions continues avec ce qu'on attend de moi, avec ce que je dois faire et avec ce que j'aimerais vraiment faire. Et ainsi je navigue dans cette mer de contradictions, cherchant de nouvelles îles où nous réinventer...»
Témoignage 2 - Carmen Saavedra :— Quand Antón était en maternelle, sa mobilité était très limitée et il ne pouvait pas monter et descendre les escaliers. Alors, il devait recourir à l'ascenseur à certains moments, lorsqu'il devait se déplacer hors de la classe.
Sa professeure de maternelle, de plus, qui est la personne avec qui j'ai tout appris sur l'éducation, voulait éviter une image très assumée, étendue, normalisée dans nos écoles, qui est de voir la majorité de la classe, d'un côté, avec la tutrice et les élèves en situation de handicap de l'autre, avec l'auxiliaire technique éducatif, avec le soignant ou la soignante. Et elle voulait faire prendre conscience qu'aucun enfant de sa classe ne pense qu'elle était la tutrice de tous les enfants, sauf d'Antón, ou qu'Antón avait d'autres adultes responsables de lui.
Alors, pour ce faire, elle a évité que, chaque fois qu'Antón, parce qu'il n'y avait pas d'autre remède, se déplaçait dans un endroit différent de la majorité, il soit toujours accompagné d'autres enfants. L'ascenseur était l'un de ces endroits, tout comme il est devenu un privilège et la classe de Daniela... est l'endroit le plus démocratique de la Terre, tout y est régi par des règles. Sans règles qui nous égalisent tous et que tous nous respections de la même manière, il n'y a pas de justice sociale. Comme accompagner Antón à l'ascenseur est devenu un privilège et non une obligation, et que tous voulaient l'accompagner tous les jours, ils ont établi des tours. Un jour, ils se sont embrouillés : normalement, quatre camarades l'accompagnaient, et ce jour-là, ils étaient cinq devant la porte de l'ascenseur. Elle leur a dit : « Vous ne pouvez être que quatre et vous êtes cinq, je vous laisse un moment pour délibérer, pour y réfléchir et décider qui doit rester dehors et prendre les escaliers ». Alors, elle les a laissés parler et, après un moment, elle est allée voir quel avait été le verdict. Le porte-parole du groupe lui a dit : « Nous en avons parlé et nous avons décidé que celui qui ne peut pas prendre l'ascenseur est Antón parce qu'il le prend déjà tous les jours ».
Quand elle me l'a raconté, j'ai eu envie de pleurer. Elle disait, en plus, qu'Antón était là, tout fier à côté, avec une petite mine disant « eh bien, ils ont raison ». Cette anecdote de l'ascenseur est merveilleuse et raconte tellement de choses... Je me demande : que s'est-il passé ces 6 ou 7 dernières années, non seulement dans nos écoles, mais aussi dans nos maisons, nos parcs, nos rues ? Que s'est-il passé pour que ces enfants qui ne voyaient aucune différence entre eux et leur camarade en situation de handicap, que s'est-il passé pour que 7 ans plus tard, ils l'ignorent et ne sentent pas qu'il fait partie de leur monde ? J'ai la quasi-certitude que les enfants naissent sans préjugés et mon idée est :
Que pourrions-nous faire pour ne pas changer cette absence de préjugés avec laquelle naissent tous les enfants ? J'en suis convaincue, et que les enfants de l'ascenseur ne changent pas au fil du temps.
Témoignage 3 - Paula Verde :—Bonjour, je m'appelle Paula, et je suis maman de trois enfants. Les trois fréquentent une école ordinaire et l'un d'eux occupe une place de soutien éducatif pour besoins spécifiques. Celui qui occupe cette place s'appelle Héctor, et il a un diagnostic de trouble du spectre autistique. Il a mis beaucoup de temps à parler et, à ce jour, il a encore beaucoup de difficultés. Chaque jour, il dit plus de mots, mais il a du mal. Cependant, il est en deuxième année primaire, avec ses soutiens. Son soutien fondamental pour nous est la personne qui s'occupe de lui, c'est presque le rouage essentiel pour qu'Héctor soit dans l'école ordinaire. Sur le plan académique, Héctor diffère peu de ses camarades, il sait lire, écrire, additionner, et il écrit ses propres histoires. Alors, je suis consciente de toutes les choses positives, Héctor participe même à des activités de musique et à la ludothèque en dehors de l'école. Tous sont capables de voir les qualités positives, et parfois, de la part des équipes d'orientation, ce que je remarque, c'est qu'ils essaient de nous transmettre tout ce qu'ils ne sont pas capables de faire, plutôt que ce qu'ils sont capables de faire. Je pense qu'il faudrait valoriser ou donner des outils pour surmonter tous ces handicaps qu'ils ont, plutôt que de nous raconter ce que nous savons déjà, « qu'ils ne peuvent pas faire ceci, qu'ils ne peuvent pas faire cela… » Et encore moins nous dire qu'« ils ne sont pas capables de », car si Héctor a fait tout ce qu'il a fait jusqu'à présent, c'est parce que c'est possible, et parce que cela représente un mérite énorme.
Alors, il a eu deux tutrices extraordinaires. Nous dépendons toujours de la réalité du professionnel que l'on rencontre et du centre. Dans notre cas, la chance a été de notre côté, nous ne savons pas comment sera l'avenir ou notre quotidien. Mais ce que j'ai très clair, c'est qu'il n'y a aucun centre qui ne soit pas ordinaire où Héctor puisse apprendre plus que ce qu'il apprend. Ce qui serait vraiment dommage, ce serait qu'on lui enlève la possibilité d'être avec ce qui est aujourd'hui, quelque chose de fondamental pour nous, c'est le groupe de référence, cette classe qui est un exemple de coexistence, qui nous donne des leçons tous les jours et qui est un peu ce qui me donne de l'énergie chaque jour.
I.C. :—Deux petites choses avant de commencer. Je viens de partager le lien dustreamingsur le réseau. Si vous le partagez, les gens pourront accéder à la vidéo de ce moment.
La séance s'ouvre et nous commençons à écouter des mots, à commenter ce que nous avons vécu en regardant ces vidéos, sur notre avis concernant la situation de l'orientation actuellement, sur nos expériences… Je voulais dire une chose, et c'est que nous devons être très disciplinés, surtout disciplinés avec le temps. Nous sommes beaucoup de monde et nous avons très peu de temps. Nous devons être disciplinés et comprendre que les interventions doivent être très courtes, deux minutes au début, deux minutes maximum.
Audiodescription [AD] :Les personnes du groupe assistant prennent la parole l'une après l'autre, prenant le micro et parlant à tour de rôle.
Carmen Morales :— Bonjour, bonjour, je m'appelle Carmen Morales. Mon fils a maintenant 23 ans. Pour résumer, mon impression est que, toujours sous l'orientation des écoles, des équipes, des EOE (Services d'Orientation Éducative), des professeurs de soutien, des tuteurs, on lui a toujours dit : « Ton fils n'est pas capable de... ». Quand il est entré en maternelle, la professeure (que je n'aimais pas beaucoup), bon, on empatise ou on n'empatise pas avec les gens, c'est une réalité, ensuite on peut être un bon professionnel ou pas, l'empathie est fondamentale pour moi. Je suis arrivée un jour en classe, le garçon avait trois ans, une paralysie cérébrale, à quatre ans il marchait, mais avant non, et la professeure me dit : « Ton fils, Carmen, il a une aversion pour le crayon ». Et moi, qui ai du caractère, je lui ai dit : « Laura, de huit heures à trois heures, je suis à mon travail ». Regarde ce que Carmen Morales, qui est d'ailleurs professeure d'éducation spéciale, lui a dit. Ils auraient pu me dire : « Écoute Carmen, nous avons pensé que, pourquoi pas à la maison… ? », mais pas me dire que le garçon a une aversion pour le crayon… À l'école, il y a des professionnels qui doivent m'orienter sur ce que je dois faire chez moi.
Ensuite, il a aussi mis beaucoup de temps à apprendre à lire et écrire, je suis allée me plaindre car en trois ans, on lui avait proposé huit méthodes de lecture, alors bon, tout apprentissage demande beaucoup de travail, toute personne qui passe son permis de conduire, si on lui change de voiture, elle n'apprend pas, comment prétends-tu qu'un enfant apprenne avec huit méthodes de lecture et écriture.
(Applaudissements)
Alejandro Calleja :— Bonjour, je m'appelle Alejandro Calleja, père de Rubén. Comme nous le disions, hier, cela faisait trois ans sur la conférence sur l'éducation inclusive et le droit à la réalité. Alors, nous sommes plus ou moins dans la même situation. Parfois, il semble que nous allons un peu en arrière, mais je crois que nous avons beaucoup approfondi ; le fait que nous soyons ici, que nous ayons tous un intérêt, professionnels et familles. Ce que je veux, c'est sortir de cette journée avec une proposition positive pour les professionnels et surtout pour les familles, savoir qu'il existe des outils, savoir que nous avons des instruments pour défendre le droit et la dignité de nos enfants, c'est ce que nous apportons avec nos sept années d'expérience dans cette lutte. Je crois qu'ensemble, ce sera une journée formidable. Merci.
(Applaudissements)
Antonio Guerrero :— Bonjour, bonjour. Je m'appelle Antonio Guerrero. Je suis président de la plateforme de soutien précoce d'Andalousie. Nous avons vu une réalité, d'Huelva à Almería, et je rejoins le message. Nous constatons chaque jour qu'il est possible de maintenir les enfants dans la modalité adéquate. Nous constatons, jour après jour, que c'est possible ; en travaillant beaucoup, en faisant beaucoup de pression, parfois même en allant au parquet des mineurs, en nous battant pour le droit des enfants. L'intérêt supérieur de l'enfant prime sur tout. Je souscris à ce message auquel toutes les familles doivent nous accrocher aujourd'hui. Ce n'est pas que nous pensions que c'est peut-être possible, c'est que c'est déjà possible. Mon téléphone, le nôtre, est sur le site de soutien précoce. Pour tout ce dont vous avez besoin, s'il vous plaît, contactez-nous. Ce que nous essayons, c'est de rassembler tout le collectif de toute l'Andalousie, pour que nous soyons une seule voix. La semaine dernière à Malaga, ils ont clôturé une journée pour psychologues afin qu'ils donnent des ateliers aux familles pour connaître les premières familles, il y avait un invité qui allait me faciliter les quatre-vingt-cinq associations de handicap à Malaga, et je disais je ne veux pas quatre-vingt-cinq adresses, je n'en veux qu'une, je nous veux tous rassemblés, l'administration s'intéresse à la dyslexie, d'un côté, à Down de l'autre, à la SLA de l'autre. La diversité nous rend tous égaux dans la diversité ; le message est que ce n'est pas que ce ne soit pas possible, c'est que c'est déjà possible. Merci.
(Applaudissements)
Paco Serrano :— Bonjour, je m'appelle Paco Serrano. Je suis enseignant en éducation infantile, pédagogue et père d'un petit garçon de trois ans qui est actuellement suivi par le service d'orientation. Je m'adresse à l'un des collègues qui sont déjà intervenus. J'aimerais vous inviter tous, collègues de la communauté éducative, que nous soyons parents, enseignants, conseillers d'orientation, à ce que le ton que nous utilisons aujourd'hui soit le plus positif possible, car ceux d'entre nous qui sommes ici savent que tout était pire il y a quelque temps, que les choses se sont améliorées depuis un certain temps, et nous savons que ce qui existe actuellement, aujourd'hui, peut être amélioré, l'éducation, l'orientation en général est perfectible, chacun dans son domaine, de son point de vue. Alors, j'aimerais vraiment, en partant d'ici ce soir à neuf heures de ce Workshop, ne pas être anéanti moralement, je ne voudrais pas. Je ne suis pas venu ici pour ça, j'aimerais que nous partions tous d'ici avec beaucoup d'énergie et avec tous les fils que chacun, à sa manière, peut tirer, avec tous les fils bien attachés, et comme l'a dit le collègue, qu'à partir de ces fils nous fassions une seule corde pour que nous allions tous ensemble à partir d'aujourd'hui et dès aujourd'hui. J'espère que cela se produira.
(Applaudissements)
Ana Solsona :— Bonjour, je suis Ana Solsona. Je suis la mère d'Aleix, qui est ici avec nous, et il a 21 ans. En deux minutes, il est très difficile de retracer le parcours que nous avons tous les parents, à 21 ans, imaginez. Je suis d'accord pour dire que nous sommes venus ici pour essayer de tirer quelque chose de positif, et je suis avec la mère d'Héctor, Paula Verde, qui dit que depuis l'ordinaire, nous devons avancer, malgré toutes les difficultés que rencontrent nos enfants, nous devons essayer qu'ils soient là avec tous les soutiens dont ils ont besoin, même si c'est dur, nous devons nous battre à partir de là, car de l'exclusion, à la fin, on se retrouve dans le néant. Je suppose qu'au cours de la journée, nous recueillerons plus de choses et en tirerons des aspects positifs. Merci.
(Applaudissements)
Virginia :— Bonjour, je m'appelle Virginia. J'ai un fils de 13 ans. De tout ce que vous avez dit, et même si cela concerne le domaine de l'éducation, il est inévitable de se placer les uns par rapport aux autres, même si nous devons avancer ensemble. Je pense que tous les parents ont souffert d'une manière ou d'une autre de nombreuses choses qui nous sont arrivées tout au long du parcours de nos enfants. Inévitablement, nous devons avancer ensemble, mais nous avons une partie très douloureuse que nous ne pourrons pas éviter.
Je m'émeus car cette semaine, j'ai reçu l'évaluation psychopédagogique de mon fils. Je trouve très important ce qui a été dit précédemment, ils profitent, et je le dis tel quel, des différences que nous avons à penser si mon fils est plus handicapé ou non, et l'administration utilise nos différences, car il nous faut beaucoup de temps pour apprendre à avoir un regard différent sur ceux qui sont plus handicapés que les nôtres, car ce sont eux qui nous apprennent à avoir ce regard. C'est la manière de nous donner du pouvoir et de croire que nous ne sommes pas très différents de ceux qui sont normaux, c'est la réalité.
Une autre partie qui me semble fondamentale est que ceux qui sont ici sont très favorables à l'inclusion, mais il y a beaucoup de parents qui ignorent tout ce qui se passe, car ils continuent de croire que l'administration et les enseignants ne leur diront rien de très différent, c'est-à-dire qu'ils ne penseront pas d'une manière ou d'une autre qu'ils sont trompés. Et, pardonnez-moi, j'ai eu un repas de famille samedi où il y avait ma belle-sœur et ma nièce, qui a une dyslexie, elle a 15 ans, elle doit faire les choses très spatialement, et elle me racontait que sa professeure de langue lui avait dit qu'elle ne pouvait pas passer ses examens. Et je lui ai dit : « Sara, la loi te permet de demander une copie de l'examen et de l'emporter à la maison ». Beaucoup de gens ne connaissent ni les droits que nous avons, ni ce qu'on nous dit, alors la seule façon de devenir forts est de nous unir et que l'information parvienne à tous les parents, car sinon nous ne sommes qu'une petite partie d'un groupe de personnes qui ne connaissent pas les choses, et cela suffit à tous les autres pour nous réduire.
Le rapport psychopédagogique de mon fils, qu'on m'a remis ce jeudi, est curieux et il est frappant qu'ils aient oublié de mentionner la phrase de sa docteure indiquant qu'il a l'autonomie nécessaire pour les activités de base de la vie quotidienne, datant de 2018, de ce mois de janvier, mais ils n'ont pas oublié de mentionner un rapport de 2016 dans lequel la personne qui l'a envoyé dit qu'il a besoin d'aide pour s'habiller. Vous me pardonnerez, mais cela n'est pas oublié si ce n'est pas dans un but précis, et c'est une réalité qui m'est arrivée il y a trois jours, alors ouvrons les yeux, telle est la réalité.
(Applaudissements)
Mónica :— Bonjour, je m'appelle Mónica, je suis la maman de Nico, un garçon de 8 ans. Nous avons 4 ans de vie scolaire, je pourrais raconter beaucoup de choses. Sur l'approche de l'orientation, je dois dire quelque chose qui m'a énormément surprise. Quand il a terminé la maternelle dans une modalité B, une classe ordinaire avec ses soutiens, il y a un passage au primaire où, presque par règle générale, ils finissent dans des classes spécifiques. Je me souviens qu'après l'évaluation faite par l'orientatrice, elle me disait : « Comme Nico n'a pas encore de diagnostic clair, je ne sais pas quoi lui mettre ». Et je lui disais que cela n'avait pas beaucoup d'importance, c'est-à-dire, à quoi sert l'évaluation, je comprends que ce que vous cherchez, c'est une réponse éducative adéquate pour mon fils, et elle me disait « Non, mais je dois le classer quelque part, on m'oblige à mettre quelque chose ici dans l'ordinateur, et qu'est-ce que je mets ? ». Et je lui disais qu'il avait des rapports médicaux de professionnels, le vôtre, finalement elle a fini par appeler l'équipe spécifique autisme de la délégation, et après quinze minutes, elle l'a classé là pour pouvoir mettre une case et que mon fils ait une étiquette, je la regardais et je lui disais que cela ne le faisait pas pour donner une réponse éducative adéquate aux besoins de mon fils ; cela me paraissait si surprenant parce qu'à ce moment-là, j'ai réalisé que mon fils n'était pas humain, c'est-à-dire, elle l'a déshumanisé, ce qui importait, c'était de lui donner un nom pour le mettre dans une classe spécifique Pluri ou TSA, dans une classe spécifique, ici ou là, mais pas parce qu'il en avait besoin, mais parce qu'elle avait besoin de lui donner, on l'obligeait à mettre une étiquette sur mon fils. C'est ce qui m'a le plus blessée parce que mon fils n'existait pas. Ce n'était pas Nico, c'était une étiquette qu'ils devaient mettre pour une démarche administrative, sans à aucun moment chercher ce dont mon fils avait besoin.
(Applaudissements)
Diana Farzaneh :— Bonjour, je suis Diana Farzaneh. Je suis enseignante. Ce qui m'intéresse le plus dans tout cela, c'est que je vois comment les familles et certains professionnels, malheureusement, pas encore tous, avons un regard très différent sur les personnes qui ont un handicap. Ce qui m'intéresse le plus, c'est que je crois que la clé réside dans le fait que les professionnels de l'éducation, qu'ils soient de l'orientation, toute personne qui travaille avec les enfants dans les écoles, changent leur regard, passant de voir des personnes incapables, des personnes avec des étiquettes, des handicaps, des difficultés, à voir simplement des personnes. Je crois que sur ce sur quoi nous devrions nous concentrer, surtout les professionnels de l'éducation, c'est sur le changement de regard, car à partir de là, nous pouvons commencer à travailler et à changer la société dans laquelle nous vivons, ce qui est aussi nécessaire, en partant de l'école. L'école est le moteur du changement. Merci.
(Applaudissements)
Ana :— Bonjour à tous, je m'appelle Ana, maman d'une petite fille de six ans nommée Luna. Je souhaite partager brièvement mon expérience, très positive concernant l'orientation. Merci à l'orientatrice du centre où était ma fille l'année dernière. Ma fille était en grande section l'année dernière, et il fallait faire le diagnostic pour passer en primaire. Ma fille était scolarisée à Las Flores, une école ici à Malaga qui compte trois classes spécifiques. Au début de l'année, jusqu'en octobre, tout s'est merveilleusement passé, comme les trois premières années de la vie de Luna. À partir d'octobre, des rapports négatifs sur les capacités de ma fille ont commencé à arriver, et ma fille était toujours la même, rien n'avait changé chez elle, qu'est-ce qui s'est passé ? L'orientatrice m'a appelée, m'a dit personnellement : « Ana, ne le dis à personne, mais je veux te rencontrer ». Nous nous sommes donc rencontrés un peu à huis clos, car c'était très compliqué à comprendre, que l'orientatrice parle directement à la mère de la petite fille, et elle me dit : « Il y a un problème administratif dans ce centre. L'année prochaine, ils vont fermer une classe spécifique, car ils n'auront plus d'élèves, et bien sûr, pour qu'une personne extérieure avec une réalité plus complexe vienne, il est préférable que Luna, qui ne pose aucun problème, qui est une enfant joyeuse, sans problèmes de comportement, passe en modalité C, comme ça, sans raison », alors elle est obligée de faire plein de rapports négatifs sur ma fille. Elle refuse catégoriquement, bien sûr, car elle rend visite à Luna en classe et ne voit aucun problème. De plus, elle demande qu'on lui accorde, s'il vous plaît, une prolongation une fois de plus en troisième année de maternelle pour qu'elle puisse mûrir et tout ça… Au final, Luna, grâce à l'orientatrice de ce centre, reste en modalité B, bien sûr, j'ai retiré ma fille de ce centre éducatif où ses capacités n'étaient plus vues, et où tout le monde avait commencé à voir Luna comme quelque chose de totalement différent, et je l'ai emmenée dans un centre où il n'y a pas de classes spécifiques du tout, à l'école Nuestra Señora de Gracia, où Luna est actuellement, intégrée, incluse, merveilleusement, avec tous ses soutiens et une monitrice, une excellente assistante sociale qui l'aide au quotidien, et je suis très heureuse. Je voulais juste dire ça.
(Applaudissements)
Maite :— Bonjour, mon nom est Maite, je suis la mère d'un garçon de 12 ans qui a de l'autisme et qui est dans une classe spécifique. Je ne vais pas parler de ma vie, je vais juste vous dire que la figure de l'orientateur a été très négative dans ma vie, car l'orientateur est éloigné de la réalité, il vit dans un autre monde. L'enfant ne doit pas s'approcher de l'école, c'est l'école qui doit s'approcher des familles et de l'enfant. Alors, quand vous utiliserez votre cœur, vous utiliserez votre intelligence, car quand un problème de comportement survient, vous ne verrez pas un problème de comportement, vous chercherez le pourquoi, pas comme m'a dit une personne : « Elle a fait ça, sans aucune raison ». Quand nous utiliserons notre cœur, nous verrons non pas un enfant avec un diagnostic, mais une personne et nous voudrons l'aider. Alors, j'espère que, d'ici, de cette rencontre, il ressortira que le cœur est fondamental, la main tendue aux parents est fondamentale pour que cela continue, bon, la classe spécifique doit changer un peu, et pour cela, l'union de tous est nécessaire, car sinon l'administration nous dira qu'il n'y a pas d'argent. C'est tout, merci.
(Applaudissements)
Esther Gómez :— Bonjour à tous, et bienvenue. Mon nom est Esther et je suis étudiante à l'Université de Malaga. Nous regardons Twitter et le en direct , et nous regardons les commentaires que les gens font sur ce dont nous parlons aujourd'hui ici, donc pour leur donner la parole et que tout le monde puisse les entendre et participer à cet Atelier, nous allons lire certains des commentaires :
Paula dit que l'information doit parvenir à toutes les familles et qu'il y a beaucoup de désinformation de la part de l'administration.
Laura nous a fait part que nous accompagnons en tant que parents sur le spectre autistique nos enfants à diversité fonctionnelle dans le milieu scolaire, et nous demande comment nous pouvons créer des canaux de communication pour ce défi de l'inclusion.
Carmen Ocaña nous commente qu'il y a beaucoup de visages familiers dans cet Atelier, beaucoup de douleur et de souffrance dans chaque histoire, beaucoup d'impuissance. Que nous sommes ensemble et luttons pour une éducation digne et dans l'égalité.
Francisco Urbano nous dit qu'en situation d'exclusion, on ne trouve que le néant, faisant référence à des commentaires précédents.
Javier Herrera :— Bonjour, bon après-midi, je suis Javier Herrera. Pardonnez-moi si je m'émeus, mais j'ai les émotions à fleur de peau. J'ai les émotions ainsi parce que je crois et je sens que quelque chose est en train de changer, à partir du moment où nous pouvons nous asseoir ensemble et en parler et générer un changement dans la société. Je suis président de l'association Petales España. Je peux juste vous dire que pour moi, cette rencontre représente un (intelligible) non seulement pour les outils concrets que nous aurons, les idées qu'ont évoquées Álvaro et Antonio, mais que tout cela est un outil de plus pour intégrer la perspective des droits comme outil.
Par ailleurs, il y a la sensibilisation de toute la société, c'est-à-dire, si nous ne convainquons pas chacun des parents, chacun des gens avec qui nos enfants vivent, nous ne pourrons jamais atteindre cet objectif, c'est une fonction que nous devons remplir coûte que coûte et que nous ne pourrons remplir que de manière positive. Je suis convaincu qu'ici vont émerger de bons outils pour cela, et voilà, je vous remercie tous.
(Applaudissements)
Rocío :—Bonjour, je m'appelle Rocío et j'aimerais apporter un éclairage. Je suis la sœur d'une femme merveilleuse qui fête ses 44 ans ce dimanche. Elle a eu une hypoxie au moment de l'accouchement et a des capacités différentes. Quand cela s'est produit il y a si longtemps, mes parents ont dû quitter leur village. Le mieux qu'ils aient trouvé a été une école privée pour que ma sœur puisse être assise à une table à côté du professeur. Aujourd'hui, je suis ergothérapeute, je travaille comme assistante à l'intégration dans la classe d'enfants diagnostiqués de TSA. Ce que je constate, c'est que, souvent, les professeurs veulent, ils veulent, mais ils me disent : « Écoutez, je ne sais pas comment faire ». Donc, créer une ressource pour que ces professeurs qui sont vraiment impliqués puissent avoir une ressource de formation, parce qu'ils le veulent. Au final, nous nous retrouvons avec les problèmes dont beaucoup de parents ont parlé, c'est que nous devons attendre qu'il y ait un cœur derrière le professionnel. Indépendamment du rôle, qu'il soit celui d'un conseiller ou d'un professeur, nous attendons qu'il y ait un cœur derrière qui empatisse avec ce que vous voulez.
Je ne sais pas si j'ai oublié quelque chose. Simplement, dire qu'en ce qui concerne l'administration et la paperasserie, pour ainsi dire, il faudrait changer l'usage du langage, il suffit de changer quelques mots par d'autres, il y a des mots qui font beaucoup de mal. Un père qui reçoit le diagnostic, le pire qu'il puisse faire est d'aller sur internet, car le monde s'écroule. Chercher ce mot, ce qu'il signifie, tout est négatif. Il faut prêter une attention détaillée au langage. Merci.
(Applaudissements)
Carmen Máximo :—Bonjour, je m'appelle Carmen, je suis professeure de soutien. Je voulais vous dire que je suis professeure de soutien au secondaire et que je n'ai reçu aucune formation pédagogique. Je vous le dis parce que j'ai écouté tous les témoignages et je voulais faire deux précisions que je pourrai ensuite développer dans les groupes où nous travaillerons. Je sais que la plupart des familles sont en primaire, mais quand on arrive au secondaire, les professeurs ont la formation pédagogique qu'ils ont reçue dans un master, même si nous sommes techniciens, même si cela ne nous était même pas exigé. Je travaille depuis 15 ans au département d'orientation en tant que professeure de soutien dans le domaine scientifique et technologique pour les élèves, dans ce cas, malentendants, mais je travaille en étroite collaboration avec des conseillers et d'autres collègues, PT et autres professeurs de soutien, et je voulais souligner surtout deux choses.
La première, je suis totalement d'accord avec ce qui a été dit sur les étiquettes, car si l'évaluation a un sens, c'est pour apporter une réponse éducative, sinon elle n'a pas de sens. Deuxièmement, il y a beaucoup d'orientateurs ici et je travaille avec un orientateur dans mon centre : il y a deux mille élèves, les orientateurs doivent avoir cette formation pédagogique, et c'est vrai et j'en appelle à des pratiques humanisantes et à ce que les personnes aient un cœur, mais, quand nous ne trouvons pas ce cœur, il y a les droits, et alors je comprends que l'information telle que le disent les collègues est fondamentale. D'abord, on demande les choses, on les explique, on nous les présente et on demande une attention, mais nous ne sommes pas, comment dire ?… en train de mendier quoi que ce soit. Quand nous allons dans un département d'orientation et que nous trouvons un professionnel, ce que nous devons trouver est une réponse humaine, et si elle n'est pas donnée, il faut l'exiger, car en l'exigeant pour nos enfants, et d'autres enfants d'autres écoles et d'autres enseignants seront pris en charge, car face à la formation, la direction pédagogique, la direction pédagogique qu'ici il y a beaucoup d'orientateurs, c'est l'orientation qui la mène, et bien sûr la direction pédagogique du centre car vous devez tenir compte du fait que la réponse à vos enfants ne dépend pas seulement de la PT ou de l'orientateur, mais de l'implication que ce centre a dans cette inclusion, et, par conséquent, moi le thème de l'orientation, des familles et de l'exigence des droits quand on ne nous écoute pas est fondamental. Merci beaucoup.
(Applaudissements)
Beatriz Domene :— Bonjour, je suis Bea, Beatriz, mère d'un enfant atteint du syndrome de Williams. De plus, je suis enseignante en éducation infantile et mon mari est enseignant d'éducation physique dans le centre où se trouve mon fils. J'ai donc plusieurs rôles, disons. Je me sens très identifiée à beaucoup de choses que vous disiez. Je voulais reprendre ce qu'a dit Rocío sur le fait que cela dépend des tuteurs. L'autre jour, par exemple, j'étais dans une équipe technique avec l'orientatrice de mon centre, alors je lui ai demandé. En donnant des directives aux enseignants de mon fils, j'ai cru qu'elle supervisait d'une manière ou d'une autre ce qui était fait. Alors, elle m'a dit : « Oui, mais si les tuteurs ne veulent pas ou ne sont pas disposés… ». Alors, de qui dépend que le droit de mon fils et de tous les autres enfants à une éducation digne soit respecté ? D'autre part, la direction pédagogique doit aussi veiller à cela, mais il se trouve que la direction pédagogique qui, dans ce cas, par exemple, sont des amis à nous, disent la même chose : « Si le tuteur n'est pas disposé… ». Alors nous sommes perdus. Nous, par exemple, dans les tutorats, nous réussissons à faire venir presque toute l'équipe enseignante, parce que nous sommes dans le centre, mais qu'en est-il des autres enfants dont les parents n'ont pas cet accès ? Même ainsi, bien sûr, nous sommes mieux qu'il y a quelques décennies.
(Applaudissements)
Belén Jurado :— Bonjour, je suis Belén Jurado, mère de Lucía, une fillette autiste de 10 ans. J'ai aussi un frère atteint de schizophrénie qui, à l'époque, à 20 ans, a été expulsé de son école directement. On lui a dit : « Tu ne peux pas être ici », et c'est tout, il n'y a pas eu d'autre opportunité. Il est vrai que les choses ont changé, je ne pense pas beaucoup, mais elles ont changé. Notre expérience n'a pas été bonne du tout, peut-être pas tant avec les conseillers d'orientation, mais avec les professeurs principaux. C'est ce que vous dites, ils ne savent pas comment faire. Je pense que, d'abord, il faudrait regarder la personne avant de regarder l'étiquette, et cela ne se fait jamais. Alors, on met des étiquettes, une, une autre, une autre… Mon expérience a été que Lucía a passé trois ans dans une classe TEA et n'est entrée dans la classe ordinaire que quelques minutes. Cette professeure démissionne et une autre arrive qui semble vouloir qu'elle y entre, et Lucía entre. Ce que cela m'a dit, c'est que, selon le professeur qu'elle avait, elle aurait droit à une éducation. Je ne dis pas que les classes TEA sont inclusives parce que je ne le crois pas, mais bon, selon le professeur qu'elle avait à ce moment-là, ma fille pouvait ou ne pouvait pas. Pendant les mois où cette fille était absente, Lucía a démontré qu'elle pouvait être là, a montré qu'elle allait bien et a montré qu'elle pouvait faire ses devoirs comme n'importe quel enfant. Quand l'autre professeure est revenue, tout s'est arrêté à nouveau. Mon expérience est que, selon le tuteur, selon le critère du tuteur, Lucía a une éducation digne, de qualité ou non.
(Applaudissements)
Lola Berenguer :— Bonjour, je suis Lola et je suis enseignante en primaire, j'ai une fille atteinte de paralysie cérébrale et elle est née dans les années 80. Mon objectif principal depuis le début était qu'elle soit dans un centre ordinaire, en modalité B, et j'ai lutté, enfin, mon mari et moi avons lutté, car à l'époque, on ne comprenait pas très bien cela et elle allait très bien. La maternelle a été une étape fantastique, elle est passée au primaire et a commencé à devenir un fardeau dans la classe et nous avons abandonné en cinquième. Quand elle est arrivée en sixième primaire, nous avons abandonné. Elle avait toujours été avec moi dans l'école où j'ai travaillé. Nous avons abandonné, j'ai été très déçue quand je l'ai vue dans les circonstances où elle était, dans la classe, faisant de la pâte à modeler d'une seule main. On m'a proposé de la mettre dans une classe spécifique ou de l'emmener dans une école d'éducation spéciale. Maintenant, elle est dans une école d'éducation spéciale, très bien suivie, très heureuse. Ma lutte continue avec elle pour son intégration sociale, elle est dans la classe depuis de nombreuses années, et elle est très observatrice. Je vois que dans les écoles, nous n'avons pas les possibilités que nous devrions avoir, qu'il y a peut-être des gens qui ne savent pas ou ne s'y intéressent pas, mais qu'il y a des gens, des enseignants, qui ont beaucoup de talent, mais il n'y a pas de ressources. J'ai toujours dit à ces collègues qui étaient intéressés que je pense que le problème n'est pas que nous le voulions ou non, c'est qu'on ne nous offre pas, et je parle maintenant en tant qu'enseignante, l'opportunité d'avoir les ressources pour tout ce que nous voulons faire.
Le trimestre dernier, on a amené un enfant avec une problématique sociale très compliquée. On l'a mis en deuxième avec une collègue admirable. C'était un enfant qui s'échappait de classe et il fallait courir après lui dans les couloirs pour le retrouver. Nous ne savions pas où il était. Toute l'équipe, l'orthophoniste, la logopède, après avoir servi tout le collège, devaient s'occuper de ce garçon. Nous avons demandé qu'on nous apporte un accompagnateur pour qu'il puisse être pris en charge. Vous savez comment l'histoire s'est terminée ? L'enfant est parti de l'école, on a changé sa modalité d'éducation, il est maintenant dans une classe d'intégration dans une autre école du village, et voilà, on s'est débarrassé du problème, car il ne s'appelle pas enfant, il s'appelle problème. Merci.
(Applaudissements)
Audiodescripción [AD]: Les interventions des personnes participantes à l'atelier se poursuivent.
Estela Martín :— Bonjour, je m'appelle Estela, je suis la mère de Víctor. Il a 19 ans et il est dans une classe spécifique au lycée, mais en tant qu'enfant, pas en tant que personne de 19 ans, avec des intérêts de 19 ans. Même s'il ne lit pas, n'écrit pas ou ne peut pas parler, ses intérêts sont ceux d'un garçon de 19 ans, nous ne pouvons pas l'oublier. Il aime le lycée parce qu'il aime être avec les gens, il est très sociable, tout Alhaurín le connaît, même la police d'Alhaurín. Plus mon fils est protégé, plus il le sera dans aucun centre. Nos enfants doivent être dans la rue, leurs voisins doivent les connaître, cela pour commencer.
Mon fils, depuis la deuxième ou troisième année de primaire, n'a pas eu de certificat médical. C'est le neurologue lui-même qui m'a donné la clé : les diagnostics médicaux sont intimes et, par conséquent, ils n'ont pas à aller au centre si vous ne le souhaitez pas, ils n'ont aucune possibilité de vous exiger le diagnostic. Le diagnostic de l'école doit être pédagogique, pas clinique. À partir de ce moment-là, quand on me disait : « Hé, tu n'as pas ramené le certificat », je lui disais que je le lui apporterais demain, et ce depuis au moins 10 ans. « Je te l'apporte demain… » Il ne me l'ont plus demandé, en plus, Víctor n'a plus eu besoin d'aller chez le neurologue.
Tant que nous continuerons à parler de capacité et à voir l'école comme un moyen d'arriver au travail, ce à quoi elle sert maintenant, mais ce n'est pas le cas, le système doit être là pour nous développer en tant que personnes.
(Applaudissements)
Isabel :— Bonjour, je m'appelle Isabel, je suis très émue et en même temps très nerveuse, donc si je ne m'explique pas bien en deux minutes, c'est pour ça. Je suis mère de deux enfants. Je suis aussi conseillère d'orientation. Votre douleur me fait mal, en tant qu'institution, car l'école me fait mal et je crois en l'institution… excusez-moi, je m'émeus. Je crois aux enfants, je crois à l'enfance de tous et pas seulement à celle des enfants qui vous touchent et vous font souffrir. Je ne pense pas que l'école soit pour aucun enfant, ni même pour (inintelligible). Je ne pense pas qu'il y ait ce respect entre les secteurs qui forment cette communauté qui n'est pas une communauté, qui n'est pas en commun ; qui sont les familles et les professeurs si vous voulez faire les choses autrement. Je veux faire les choses différemment. Parfois, je ne sais même pas quoi faire (inintelligible).
(Applaudissements)
Audiodescripción [AD]: Les interventions des personnes présentes à l'atelier se poursuivent.
Susana Pérez :— Bonjour, je m'appelle Susana, je suis galicienne. Comme vous avez pu le constater, j'espère ne pas repartir d'ici avec une étiquette. C'est un grand effort d'être ici aujourd'hui, logiquement, cela me coûte assez cher, en vérité. Je suis enseignante en maternelle, je suis psychopédagogue, je ne travaille pas dans une école, je viens d'une association de personnes atteintes du syndrome de Down et de déficience intellectuelle, située à Ferrol. C'est une petite association, bien qu'elle ait été plus petite. Je travaille dans le domaine de l'éducation. Cela fait 14 ans que je suis dans l'association, ce qui représente une multitude d'histoires de souffrance derrière moi. Toutes les histoires que j'ai entendues ce matin sont des histoires que j'entends depuis toutes ces années.
Je pense que beaucoup de choses doivent changer. Je retiens cette partie selon laquelle, finalement, il est vrai que cela dépend de la volonté des personnes. J'ai vu comment les choses se passaient mal pendant une année scolaire, et l'année suivante, avec le même enseignant, et dans le même centre, les choses se passaient très bien, donc je retiens que c'est possible. Nous devons examiner ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas pour arrêter de le faire, car je pense aussi, et cela me semble très triste, qu'il existe une Convention relative aux droits des personnes handicapées. Comment est-il possible qu'à ce stade du XXIe siècle, nous soyons exposés à la volonté des personnes, c'est-à-dire que quelqu'un puisse avoir droit à une éducation digne et de qualité, dépende du fait que quelqu'un le veuille ou non ?
D'autre part, je tiens à dire qu'il est nécessaire de changer et d'intégrer cette définition de la déficience intellectuelle que nous donne la Convention relative aux droits des personnes handicapées, qui stipule que le handicap survient en relation avec l'environnement. Nous devons donc détourner l'attention des personnes et commencer à examiner quelles sont les barrières que l'environnement présente pour pouvoir s'adapter et participer dans des conditions d'égalité et d'égalité des chances. Je retiens aussi que j'ai entendu parler de nombreuses fois aujourd'hui d'« aulas especiales » (classes spéciales), ce qui me donne la chair de poule, car je ne pense pas qu'il doive y avoir de classes spéciales pour qui que ce soit. Nous devrions tous avoir le droit d'être dans les mêmes classes, tous ensemble, car lorsque ce n'est pas le cas, nous les mettons à l'écart et nous privons les autres personnes de l'opportunité de les connaître, d'apprendre à cohabiter et à les comprendre. Et, par conséquent, nous arrivons dehors, et bien sûr, le monde rencontre des personnes atteintes de déficience intellectuelle dans la rue et ne sait pas comment interagir avec elles, quelles sont leurs besoins, quels sont les soutiens dont elles ont besoin, ni rien du tout. Donc, tant qu'elles ne sont pas là, elles ne comptent pas, c'est pourquoi je vous encourage à continuer à vous battre, car elles ont besoin et doivent être là où se trouve le reste du monde.
Je pense que certains professeurs ont le droit de choisir s'ils veulent enseigner à un enfant ou non. Cela me semble terrible car les enfants n'ont pas le droit de choisir s'ils aiment un professeur ou non. Je pense que nous devons toujours nous souvenir de la question des droits, qu'ils existent. Nous devons nous y arrêter, car ils sont là pour une raison.
(Applaudissements)
Mirela :— Bonjour, je m'appelle Mirela, je viens d'Ibiza et je ne parlerai pas de mon fils, car en vous écoutant, le cas de mon fils est très léger. Je suis membre fondatrice d'une association sur l'île, dont les initiales sont APIES, Asociación Pitiusas por la Inclusión Educativa y Social. Nous y faisons précisément cela, informer les parents de leurs droits, des droits de leurs enfants, et l'une des choses que peu de parents connaissent, c'est qu'il existe des équipes d'orientation en dehors du domaine éducatif, par exemple, des associations qui peuvent les conseiller sur le chemin à suivre pour que leur enfant termine l'école. Il y a deux ans, un établissement spécial est arrivé sur l'île pour la première fois. Jusqu'à présent, nous étions le seul endroit où il n'y avait pas d'établissement spécial, mais avec l'arrivée de cet établissement spécial, les soutiens dans les établissements ordinaires ont également été réduits, c'est de là qu'est née APIES, et grâce à Nacho, qui est venu à notre présentation, il nous a un peu ouvert nos connaissances et nos yeux, car nous avons toujours eu peu, mais bien réparti, et maintenant il n'y a plus rien. Des enfants, pour la simple raison qu'ils ont une étiquette de l'orientation, on nous dit : « Il y a un établissement spécial ». Et ce n'est pas vrai, nous avons le droit en tant que parents de nous tromper, d'emmener nos enfants dans l'établissement que nous voulons, de leur donner un enseignement, et ils ont le droit et l'obligation de mettre les ressources et les soutiens pour que chacun ait son éducation de qualité, et dans des conditions.
Susana Pérez :— Je reprends le micro, car j'ai oublié de dire quelque chose. Je veux organiser une rencontre comme celle-ci, mais en Galice, c'est dit !
(Rires)
Carmen Morales :— Je vais répéter, car d'abord j'ai parlé en tant que mère et maintenant je veux parler en tant que présidente de SOLCOM. Nous sommes une association au niveau national qui défend les droits des personnes en situation de diversité fonctionnelle. Vous ne pouvez pas imaginer le nombre de cas que nous recevons concernant l'éducation avec des changements d'examens. Il y a une tendance nationale dans toutes les communautés autonomes d'enfants qui étaient dans des classes ordinaires et qui passent dans des classes spécifiques, c'est un véritable scandale, cela va à l'encontre de la Convention Internationale des Droits des Personnes Handicapées. Depuis SOLCOM, nous vous invitons chacun dans votre localité, vos associations, à vous réunir entre pairs, à chercher un bon avocat et à porter plainte, car le droit à l'éducation est un droit constitutionnel. Parfois, on essaie d'abord de parler avec l'établissement, et il y a des fois où l'établissement raisonne car les professionnels sont des êtres humains, les conseillers d'orientation sont des êtres humains et ont la même capacité de se tromper que nous. Et parfois, eh bien, en les amenant à réfléchir, ils changent. Il y a des occasions où la seule option qu'ils donnent obligatoirement est de référer l'enfant à un centre spécifique. Et il y a des gens qui acceptent parce qu'ils aiment ça et il faut respecter. Bien sûr, mais il faut aussi respecter mon opinion. Je ne veux pas que mon fils soit dans un établissement spécifique. Quand les équipes, la délégation et tout le monde s'obstinent, la seule formule est de porter plainte au tribunal. Et il y a déjà des jugements favorables en Espagne, qui peuvent être utilisés pour les cas de nos enfants. Le mien a été poursuivi l'année dernière pour une autre raison : il a été exclu de l'éducation parce qu'il avait 21 ans et un handicap. Vous pouvez également l'utiliser, il est sur la page de SOLCOM, nous avons l'habitude de publier les jugements. L'éducation est un droit et il faut se battre quand elle n'est pas reconnue. Nos enfants naissent avec un sac à dos sans droits et nous devons le porter toute notre vie, c'est une réalité. Alors, nous vous invitons non seulement à vous battre avec les conseillers d'orientation, qui se retrouvent souvent entre le marteau et l'enclume, mais aussi à porter plainte. Vous pouvez aller sur SOLCOM et nous consulter et nous pourrons vous orienter. Merci.
(Applaudissements)
Susana Fajardo:— Buenos días a todos, soy Susana Fajardo. Yo había escrito tres páginas de mi experiencia con el sistema educativo y la orientación en particular, pero me gustaría señalar dos cosas y contaros una experiencia. Primero, el tema de la sensibilidad y de tener corazón. Puedes tener sensibilidad o no tener sensibilidad, pero tienes que hacer tu trabajo, que es atender a todos los niños, y después si le quieres poner corazón o no le quiere poner corazón porque le sale o no le sale, pues bienvenido sea si lo haces con corazón, pero es tu trabajo y no puedes dejar de hacerlo.
Luego quiero llamar un poco la atención sobre una cuestión que a mí me parece muy importante: no tenemos sentido de pertenencia a un grupo, nadie quiere ser el padre del niño que no sabe leer ni escribir, y seguimos pensando que nos pasan cosas individuales, y venimos aquí y nos damos cuenta de que todas las experiencias tienen puntos en común. No vamos a ir a ningún lado mientras no sintamos que pertenecemos a un grupo y que pertenecemos a este grupo de padres y madres de niños que no saben leer ni escribir con trece, con 14, con 15, con 21 y con 50, y que todos tenemos que luchar por los derechos de todos.
Mi última experiencia con la orientación, la penúltima, fue cuando Víctor acabó sexto el año pasado. Durante todo sexto se estuvo haciendo el dictamen psicopedagógico, él ya estaba en combinada en cuarto. En Extremadura, hay una opción de escolarización combinada, que es acudir al centro ordinario unos días y al centro de educación especial otros días. Cuando él estaba en cuarto, por una tutora con la que no pudimos hacer nada, aceptamos la combinada y después vimos la realidad de la educación especial. Comparamos con la realidad del centro educativo ordinario, conocimos a una maravillosa tutora. No era que mi hijo tuviera problemas de conducta, es que se estaban provocando problemas de conducta. Durante ese dictamen, nosotros fuimos a las reuniones con esa orientadora, a exponerle una batería de motivos por lo que nuestro hijo no debía dejar la combinada, no debía dejarla porque pertenecía al grupo, había sentido de pertenencia no solo por parte de mi hijo, sino también por parte de los demás, porque había mejoras de conducta, cuando estaba en el centro ordinario se comportaba peor en el centro de educación especial, por muchos motivos. Las únicas razones que nos dieron eran repetir o un centro de educación especial, cosa que nosotros nos negamos y, después de mover mucho, él ya está en el instituto.
Quiero llamar la atención por dos cosas. Primero, toda la batería de motivos que la orientadora nos daba para decirnos que Víctor no debía seguir en el instituto eran problemas sistémicos, problemas de su sistema, de la organización del centro, de ratio, de la formación del profesorado. Estaban cargando sobre las espaldas de nuestro hijo los problemas de su sistema. Segundo, cuando nosotros expusimos toda una batería, ella decía que ¿por qué tendría que dejarse convencer por nosotros, en vez de nosotros dejarnos convencer por ella?, porque ella era la profesional y nosotros solo éramos sus padres. Ella no entendía que nosotros pudiéramos tener una opinión y que ella tuviera que respetar nuestra opinión, porque era la profesional. Entonces, cuando llegó el momento y los argumentos puramente que afectaban a nuestro hijo cambiaron, empezamos a hablar de exclusión, empezamos a hablar de cortar el vínculo social de nuestro hijo, cuando empezamos a hablar de discriminación, ella nos llegó a decir que no se quería plantear todo eso porque quería dormir tranquila. Muchos no se plantean que es necesario esto porque se está vulnerando derechos, ellos siguen defendiendo el sistema, y hacen su trabajo para defender el sistema.
(Aplausos)
Esther Polo (alumna máster):— Hola de nuevo, en el streaming, una chica que se llama Marta Recarte Domingo ha contado una historia y voy a leerla para que podamos escucharla todos:
«Je suis conseillère d'orientation en ESO, et dans mon institut, nous avons deux enfants dont les capacités sont souvent source d'exclusion. Les professeurs disaient qu'il était impossible qu'ils soient ici, ils se montraient effrayés et incapables, mais, petit à petit, ils apprennent. Maintenant, ils sont totalement inclus. La pédagogue thérapeutique travaille avec eux dans les classes, et les camarades de classe s'enrichissent de la diversité, acquérant des valeurs de solidarité et de respect très précieuses. Il reste à changer la formation du corps enseignant, à changer le type de bureaucratie ségrégationniste et les ressources, mais, même ainsi, on peut faire plus que ce qui est fait, il suffit de le vouloir.»
(Applaudissements)
Cristóbal Gómez Mayorga :—Bonjour, je suis enseignant de PT, cela fait quatre ou cinq ans, mais vingt-deux ans dans l'éducation de la petite enfance. Je voulais juste dire une chose : 80 % de mon travail ne concerne pas les enfants ayant des difficultés, car je ne vois pas de problèmes. Celui qui a besoin d'apprendre les lettres, il les apprend ; celui qui est à un autre niveau, peut faire d'autres choses. 80 % de mon travail consiste à parler avec le personnel, mais ce n'est pas seulement une question de connaissances, c'est une question de culture scolaire, de manuel scolaire, du fait qu'ils ne savent tous suivre que le même niveau, l'homogénéité, et tout ce genre de choses. C'est donc un changement d'attitude. Il faut être dans les couloirs avec une bonne ambiance. Parfois, on a envie de faire beaucoup de choses, en convainquant de ce qu'ils savent, mais : « tu ne te rends pas compte qu'il sait… regarde ce qu'il m'a fait ». Ils ne voient pas les capacités, c'est un travail. Les enseignants de PT ont l'université avec une touche, qu'ils n'apprennent pas à travailler avec les enfants ayant des difficultés, qu'ils apprennent à travailler avec les professeurs, avec les directions, avec les conseillers d'orientation, avec tout le monde, car nous sommes là une saga qui peut faire bouger les choses. Merci.
Participant 1 :—Bonjour. Simplement, je me rends compte qu'ici, les parents l'évitons ou ne le touchons pas, et les professionnels aussi. Pourquoi rejetons-nous les enfants et les emmenons-nous dans une classe spécifique ou dans une école d'éducation spéciale ?
L'une est la conduite. La conduite, nous la regardons d'une manière très déshumanisée, car nous pensons toujours que la conduite vient de l'enfant, et nous ne pensons jamais à ce que nous provoquons dans cette conduite. Donc, fondamentalement, le corps enseignant et le conseiller d'orientation s'y opposent. Beaucoup de problèmes, nous les créons nous-mêmes, pour ne pas respecter la décision, car l'enfant, même s'il ne parle pas, sait ce qu'il veut et a des intérêts ; une autre chose est d'enquêter, de mettre les lunettes. Il est fondamental que nous mettions les lunettes, mais plus seulement depuis le cœur, de la manière la plus professionnelle. Les conduites, nous en créons beaucoup, et ensuite oui, nous avons un problème, car nous ne savons pas travailler et nous rejetons la faute sur le père. C'est mon fardeau, bien sûr, car c'est mon fils, ma vie, mon cœur, mais c'est votre responsabilité et vous devez le faire. Parce qu'ensuite, ces enfants sont comme de la pâte à modeler, nous leur donnons forme et ils deviendront des adultes, et qui les inclura ? Personne. La conduite est l'une des choses fondamentales, nous ne devons pas avoir honte. Si je demande, même moi j'ai des problèmes de comportement, mais personne ne m'analyse. Je peux être à un feu rouge et dire « je m'en fous de… », mais personne ne va faire de registre sur moi. Nous allons analyser la conduite sérieusement, en faisant des registres, pas en disant : « je crois que ». Alors, nous allons voir quel est le problème de l'enfant et nous allons l'aider, car cet enfant deviendra un adulte et, ensuite, pour eux, il n'y aura rien, et nous n'avons pas le droit de faire cela.
(Applaudissements)
José et Isabel Yagüe :— Bonjour, bonjour, je m'appelle José et Isabel. Nous sommes les parents d'une petite fille de six ans et nous venons de Valence. Notre histoire, comme celle de beaucoup d'entre vous ici, c'est de se battre avec la Santé, avec l'Éducation, tous les jours, sans avoir aucune connaissance. Eh bien, nous avons toujours eu recours aux articles, aux droits, c'est peut-être ce qui nous a valu le respect dans certains endroits.
Alors, quand nous sommes arrivés à l'école et qu'ils nous ont épuisés, un psychologue nous a dit que nous devions aller à l'éducation spéciale. Nous sommes donc allés les visiter tous et nous avons réalisé ce qu'il y avait dans les centres d'éducation spéciale. Et vous vous dites : « Je ne veux pas de ça ». Mais il n'y a pas d'autre alternative. Nous avons écrit dans l'avis que nous n'étions pas d'accord, en nous basant sur les droits des Nations Unies, les articles, et tout cela. Finalement, quelqu'un nous a écoutés, et nous avons trouvé une conseillère d'orientation, qui s'appelle Ana, et elle nous a ouvert la voie vers une autre école. Et nous sommes passés d'une école où ma fille était un problème, ne pouvait pas aller aux excursions, à l'école quand elle n'avait pas l'éducatrice ou qu'on nous appelait pour qu'elle ne l'emmène pas, à une école où il n'y a aucun problème. C'est-à-dire, quand nous sommes arrivés là-bas, on nous a dit : « Il y a beaucoup d'enfants ici et il n'y a pas de problème, nous n'avons aucun problème, nous ne nous en rendons même pas compte ». La différence, c'est qu'il n'y a pas d'éducateurs ni de PT, ils sont sur la carte de visite, mais tous les professionnels font tout et, au final, tout cela fonctionne. Ce que j'aimerais, c'est que de ce lieu, nous nous multipliions, que chaque province identifie ces écoles qui savent bien faire, et qui ne sont pas ici, et qu'elles écrivent ce guide des bonnes pratiques à suivre pour que cela se produise. Si c'est possible dans une école, pourquoi pas dans une autre ? J'aimerais qu'on écrive ce Livre Blanc que l'on peut trouver pour monter une association à but non lucratif, alors faisons-le pour l'éducation inclusive. Un livre où figurent les droits, où figurent les bonnes pratiques à suivre, qui serve aux professeurs, et qui serve aux familles. Eh bien, je crois que c'est mon objectif aujourd'hui ici. Merci.
(Applaudissements)
Olga Gave :— Bon, voyons les nerfs et les émotions. Je suis Olga Gave, maman de trois enfants et je dis que pour moi chacun d'eux fonctionne d'une manière différente, bien que mon fils aîné ait dû essayer l'éducation spéciale, parce qu'il venait déjà, comment dire, il était déjà prêt, dans la stimulation, on m'a dit qu'il irait dans une école spéciale, qu'il prendrait le bus, et qu'il mangerait là-bas. Cela m'a déjà fait me demander « Qu'est-ce qui se passe ? » Mais bon, j'ignorais, c'était mon premier enfant, je n'y connaissais rien. Nous nous sommes laissés faire. La psychologue nous a dit que ce serait le meilleur endroit. Je conserve encore le papier : école spéciale, école ordinaire ou combinée, mais le meilleur endroit était le spécial. Trois ans de lutte. Vous me voyiez et je sentais que quand ces enfants descendaient du bus, laisser mon enfant là-bas… je ne sais pas, j'avais mal à l'estomac, je voyais que ce n'était pas ce que je voulais. Alors, par curiosité, en me renseignant et en cherchant sur internet, j'ai trouvé une personne merveilleuse, qui est ici et qui s'appelle María José.
María José avait un écrit qui disait : « Qui était-elle, qui étaient les conseillers d'orientation pour décider si cet enfant va en spécial et celui-ci en ordinaire ? » Alors, les choses ont commencé à me toucher. Je lui ai écrit. Nous nous sommes battus. J'ai sorti Jaume de l'école spéciale, il est dans une école ordinaire. Et je voulais apporter beaucoup de choses, mais comme nous lui avons tout enlevé ce qu'il avait, parce que pour moi, mon fils n'a rien, il fonctionne différemment, alors nous lui avons enlevé des choses. En étant à l'école spéciale, je pense qu'on l'enfermait, qu'il n'était pas dans notre monde, qu'il était à part. Alors, là-bas, à l'école ordinaire, comme Jaume venait déjà de l'école spéciale, il y avait déjà un précédent : qui serait cet enfant ? Et quand ils ont commencé à le voir : « Oh, c'est bien, ce n'est pas si grave ». Je ne sais pas, nous avons créé des choses, et voilà, maintenant nous sommes très contents, et je voulais remercier María José pour cela.
(Applaudissements)
Virginia : — Bonjour, excusez-moi, mais je vais répéter. (S'adressant à Cristóbal Gómez) Vous avez dit que vous consacriez près de 80 % de votre temps à parler, à enseigner aux professeurs, et je trouve cela fondamental. Mais je dois dire que mon fils a été de la première à la sixième année primaire dans une école. Je l'ai changé en janvier et dans cette école, je n'ai absolument pas entendu une seule phrase dévalorisante. Avec les professeurs, il a pu obtenir ceci ou cela, ils l'ont encouragé, mais, à partir du début de l'évaluation psychopédagogique, je me retrouve avec le PT qui me dit : « Quand il sera plus grand, ça ira de mal en pis ». Je me retrouve avec la secrétaire qui me dit « Il sera bon à placer une vis à un endroit précis ». Des phrases que je n'ai pas entendues pendant six ans, et je les entends maintenant, maintenant, à partir de l'évaluation psychopédagogique.
Une autre chose qui me semble très importante, c'est quand vous parlez aux inspecteurs ou aux conseillers d'orientation. Maintenant, il s'avère que, lorsqu'un parent a un enfant ayant des besoins éducatifs spéciaux et qu'il s'efforce, comme tout autre parent, d'aider son enfant à progresser, vous ne le faites pas bien, c'est-à-dire que nous, les parents, ne savons pas, nous ne pouvons pas nous comparer à un enseignant, les parents doivent être des parents et non des maîtres. Autrement dit, l'école ou l'État ne fournit pas de soutien, mais si vous, en tant que parent, aidez votre enfant, qu'est-ce que c'est que ça, en plus, vous le faites mal. Alors, je ne comprends pas bien. Au petit-déjeuner, j'ai parlé avec une mère qui m'a dit une phrase fondamentale : « À quoi bon nous plaindre des institutions, à quoi bon nous plaindre des enseignants, des tuteurs, si nous, les parents, ne nous unissons pas, ils sont une armée très bien construite pendant de nombreuses années ». En faveur du fait que cela fonctionne comme ils l'espèrent. C'est ainsi parce que, que vous le vouliez ou non, et je vais le dire, et je ne sais pas s'il y a quelqu'un de Madrid et que cela pourrait me nuire. À Madrid, l'une des fondations les plus importantes est la fondation Carmen Pardo Valcarce, qui a maintenant changé de nom pour une raison très simple. La dame qui dirige cette association s'appelle Carmen Casafranca. Cette dame est l'une des personnes mises en examen dans l'affaire des « Tarjetas Black » de la Communauté de Madrid, elle est associée à des gens qui étaient dans le parti. Ceci est organisé d'une manière particulière pour que l'éducation, comme l'a dit un père auparavant, mène nos enfants à une série d'ateliers qui bénéficieront ensuite à un certain nombre de personnes. Et c'est une réalité, et c'est exactement ça, ce n'est pas quelque chose que j'invente, n'importe qui peut le lire.
Quand mon fils était en maternelle, il avait des crises d'épilepsie (il est maintenant rétabli). Je l'ai emmené dans une institution à Madrid qui dépendait de la Santé et qui s'appelait l'Institut Dionisia Plaza. Ils l'ont fermé. Cette école qui soutenait les enfants recevait des chèques en blanc de la Santé ; 3000 euros qu'ils payaient pour mon fils, et ça ne fonctionnait pas. On les orientait pour qu'ils organisent des ateliers. Et ne nous trompons pas, tout cela est organisé d'une manière particulière pour que les choses aboutissent à un certain terme. C'est pourquoi, à 21 ans, ils ne peuvent plus étudier, pour qu'ils aillent dans certains endroits. Et ce que je dis à propos d'une armée… les conseillers d'orientation vous aiment beaucoup, mais quand l'orientatrice entre, on ne vous regarde plus, vous trouvez qu'un professeur vient vous parler parce que vous présentez un écrit, et vous vous rendez compte que tous ceux qui étaient très aimables avec vous, cessent de l'être, vous n'êtes plus la mère qui a été là pendant six ans, qui est votre école où vous avez étudié, vous êtes maintenant celle qui vient déranger et qui va créer un problème dans le système. Excusez-moi.
(Applaudissements)
Fernanda Valdés : — Bonjour, eh bien, je suis Fernanda Valdés. Je viens de Cáceres et je suis la maman de Zoe, parce qu'elle est plus célèbre que moi. À Cáceres, en fait, je me suis sentie un peu seule depuis la naissance de Zoe, parce que c'était comme mon problème, mais j'ai découvert Facebook et plein de gens merveilleux que je considère vraiment comme ma propre famille. Quand nous nous sommes rencontrés ici, c'était comme : « Tiens, bonjour Alejandro, María José ou Belén ? » Et c'est fantastique parce que tu sens que tu n'es pas folle, tout comme quand j'ai rencontré Nacho, c'était comme, eh bien, heureusement que tu existes.
Zoe a cinq ans maintenant, ou six, oui, elle a cinq ans maintenant, nous sommes en troisième année de maternelle. Nous avons maintenant le passage au primaire, mais j'ai très peur. J'ai fait des études de pédagogie et je sais ce que représente le passage au primaire avec cinq heures assises sur une chaise. Zoe est un esprit libre et je ne sais pas encore très bien quelle décision prendre. Ce que je voulais dire, parce que tout a déjà été dit ici, sur les problèmes, les choses auxquelles il faut faire face et tout ça, que j'ai déjà dû affronter, et qu'il faut se battre et argumenter, même si on m'appelle folle ou autre chose. Moi, de par ma profession, je suis musicienne, conteuse, j'essaie de parler ou de raconter des histoires sur les différences, sur à quel point nous sommes tous différents et à quel point c'est merveilleux, et les enfants le comprennent parfaitement. Ensuite, il faut travailler les parents, c'est plus compliqué, mais les enfants le comprennent parfaitement dès leur plus jeune âge. Et moi, depuis le début, c'est vrai que dans l'école où nous sommes, elle est petite, Cáceres n'est pas grande non plus, donc j'ai une place et Zoe a une place et elle est une de plus jusqu'à présent. Je ne sais pas ce qui se passera à l'avenir, et je n'ai pas peur parce que j'ai confiance. Donc, je pense qu'il faut beaucoup changer les regards et l'enfance est très importante pour changer ces regards, parce que cette enfance deviendra adulte plus tard, et c'est mon petit grain de sable, le regard que nous portons sur nos enfants est ce que les autres voient comment nous les voyons et cela les fait aussi voir d'une autre manière et c'est très puissant, changer les regards est très important.
(Applaudissements)
Belén Jurado :— Je veux répéter, parce que certaines personnes le savent, mais d'autres non. Il y a un an, quand tout allait très, très mal, j'ai fait une chaîne avec le livre de Nacho Calderón « Éducation, Handicap et Inclusion » et avec une fleur de ma fille. Il est passé par l'école et par beaucoup de personnes. Je vous encourage à l'apporter dans les écoles, à l'apporter dans les institutions et à le laisser là, parce que ce livre est très important, vraiment. Et une autre chose que je voulais commenter avant de l'oublier, c'est le projet « Madres », que je ne sais pas si vous connaissez. Visitez-le, parce qu'il y a beaucoup d'histoires de mamans et beaucoup de gens qui racontent ce qui se dit ici aujourd'hui. Merci.
(Applaudissements)
Antonio Guerrero :— Bonjour, je vais répéter pour des choses importantes. L'une est cette dame qui a parlé sans micro. J'ai toujours dit qu'il ne faut jamais juger l'adversaire par sa taille, mais par sa capacité de résistance. Par exemple, les trois cents aux Thermopyles, qui n'ont pas arrêté jusqu'à ce que leur peuple soit sorti. Et nous avons aussi dit depuis le début, depuis que nous sommes nés en tant que collectif, en tant que mouvement, que si nous apprenons à accepter la diversité comme quelque chose de normal, il ne faut pas parler d'inclusion mais de coexistence, mais cela doit s'apprendre dès le berceau, pas à partir du moment où l'on arrive à l'école, parce qu'elle a déjà trois ans. Avant, nous leur avons peut-être déjà appris que celui-ci est boiteux, celui-ci est borgne, celle-ci est blonde et belle, et qu'elle est aussi une « victime de ».
Et pourquoi dis-je cela ? Parce que nous avons dit précédemment que les enseignants ne savaient pas. Nous sommes allés le 6 février à la Faculté des Sciences de l'Éducation de l'Université de Séville, depuis la plateforme de soutien précoce avec des membres de notre association, pour enseigner aux futurs enseignants ce qu'ils allaient rencontrer. Deux intervenants, lauréats du prix Reina Sofía, donc des personnes de haut calibre, sont venus, accompagnés de mères, de pères, de directeurs d'écoles, et ont dit : « Voici ce que vous allez rencontrer dans les classes ». Et ils ont vu des enfants atteints du syndrome de Down, des enfants atteints de la maladie des enfants papillon, des enfants atteints de paralysie cérébrale, et de quatorze mille maladies rares dont presque aucune ne peut être prononcée.
Mais nous avons aussi dit, et pour revenir à ce que nous disions avant, pour revenir aux enfants, pourquoi n'impliquons-nous pas les enfants à interagir avec les autres enfants, et pourquoi ne séparons-nous pas les uns des autres ? Et cela vient du fait que les familles disaient que leurs enfants étaient seuls pendant la récréation et que personne ne les accompagnait. Alors, nous avons eu l'idée d'impliquer les enfants des classes supérieures pour qu'ils jouent et soient des protagonistes auprès des plus jeunes. Aujourd'hui, le journal La Razón publie notre projet, nous distribuons des cartes de protecteurs. L'enfant, par exemple, de la classe de 8 ans s'occupe, accompagne, protège et enseigne aux enfants qui sont seuls pendant la récréation, et aujourd'hui cela sort dans la presse. Comme disait cette femme (elle montre), ne pensez pas que c'est possible, c'est déjà possible, que les cartes sont déjà distribuées, que les maires et les conseillers m'appellent : « Antonio, je vais l'implanter dans toutes les écoles ». J'ai aussi parlé avec le directeur de l'organisation éducative, il y a ici des fonctionnaires du conseil départemental, et il m'a dit : « Accrochez le projet sur le portail des bonnes pratiques, nous allons l'analyser et, s'il est correct, nous l'implanterons obligatoirement dans toutes les écoles ». Alors, quelle plus belle façon ! Un enfant de 8, 9 ou 10 ans se sent déjà responsable d'un enfant de 3, 4 ou 5 ans. Nous lui donnons un plus et un motif à sa famille de se sentir fière et, surtout, l'enfant qui est différent est accompagné, inclus, protégé et on lui apprend à jouer. Le jeu est jeu depuis que l'homme est homme, depuis que le jeu a été inventé, et l'enfant où il apprend vraiment, c'est en interagissant avec ses pairs. Faisons-le, c'est possible, c'est ici. Merci beaucoup.
(Applaudissements)
Fran Pereña :—Merci, bonjour, donnez-moi deux minutes, alors que celui qui va parler est un avocat. Je voulais me présenter, peut-être suis-je le seul à ne pas avoir beaucoup de liens avec le point de vue de l'éducation, mais oui du point de vue du droit, j'ai vu que vous avez la faculté juste en face, donc nous ne sommes pas loin, et je crois que tous ensemble nous pouvons aider à ce que cela se passe bien.
Nous appartenons, ces femmes et moi, y compris cette petite. Nous venons de Madrid, ma collègue présentera ensuite l'école Carlos Cano, et moi, en tant qu'avocat, je veux porter à la connaissance de tous une initiative législative des municipalités, de 42 municipalités de Madrid, qui est actuellement à l'assemblée de Madrid. C'est une initiative en faveur de l'éducation inclusive. L'éducation inclusive est un droit, je vous le dis en tant qu'avocat qui vient d'en face, c'est un droit, mais il n'est pas respecté. Concernant cette initiative législative, elle parlait auparavant des armées et nous parlons de l'armée des fourmis, je n'étais pas dans cette armée au début, elle a commencé il y a déjà deux ans, et ces deux ans se sont terminés par le fait que le 1er mars prochain, à l'assemblée de Madrid, il y aura une prise en considération et cette initiative législative des municipalités (ILA) s'appelle déjà proposition de Loi 17/17. On nous prend déjà en considération. C'est un projet d'une armée de fourmis, mais c'est un projet très ambitieux et, comme le dit cette armée de fourmis, parce qu'elle est très modeste, mais je ne crois pas, « depuis la modestie, on veut accomplir quelque chose qui est ce que nous cherchons tous ici ».
Permettez-moi de parler du droit à l'éducation inclusive. Il est réglementé dans toutes les législations, mais sa mise en pratique en est une autre affaire. C'est dans la pratique que cette armée, qu'elle mentionnait, nous met tous les bâtons dans les roues. Du point de vue législatif, on cherche à établir une base, une norme que nous devons respecter ; cependant, comme maintenant, elle n'est pas respectée. Je ne sais pas si vous connaissez un récent arrêt de la Cour suprême, notre plus haute cour. Pour les spécialistes du droit préoccupés par ces questions, il est très clair et va créer une jurisprudence. C'est-à-dire, c'est quelque chose que les juges et les tribunaux devront considérer, et qui compliquera les choses à cette armée qui tente de mal faire les choses. Cependant, mon approche est purement juridique ; nous avons aussi besoin de personnes en dehors de ce domaine. Vous, depuis la base, devez lutter pour changer cette situation. Pendant que les lois sont appliquées et approuvées, et que les partis politiques évaluent si elles sont bénéfiques pour l'électorat, après l'assemblée de Madrid, ils doivent réfléchir. Nous sommes arrivés jusqu'ici, c'est un grand pas et ensemble nous pouvons y arriver. Pendant ce temps, des gens humbles comme moi sont là pour lutter dans les tribunaux, qui finissent par nous donner raison. Le problème est que pour arriver à ce point, à la guerre interne de chacun, vous ajoutez la bataille des tribunaux, les jugements et le temps, tout cela doit être très rapide. 'On veut emmener mon enfant', eh bien, il y a dix jours pour agir. C'est une charge énorme pour vous, les parents qui êtes confrontés à ce problème et les travailleurs de l'éducation, sans avoir besoin de nous plonger dans ce monde si corrosif qu'est le droit. Mais nous sommes là, représentant une ILA (initiative législative des municipalités) que j'ai l'honneur de représenter aujourd'hui. Il s'agit de cinq millions de personnes à Madrid, car il y a 42 municipalités. Ce qui a commencé comme un petit rêve d'obtenir le soutien de 3 municipalités, ce que l'ILA établit, est devenu réalité. Alors, je suis là pour aider dans la mesure du possible. Merci beaucoup.
(Applaudissements)
Participant 2:— Je voulais commenter quelque chose qui me semble fondamental pour les enseignantes et les enseignants. J'aimerais vous inviter… en tant qu'enseignant, nous devons avoir deux choses fondamentales. Premièrement, un engagement absolu dans notre travail, un engagement envers la justice sociale, envers l'équité éducative. Deuxièmement, avoir un peu ou beaucoup de rébellion. Je crois que nous devons nous rebeller contre ce système qui est oppressif, ségrégationniste et qu'il est de notre responsabilité de le changer, donc nous ne pouvons pas être de simples instruments du système, mais nous sommes là pour le transformer et par conséquent transformer la société dans laquelle nous vivons. Merci.
(Applaudissements)
Rosario Barea:— Bonjour, nous sommes les parents de deux enfants, mais l'un d'eux a une diversité fonctionnelle. Nous étions prédestinés. J'ai fait de la psychologie ici à l'Université de Malaga et j'ai eu la chance de connaître Carmen Linares en suivant le cours d'Attention Précoce. C'est pourquoi je dis que nous étions prédestinés, car des années plus tard, nous avons eu un merveilleux enfant, notre premier enfant, Pedro, avec une diversité fonctionnelle. Alors j'ai contacté Carmen Linares, et tout était merveilleux avec Carmen Linares, mais qu'est-ce qui s'est passé ? L'attention précoce commençait à grincer, à faire eau. Le centre d'attention précoce où nous l'avons emmené pour la première fois n'était pas ce que Carmen Linares nous disait, et nous disions : mais qu'est-ce que c'est que ça ? On ne faisait pas d'attention précoce là-bas. Alors Carmen nous a dit : « Tant que vous ne trouverez pas un centre où l'on fait l'attention précoce comme il se doit, n'arrêtez pas ». Et nous avons continué à nous battre jusqu'à ce que nous trouvions un centre où les choses étaient faites.
Lorsque nous avons abordé la question de l'éducation, nous venons d'un très petit village de Cadix, où il n'y a qu'une seule école. Nous avons contacté le service d'orientation éducative (EOE) de l'école, que nous connaissions bien, mon mari et moi. Il nous a dit d'emblée qu'il présumait que l'enfant ne serait pas là, car il tenait pour acquis que nous allions l'emmener à 15 kilomètres, à Ubrique, le plus grand village proche du nôtre. Je lui ai répondu que l'enfant n'était pas d'Ubrique, qu'il était de Villanueva del Rosario, d'où nous venons, et que, avec les obstacles que nous avions déjà, pourquoi devrions-nous emmener notre enfant dans une autre école ? Il en a parlé à l'équipe d'orientation et à l'équipe d'orientation éducative. Ils nous ont toujours dit qu'ils mettaient la main au feu que notre fils ne serait pas dans l'école du village. L'école du village est à peu près comme l'a raconté Antonio et j'ai pensé qu'elle était idéale. Ce sont des classes unitaires, les plus grands aident les plus petits, mais qu'est-ce qui se passe ? Comme mon fils est un obstacle et que l'EOE ne veut pas qu'il soit là, aucun enseignant ne veut que Pedro soit là. C'est une lutte quotidienne, mais malgré tout, nous sommes célèbres presque à la délégation de Cadix, et Pedro est là.
Participant 3 :—Hier, en regardant les vidéos, j'ai réalisé que beaucoup d'entre elles disaient que la maternelle avait été merveilleuse, qu'il n'y avait pas de problèmes. Alors, ce que je me demande, c'est ce qu'il y a en maternelle qui se perd obligatoirement en primaire, ou, dit autrement, ne pourrions-nous pas analyser la maternelle et voir ce qui peut être maintenu en primaire pour qu'il n'y ait pas ce changement, cette rupture ? Pourquoi en primaire la standardisation, l'homogénéisation, l'unification priment-elles et y a-t-il tant de peur de perdre le contrôle de ce que l'enfant apprend ? Comme si évaluer les enfants sur différents objectifs était une garantie que les enfants acquièrent réellement ces apprentissages, alors que la seule chose qu'indique cette évaluation est que, à ce moment précis, le garçon ou la fille est capable de se souvenir de ce qu'on lui a demandé, mais je ne pense pas que les apprentissages à long terme se produisent là, du moins dans le contexte de ces évaluations. Par conséquent, je pense qu'il faudrait perdre la peur que la primaire ressemble, continue de ressembler à la maternelle. J'aimerais que l'on analyse cela à un moment donné, quelle est la différence entre une étape et l'autre ? Merci.
(Applaudissements)
Antonio Márquez :—Eh bien, je suis Antonio Márquez. Ceux d'entre vous qui me connaissent savent que mon histoire, ma lutte, va dans une autre direction, comme cela a été un peu commenté ici. Il y a beaucoup d'enseignants qui ont besoin d'outils, qui veulent savoir comment faire. Le travail de sensibilisation et de lutte que nous tous ici avons fait commence à porter ses fruits. Et maintenant, il faut aller plus loin : doter de stratégies tout ce corps enseignant qui le demande. Oui, nous en sommes conscients, mais comment faire ? À cet égard, je veux vous donner une note positive car il existe de nombreuses initiatives qui fonctionnent, surtout sur les réseaux sociaux. Il y a un groupe assez large d'une centaine d'orientateurs qui sont sur Telegram ; avec Twitter, nous nous mobilisons, avec le hashtag #orientachat, des groupes de travail se forment pour analyser les situations d'inclusion, analyser les situations psychopédagogiques, comment nous pouvons les changer. Ainsi, des formations sont dispensées dans de nombreux centres, car ils veulent s'inscrire dans cette démarche d'éducation inclusive. Par exemple, au centre de formation des enseignants d'Almería, une grande initiative est menée par Manolo Ávila, et je forme moi-même 28 centres en Andalousie, 28 centres qui ont fait de l'obtention de l'éducation inclusive en deux ans une ligne prioritaire. Il y a deux semaines, j'ai réussi à réunir à Motril 100 enseignants d'innovation éducative, on peut dire parmi les plus avant-gardistes d'Andalousie, qui génèrent cette transformation dans l'école tant demandée, non seulement en inclusion, mais aussi en propositions didactiques innovantes, tout cela pour parler uniquement d'inclusion et pour que l'innovation éducative aille de pair avec l'inclusion car c'est fondamental.
Je veux donc aussi que nous mettions l'accent sur cette multitude d'enseignants, qui sont ceux qui, j'en suis convaincu, peuvent provoquer ce changement, les enseignants, pas ceux de PT, ou les conseillers d'orientation, l'enseignant est définitivement avec l'élève, et mettons l'accent sur cet enseignant car il y a beaucoup de changements, des changements se produisent et j'ai la conscience tranquille, heureuse, car des petites choses se réalisent. Merci.
(Applaudissements)
Participant 4 :—Pour les parents qui voient que le système ne leur convient pas, ils vont au tribunal et rien ne se passe. Il arrive un moment où l'on en a tellement marre qu'on va au tribunal, il n'y a pas de problème, il y a SOLCOM. Il y a des gens qui vont les soutenir, et c'est ce qui dérange le plus l'Administration. C'est-à-dire, nous allons au tribunal, il faut y aller, et écoutez, je suis désolé pour les conseillers d'orientation, pour qui que ce soit, mais ce sont les parents qui doivent se battre et les mères, c'est pour ça que nous sommes là, et pas le système. Le système, nous savons déjà comment il est et ce qu'il y a, donc on va au tribunal, on dépose plainte et c'est tout. Et rien de plus, c'est ce que je vous dis.
(Applaudissements)
Rocío Salcedo :—Bon après-midi, je m'appelle Rocío, je suis psychopédagogue et PT par vocation, et bien, après avoir vu les vidéos d'hier de tous les parents, j'aimerais rendre hommage car vous vous êtes sacrifiés pendant des années pour améliorer la qualité de vie de vos enfants et, surtout, vous vous êtes consacrés corps et âme à les faire avancer. Cependant, il est indéniable que ce travail est peu reconnu socialement, et très souvent vous continuez à lutter face à diverses adversités, comme par exemple des administrations peu engagées et une société peu sensibilisée et accessible. Je crois et je pense que l'avancée de l'enfant en situation de diversité fonctionnelle en primaire dépend beaucoup du PT et du tuteur en classe. Par mon travail, je ne crois pas au diagnostic sur papier, je crois au travail quotidien bien fait en classe, car les élèves évoluent tellement et chaque jour ils nous montrent qu'ils ont peut-être besoin d'un peu plus de temps, mais qu'au final ils en sont capables si les enseignants mettent en œuvre les ressources à disposition des élèves. Je crois et je pense que le corps enseignant, en général, a besoin d'une formation plus spécialisée, surtout pour les tuteurs de classe, et bien sûr ils ont besoin de plus d'empathie et de se mettre à la place de vous, les familles. Il reste tant à faire dans le domaine éducatif, peut-être éliminer toutes les étiquettes diagnostiques et penser, comme l'a bien dit une mère, à ce diagnostic plus pédagogique que clinique. Il reste aussi énormément à faire, car dans bon nombre de centres, cette inclusion dans la classe ordinaire ne se réalise pas encore, ce soutien éducatif se fait en dehors de la classe, dans la classe de PT. J'aimerais aussi revendiquer qu'il est nécessaire de modifier aussi le langage qui fait tant de mal. En bref, nous sommes nombreux les enseignants qui croyons en l'inclusion, mais nous croyons en une inclusion réelle et effective. Merci beaucoup.
(Applaudissements)
Paco Serrano :— Je répète, mais plus brièvement qu'avant. J'ai une petite note en réponse à ce que disait la collègue avant : que se passe-t-il lors du passage de la maternelle à la primaire, ou de la primaire au secondaire ? Je me suis formé comme enseignant dans cette même faculté. J'ai étudié le professorat des écoles de maternelle ici et, ensuite, la pédagogie, et un jour un professeur d'ici nous a parlé du concept d'éducation, ainsi, en brut, et nous a parlé de la différence qu'il y a entre l'éducation, la formation et l'alphabétisation. Ensuite, je suis sorti d'ici et j'ai commencé à travailler, et j'ai commencé à travailler en maternelle et pas dans tous les cas, et je ne voudrais pas généraliser car il y a énormément de collègues très précieux qui travaillent et font un travail, vraiment, de perles en maternelle, mais, il est vrai que très souvent je me suis retrouvé avec le fait que la maternelle n'est pas de la maternelle, c'est de l'alphabétisation infantile, et en primaire davantage. En primaire, l'éducation se transforme en alphabétisation car elle se réduit à apprendre à lire, à écrire, les fleuves, les rois, la géographie, les matières stagnent et on oublie ce qui est vraiment, ce que nous disons. Je ne parle pas de questions de cœur ou de volontariat. L'enseignement secondaire obligatoire n'est pas de la formation ; on dit que l'éducation a le but final, ultime, du développement intégral des personnes, développement physique, psychologique, moral et civique, dans tous les aspects. Alors, si la loi que nous avons actuellement entre les mains, enseignants et enseignantes de toute la communauté éducative, nous dit que tel est l'objectif, alors, pourquoi diable ignore-t-on cette finalité et transforme-t-on ce qui devrait être une éducation intégrale en une simple formation académique ou professionnelle ? La formation doit rester à l'université, c'est à cela qu'elle sert. Merci.
(Applaudissements)
Alejandro Calleja :— Bon, je pense que ce qui doit être clair pour les familles dès le départ, et c'est pour ça que je pense que nous sommes là, c'est d'avoir une prise de conscience personnelle claire que nous voulons défendre le droit de nos enfants. Leur droit en tant que sujets juridiques qu'ils sont. Nous, l'administration et les professionnels, avons l'obligation que ce droit soit respecté. Et, effectivement, l'enseignement doit être un enseignement pour la vie, pour que la personne soit le plus autonome et indépendante possible. Ensuite, chacun ira là où il doit aller. L'important est d'avoir cette conscience, de créer une conscience de groupe, de familles, comme on commence à le faire dans différentes communautés autonomes. Et, effectivement, réclamer ; s'il faut aller au tribunal, on y va, avec le soutien de professionnels. Il y a des psychologues cliniciens, des conseillers d'orientation qui peuvent nous soutenir, des avocats qui peuvent nous aider. Il n'est même plus nécessaire d'aller au tribunal pour défendre le droit à l'éducation inclusive de nos enfants, il y a la Convention Internationale des Droits de l'Homme des Personnes Handicapées, que l'Espagne a ratifiée il y a dix ans en mai. Et je vais juste vous donner une indication, je l'expliquerai mieux ensuite. Il suffit de remplir un questionnaire et d'envoyer l'avis de scolarisation au centre combiné ou au centre spécial, pas besoin de tribunaux, la commission des droits de l'homme intervient directement, car il y a déjà une violation de l'article 7 et de l'article 24 de la Convention, et c'est effectif, réel et gratuit.
(Applaudissements)
Raúl López :—Aujourd'hui, je suis Raúl. La seule chose que j'avais claire quand j'ai commencé à travailler, c'est que je ne voulais pas travailler dans l'éducation spéciale et c'est pourquoi je suis ici aujourd'hui, car je ne voulais pas non plus travailler avec la communauté gitane, ni avec les immigrés, ni avec des secteurs marginalisés, ni avec des secteurs familiaux également ségrégués. Ce avec quoi j'ai toujours voulu travailler et j'ai travaillé, c'est avec la souffrance des enfants dans les classes, je ne sais pas si normales ou pas normales, différentes ou pas, mais il y a beaucoup de souffrance. Une souffrance qui passe par des cours ennuyeux, qui sont passifs et mènent à la ségrégation, face à des cours intéressants, qui sont participatifs et, curieusement, où il n'y a jamais de problème pour l'inclusion. Alors, le travail consiste à transformer les systèmes toxiques qui produisent tant de souffrance.
(Applaudissements)
Ainhoa Yáñez :—Bonjour à tous. Je suis Ainhoa. Comme nous l'avons dit précédemment, nous représentons l'ILA inclusive, ainsi qu'une école à Madrid, le Carlos Cano, où nous ne venons pas vous donner de recette magique car la recette magique n'existe pas. Je suis très émue, mais je voulais vous dire que c'est possible. En tant qu'enseignante, cela m'a blessée quand la collègue a dit que nous étions une armée. Je ne veux jamais appartenir à cette armée. Cela m'épuise que les corps de métier n'arrêtent pas de parler de ressources et de ressources, « les enfants ne sont pas bien ici, ils doivent aller ailleurs où il y a plus de ressources ». Je suis totalement convaincue que les ressources sont nécessaires, les PT et AL font un travail essentiel, que les conseillers d'orientation font leur travail, mais la ressource est infinie, et s'il y a une ressource dont le potentiel ne peut être mesuré, ce sont les familles. Alors, je pense que si les familles entrent dans l'école, envahissent les écoles, si vous étiez partout, ce serait aussi la ressource.
Nous sommes dans une école où nous n'avons pas de manuel scolaire pour nous adapter aux élèves, car avec le même manuel scolaire, tous ne peuvent pas suivre, et parce que nous n'aimons pas qu'un enfant avec une adaptation curriculaire ait un livre différent de celui de toute la classe. Nous sommes dans une école où les coins de la maternelle s'étendent jusqu'à la troisième année du primaire. Nous sommes dans une école où il y a de l'apprentissage coopératif en quatrième, cinquième et sixième année. Mais, surtout, pour moi, le plus important est que nous sommes dans une école où les familles travaillent avec nous. Le lundi, pendant les horaires d'enseignement, les familles sont dans l'école, en commissions, elles s'occupent de tout avec nous, prennent des décisions, proposent ce qu'elles ont à proposer, critiquent, encouragent et il y a une association de parents d'élèves (AMPA) forte, qui nous soutient. Je pense que vous devez vous impliquer dans les écoles, arrêter d'avoir autant de patience. Votre patience me brise le cœur, vous avez le droit d'être à l'école, vous avez le droit de dire : « Nous sommes là et nous comptons ». L'école existe parce que les enfants sont là, et s'il n'y avait pas d'enfants, nous, les enseignants, ne servirions à rien, alors, s'il vous plaît, impliquez-vous dans les écoles, défendez ce droit à la participation familiale et battez-vous pour tout. Et si vous voulez quelque chose, nous sommes là.
Ignacio Calderón :—Eh bien, merci beaucoup à tous et à toutes, je suis désolé, mais nous manquons de temps et nous devons être très stricts à ce sujet. Nous avons maintenant une pause prévue. Nous reviendrons ici ensuite pour aller aux ateliers. C'est une demi-heure, la cafétéria est ouverte, c'est ce qu'il faut. Merci beaucoup.
Audiodescription [AD]: Après la pause, les participants reviennent et prennent place. Ignacio Calderón s'adresse à eux.
Ignacio Calderón :— Bon, après la petite pause, nous commençons les ateliers. De tout ce qui a été dit, nous avons réussi à nous mettre d'accord sur trois ateliers. Un premier atelier qui s'intitulerait : « Que se passe-t-il dans les écoles où certains enfants ne trouvent pas leur place ? » Cet atelier vise à jeter un regard global sur l'école, c'est-à-dire, que se passe-t-il dans ces écoles où certains enfants ne trouvent pas leur place. Nous ne parlons pas de toutes les écoles, nous parlons de ces écoles où certains enfants ne trouvent pas leur place, d'accord ? Ici, nous travaillerons la participation, la culture, l'organisation, la méthodologie. Nous allons voir ce qui se passe, pourquoi cela se passe et comment l'exclusion se produit.
Un deuxième atelier, qui a trait à la réponse à quelque chose qui a été une constante dans les vidéos envoyées et aussi dans le débat d'aujourd'hui, l'évaluation psychopédagogique. Cet atelier s'intitule : « L'évaluation psychopédagogique à l'examen, à quoi servent les rapports ? » Ce deuxième atelier vise à analyser et à focaliser notre analyse sur ce problème, d'accord ? Nous parlons actuellement de problèmes, nous ne parlons pas de solutions. Nous devons bien analyser ces problèmes. Que se passe-t-il dans les écoles pour qu'elles excluent certains enfants ? Que se passe-t-il avec l'évaluation psychopédagogique actuellement ?
Et le troisième atelier concerne quelque chose qui est également ressorti du débat et que nous avons intitulé : « Les barrières légales ». Nous devons problématiser les barrières légales qui existent actuellement ou que nous percevons comme existantes dans les écoles, d'accord ? Qu'est-ce qui empêche légalement ? Nous mettons « légalement » entre guillemets. Quelles réglementations ? Que se passe-t-il pour qu'on nous dise, par exemple, « légalement, il ne peut pas être ici ? ».
Donc, ce sont les trois ateliers que nous avons proposés. Je pense qu'ils regroupent un peu le sentiment de tout ce qui a été dit jusqu'à présent. S'il y a quelque chose qui, selon vous, ne rentre pas ici, c'est le moment de le soulever.
Belén Jurado :— Je proposerais aussi, pas maintenant, dans les ateliers, les adaptations non curriculaires.
Ignacio Calderón :—C'est bien pensé, il faudra y réfléchir. Je le proposerais comme faisant partie de cette section de l'évaluation psychopédagogique à l'examen. Nous allons le compléter et le mettre. « L'évaluation psychopédagogique et les adaptations curriculaires à l'examen », par exemple, qu'en pensez-vous ?
Eh bien, il faut se répartir, c'est-à-dire que s'il s'avère qu'il y a un atelier très attrayant et que 90 personnes aimeraient y participer, ce n'est pas possible, il faudra donc se répartir.
Le premier est « Que se passe-t-il dans les écoles où certains enfants ne rentrent pas ? » C'est une analyse globale de l'école en tant qu'institution, en tant qu'institution excluant, car pour l'instant, nous parlons des problèmes. Ensuite, nous parlerons de solutions dans le deuxième atelier, mais pour l'instant, pensons aux problèmes. Que se passe-t-il dans les écoles pour que cela se produise ?
Tout le monde a-t-il bien compris ? La troisième table ronde est « Les obstacles juridiques », c'est-à-dire se concentrer sur ce qui est proposé par les écoles, ce qui est légal, vous en avez parlé dans plusieurs interventions. Pour l'instant, nous devons penser uniquement au problème, au juridique en tant que problème.
Si vous êtes d'accord, nous allons mettre ici trois feuilles, nous nous inscrivons aux ateliers. Chacun choisit l'atelier qu'il veut ; nous ne passerons pas beaucoup de temps dans les ateliers. Tu vas entrer dans un atelier et tu vas consacrer ton cerveau à réfléchir à ce sujet.
Cet après-midi, les ateliers seront consacrés à la réflexion sur les solutions, en réponse à ces problèmes. Pourquoi cela se produit-il, comment cela se produit-il et pourquoi cela se produit-il ? Atelier deux, 0.16, atelier trois, salle 0.15.
Audiodescription [AD] : Les personnes présentes s'approchent de la table pour s'inscrire à l'atelier de leur choix. Ensuite, chacun se dirige vers l'atelier et la salle assignée.
Les participants qui ont choisi l'atelier 1, « Que se passe-t-il dans les écoles où certains enfants ne rentrent pas ? », restent assis dans la salle principale.
Cristóbal Gómez :— L'idée est de nous concentrer sur le premier atelier : « Que se passe-t-il dans les écoles où certains enfants ne rentrent pas ? » On suppose que l'école est pour tous, il y a des écoles où tout le monde rentre. Il y a des classes de maternelle dont nous avons parlé avant où ils rentrent. Ensuite, il y a d'autres endroits où ils ne rentrent pas. Alors, nous allons nous concentrer uniquement sur les problèmes, les difficultés, les causes systémiques de tous les éléments de l'école qui font que quelqu'un ne rentre pas, d'accord ?
Nous levons la main, disons l'idée, nous passons un post-it et il est résumé en quelques mots pour le mettre là (on désigne un mur sur lequel est accrochée une grande feuille blanche).
Ignacio Calderón :— Je dirais qu'il serait préférable de passer les post-its maintenant et d'avoir le post-it déjà préparé lorsque l'on parle.
Cristóbal Gómez :— Si peut être en majuscules et de manière systémique, avec un mot ou une phrase courte, c'est mieux, bien que plus tard, pour les expliquer, nous puissions nous étendre un peu plus. Éléments qui entravent l'inclusion de certains enfants dans certaines écoles.
Audiodescription [AD] :Cristóbal tend le micro aux personnes présentes, qui répondront à tour de rôle. Après avoir parlé, chacune placera son post-it sur la feuille de carton.
María José:— Bonjour, je suis María José, mère d'un enfant atteint du syndrome de Down. Les problèmes que j'ai rencontrés sont que mon fils est en première année de primaire, et le problème que sa tutrice nous a dit cette année non, l'année dernière, est qu'elle devait atteindre certains objectifs. Alors, on ne pouvait pas consacrer à Luis le temps dont il avait besoin parce qu'elle devait atteindre ces objectifs avec les autres enfants. Objectifs de lecture et d'écriture.
Pedro Piña :—Bonjour, je m'appelle Pedro, père d'un enfant ayant aussi des problèmes. Le principal problème que nous avons rencontré lors de la scolarisation de Pedro à l'école est que je viens d'un très petit village de la province de Cadix, qui compte quatre cents habitants, et l'école compte trente élèves au total, trente élèves pour quatre professeurs. Pedro, à ce jour, grâce à notre lutte, a eu son PT. Il l'a deux fois par semaine, en plus de son tuteur, de son professeur d'anglais, etc. Notre premier problème a été lorsque nous nous sommes réunis avec l'EOE et qu'ils nous ont dit qu'il n'y avait pas d'argent, qu'il n'y avait pratiquement pas de ressources. Comme nous venons d'un petit village, ils devaient centraliser tous les enfants de la comarque de la Sierra de Cadix dans une école où il y aurait plus de ressources. Outre le fait d'avoir beaucoup lutté pour que Pedro soit là, lorsque nous nous sommes réunis avec l'EOE, le principal problème que je vois à l'école, c'est l'EOE. Ensuite, une équipe d'orientation qui n'est pas d'accord, on arrive à la comprendre, mais d'en haut on leur dit qu'il n'y en a pas et il n'y en a pas, et c'est tout, c'est le seul obstacle qu'ils nous mettaient. Quand nous nous mettions vraiment à parler avec eux, nous leur disions : « si tu comprends ce que je veux et ce dont j'ai besoin, quel est le problème ? Est-ce économique ? » Et ils nous répondaient que oui, que l'administration ne fournissait pas assez de professeurs, ou assez de ressources.
Ignacio Calderón :—Il est important que chaque intervention que nous faisons se matérialise, ou que chaque idée que nous travaillons se matérialise sur un post-it qui ira sur le papier continu.
Arasy González :—Bonjour, je m'appelle Arasy. Je suis étudiante à la faculté depuis quelques années et je le resterai, j'espère. Je vois que l'un des facteurs qui conditionnent la matérialisation de l'école comme un espace où il n'y a pas de place pour les enfants est un certain déficit dans la formation des enseignants pendant la période de formation initiale. Normalement, il y a très peu d'espace où l'on peut penser à un autre type d'école, donc, lorsque la formation continue d'être reproductive à la faculté, continue d'être transmissive, continue d'être inerte et stérile. Ce qui tend à se faire, c'est de reproduire ce modèle hégémonique et il n'y a pas de changement, et les personnes qui sortent de leur cursus et arrivent dans une classe, finissent par reproduire ce qu'il y a dans cet endroit et ce qu'elles apportent en héritage de la culture et de la société.
Audiodescription [AD] :La caméra quitte la salle où se déroule le premier atelier et se dirige vers la salle où se déroule le second : « L'évaluation psychopédagogique, à l'examen ». Elle traverse un couloir vitré de la faculté, passe par un patio et longe un hall vide.
Susana Fajardo :— Le travail effectué par les personnes qui ont conçu ce processus a été dénaturé, le processus a été dénaturé, ainsi que l'utilité de l'évaluation psychopédagogique et de la concrétisation curriculaire.
Esther Polo :—Eh bien, si tu veux, nous avons des post-it ici et tu peux l'écrire plus ou moins, et nous le collerons. Si vous voulez, nous continuons avec les contributions ; si quelqu'un veut commenter quelque chose, ce que vous voulez dire.
José Luis Melero : — Bonjour. J'ai une fille atteinte du syndrome de Down. Nous essayons de nous battre pour cette cause. Suite à ce que j'ai vu sur Internet, sur Facebook avec Nacho Calderón et Alejandro Calleja, je me bats pour l'éducation inclusive de ma fille. La question des rapports psychopédagogiques, je la vois comme quelque chose de clinique. L'administration a un pouvoir énorme là-dedans, et tant que nos enfants seront considérés comme malades, je pense que la situation ne pourra pas évoluer positivement, car bien sûr, quand on lit un de ces rapports, le monde s'écroule. Tout y est négatif, rien de positif sur votre enfant. Moi, quand j'ai lu les articles de Nacho Calderón ou les vôtres, par exemple, (inintelligible).
María José Cornell : Il m'arrive la même chose. Dans l'équipe, nous sommes une trentaine, et nous ne sommes que deux ici, tout le monde voit les choses différemment.
José Luis Melero : — Ce sont des visions.
María José Cornell : Cet après-midi, quand nous verrons les solutions, ou quand nous verrons les pistes à suivre… L'une des choses est qu'il ne s'agit pas d'opinions. Il y a un atelier qui travaillera sur la loi, la partie juridique. D'autres types d'arguments sont ceux que nous pouvons vous apporter, à vous en tant que parent, ou à moi en tant qu'orientatrice, lorsque je suis dans l'équipe et que vous dites quelque chose qui ne correspond pas à ce qu'ils disent.
Raúl López :— Je dis quelque chose, car je vois des gens écrire. Je propose que nous écrivions sur les post-its uniquement la ligne directrice, par exemple, « problème de l'évaluation », « modèle clinique » ou « ne signaler que le négatif ». C'est-à-dire, des « idées fortes ». Qu'on voie les différentes idées fortes. Et ensuite, nous les rassemblons.
Participant 1 :— J'appartiens à la Fédération Espagnole des Maladies Rares (FEDER). Dans les maladies rares, nous avons aussi des conflits avec la qualification, car évidemment nous ne les considérons pas comme malades, mais bien sûr, en clinique, il est souvent nécessaire de classifier pour apporter une réponse, souvent au niveau clinique. Ce que je vois de mon point de vue, c'est qu'il ne faudrait faire aucune évaluation psychopédagogique, car aucun enfant qui n'a pas de difficultés ne fait l'objet d'une évaluation psychopédagogique. Ce qui est considérable, c'est de faire un rapport qui tienne compte non seulement des besoins, mais aussi de toutes les capacités de cet enfant. Il est également important dans les maladies rares de tenir compte des besoins sanitaires, mais nous ne devons pas le confondre et l'amener au niveau clinique, car il y a beaucoup d'enfants qui ont un besoin sanitaire à l'école, par exemple, un changement de sonde, et qui ont besoin de la figure d'une personne sanitaire, ils ont besoin de cette ressource pour que l'enfant soit en classe. Donc, je pense que le plus important est de faire un rapport de ses besoins, mais aussi de refléter toutes les capacités qui existent, ce qui n'est généralement pas fait. Nous nous concentrons toujours sur les besoins et les difficultés, sans mettre en évidence ces capacités qu'il possède.
Carmen Mates :— Eh bien, je suis Carmen Mates, directrice d'un centre. Nous sommes une communauté d'apprentissage et nous assurons l'inclusion au centre comme l'un des piliers des communautés d'apprentissage. Il est vrai que l'évaluation psychopédagogique pour étiqueter les élèves n'a pas beaucoup de sens, mais les centres se voient aussi dans l'obligation, car s'il n'y a pas d'évaluation des élèves qui demandent des besoins, on nous retire du personnel. C'est très bien d'avoir deux ou trois professeurs dans la classe, mais au moment où il n'y a pas d'élèves évalués et avec un rapport psychopédagogique, ces ressources commencent à disparaître, avec quoi quelque chose ne va pas. Je ne sais pas si c'est la norme ou si c'est la manière. Il est vrai que dans la conception des centres, il y a beaucoup à faire, beaucoup à travailler et que nous devons changer notre regard sur les élèves, mais ce type d'évaluations est nécessaire, ou du moins, sans les écarter, mais en leur apportant les réponses dans la classe.
José Luis Melero :— Je pense tout le contraire, pardon.
Participant 7 : — Je pense que ce qui serait important, c'est de connaître la réalité à laquelle nous sommes confrontés dans les établissements. Que peut-on faire pour que les établissements disposent de ressources sans avoir à étiqueter négativement les élèves ? Nous avons cette difficulté, nous avons besoin de ressources, nous avons besoin d'enseignants et d'enseignantes pour travailler. Comment faire ? Ce serait un point important à travailler, je ne sais pas si dans le cadre du système que nous avons, car le système est totalement erroné. Il ne devrait y avoir ni recensement ni étiquetage pour répondre aux besoins éducatifs de tous les élèves.
Mirela :— Cela passe par le fait que les rapports psychopédagogiques sont trop standardisés. Dans l'association, par exemple, nous en recevons de la part des parents, vous les lisez et cela ressemble à l'examen du code de la route : a, b, a, b, c. Ils sont trop « standard ».
Esther Polo :— Nous allons essayer que toutes ces idées que nous exprimons ici se reflètent sur les post-its. Au fur et à mesure que nous les aurons, nous nous lèverons et les collerons, car ensuite nous devrons les organiser. Donc, pour accélérer le processus, en plus de toutes les interventions.
Antonio Márquez :— Je voulais faire une remarque en relation avec ce que vous dites, et la centrer un peu sur la manière plus technique de ce qu'est l'évaluation psychopédagogique. Je pense que l'on associe l'évaluation psychopédagogique à la cause de l'étiquetage, alors que c'est plutôt le jugement qui génère l'étiquetage. Comme vous l'avez bien dit, l'évaluation psychopédagogique a été dénaturée, et elle a été dénaturée parce qu'entre les fonctions qui lui sont assignées, il y a la délimitation des besoins éducatifs spéciaux et, d'autre part, l'analyse du contexte dans lequel l'élève évolue, afin de modifier ce contexte et que l'élève puisse participer. Qu'est-il arrivé ? C'est que la partie du contexte a été complètement oubliée, et on n'y prête aucune attention, et c'est la plus importante, car elle n'oblige pas l'enfant à changer, mais elle oblige l'école à changer et la classe à changer.
Ensuite, d'autre part, le terme « besoins éducatifs particuliers » a été dénaturé. Je ne sais pas si vous avez remarqué que nous accédons à n'importe quel manuel, rapport, etc., et les besoins éducatifs particuliers sont présentés comme des problèmes, et ce n'est pas un problème. Ce que nous devons considérer, c'est le besoin que l'enfant a pour pallier ce problème, ce dont il a besoin. Et si je confronte cela à ce qui devrait être changé dans l'école, le rapport psychopédagogique aurait une utilité. Et c'est fondamental, ce n'est pas quelque chose que je dis, c'est la réglementation qui le dit. La réglementation, lorsqu'elle définit l'évaluation psychopédagogique, dit qu'elle doit porter sur les deux éléments, qu'elle doit être basée sur l'analyse de l'enfant, mais surtout sur l'analyse du contexte, et c'est la norme et elle est enfreinte, comme tant de choses qui sont enfreintes et non faites. Je pense que c'est important, que c'est quelque chose qui pourrait avoir une utilité et qui n'en a pas.
Participant 7 :— Et tu ne crois pas que pour travailler ces besoins, nous devons le faire à partir de la force de l'élève, de ses points forts ? Ne crois-tu pas que c'est quelque chose qui devrait faire partie de l'évaluation ? Comment vais-je aborder ces besoins si je ne sais pas sur quoi je vais m'appuyer ? C'est quelque chose que je n'ai pas non plus vu dans une évaluation.
Susana Fajardo :— C'est qu'elles ne sont pas faites pour ça, elles sont faites pour exclure.
Raúl López :— Je vois un problème avec les évaluations psychopédagogiques. L'un des problèmes fondamentaux est qu'elles nous obligent à poser une étiquette qui correspond à un modèle médical. Lorsque j'ai demandé au collège des psychologues si je pouvais utiliser l'une de ces catégories, ils m'ont dit que non, non pas parce que ce n'est pas clinique, mais parce que ce n'est pas mon rôle. Je vais à l'encontre de la réglementation légale pour poser une étiquette. Lorsque j'ai parlé à la délégation, ils m'ont dit : « Non, tu indiques que cet enfant ou cette enfant présente cette symptomatologie compatible avec telle étiquette ». Dans la partie des solutions, dire que je n'ai pas à savoir à quoi quelque chose est compatible, car peut-être que je ne suis pas psychologue, je suis pédagogue, et si je suis psychopédagogue, je n'ai pas à connaître les dernières inventions cliniques d'étiquetage.
Mirela :— En Baleares, nous avons vu un rapport de la psychiatre qui, au départ, ne constitue pas un rapport psychopédagogique. À partir du rapport de la psychiatre, ils commencent à établir un rapport psychopédagogique.
Raúl López :—Bien sûr, ce qu'on m'a dit, c'est : « Arrête jusqu'à ce que tu aies le rapport de santé », mais si je l'arrête sans le rapport de santé, il n'a pas droit aux bourses, il n'a pas droit aux ressources.
Et une autre question en lien avec les ressources. On m'a parfois critiqué en disant : comment ai-je pu rédiger ce rapport, en disant que cette classe, pas l'enfant, mais cette classe, a besoin d'un deuxième professeur de soutien, ou d'un professeur de communication, ou d'un éducateur social, étant donné qu'il n'y en a pas dans le centre. Je n'évalue pas les ressources du centre, mais les besoins de cette classe, indépendamment de leur existence ou non. Cela ne m'intéresse pas, mais beaucoup pensent que s'il n'y a pas de PT, il ne faut pas indiquer qu'il en faut un. S'il n'y a pas d'éducateur social, il ne faut pas indiquer qu'il en faut un. S'il n'y a pas de classe spécifique, il ne faut pas indiquer qu'elle est nécessaire, ce que je ne ferai jamais, mais j'ai vu des cas où « comme nous avons une classe spécifique, indiquez qu'un enfant en a besoin, sinon la classe spécifique disparaîtra ». C'est-à-dire qu'on cherche des enfants pour les ressources, et non des ressources pour les enfants.
Susana Fajardo :—Cela, on vous le dit en face, tranquillement assise dans son bureau par la déléguée provinciale. Et les ressources ? Et les enfants ? Les enfants là où sont les ressources et non les ressources là où sont les enfants, et elle reste là, tranquille.
Participant 1 :—Et ce qui se passe, c'est que, comme rien n'est établi ici en Andalousie, dans le cas de mon fils, j'ai dû l'emmener dans une école qui ne lui correspondait pas géographiquement ; c'était là où se trouvait la ressource. Et bien sûr, il y a une PT pour 30 élèves, donc, évidemment, l'attention n'est pas donnée à l'intérieur de la classe, en groupes, et de cette manière.
Susana Fajardo :— Et une autre chose que nous devons prendre en compte, et c'est un peu ce que j'ai commenté. Les enfants qui reçoivent un soutien parce qu'ils en ont besoin et n'ont pas d'avis, ne sont pas comptabilisés dans le ratio.
Participant 1 :— Non, ils ne sont pas comptabilisés.
Carmen Mates :— L'une des instructions pour qu'un enfant soit évalué est qu'il doit y avoir une matière échouée. S'il n'y a pas de matière échouée, il n'y a pas d'évaluation.
Susana Fajardo :— Mais si tu détectes qu'il y a une difficulté, tu lui donnes le soutien, mais il n'a pas d'avis parce qu'il n'a pas échoué une matière et qu'il a besoin de soutien, et il ne compte pas dans le ratio. Par conséquent, il y a toujours ce déséquilibre.
Carmen Mates : —Nous comprenons la « difficulté » lorsqu’elle est suspendue, qu’elle soit suspendue ou non. La capacité et la difficulté ne doivent pas être liées ; on peut avoir une difficulté et de grandes capacités. Donc, il faut suspendre l’enfant, car avec l’évaluation que nous avons, il y a des ressources…
Rocío Salcedo :— Je voulais dire que nous considérons le rapport psychopédagogique comme un outil fermé. J’ai lu des rapports qui n’ont pas été modifiés depuis des années, par conséquent, si l’enfant évolue, ce rapport psychopédagogique doit aussi évoluer, il doit s’adapter à la réalité de l’enfant. J’ai lu des rapports qui ne sont pas modifiés ; cependant, les adaptations curriculaires que nous, les PT, faisons, nous les adaptons par trimestre. Je voulais que cette différence soit consignée.
María José Moreno :— Je voulais dire que le problème fondamental que je vois dans l’évaluation psychopédagogique, c’est principalement qu’elle s’est adaptée au système éducatif. Ceux d’entre nous qui sont ici ne pouvons pas changer le système éducatif et nous avons peu à faire, sauf dans la petite île de notre école. Je suis mère de deux enfants. L’un d’eux est diagnostiqué TSA, et j’ai dû chercher quelle école était inclusive, ce qui me semble totalement injuste. Mais, au-delà de cela, ce que j’ai subi avec l’évaluation psychopédagogique, dans un premier temps, c’est qu’elle a été faite pour que mon fils quitte l’école sous contrat, parce que mon fils dérangeait les autres élèves et que cette école n’avait pas les ressources pour s’occuper de mon fils. Elle peut avoir une piscine chauffée, elle peut avoir beaucoup de choses, mais elle n’avait pas les ressources pour s’occuper de mon fils. Donc, le rapport psychopédagogique a été fait comme une sorte de pansement, pour pouvoir exclure mon fils.
Ensuite, j’ai rencontré le deuxième cas, où une évaluation psychopédagogique adéquate, parfaite, a été faite, en tenant compte de tous les aspects de l’enfant, familiaux, thérapeutiques, mais, une fois qu’elle a été faite, il n’y a eu aucune coordination avec les PT successifs qui sont venus, ni avec les professeurs-tuteurs successifs, ce qui est une autre chose dont nous n’avons pas parlé. Les enfants en primaire n’ont pas un tuteur ; mon fils a eu jusqu’à 11 professeurs, mais, s’il n’y a pas de coordination entre l’orientateur ou l’équipe d’orientation qui a fait l’évaluation, entre les PT successifs qui arrivent, les professeurs successifs, les chefs d’études successifs, les orthophonistes successifs, cela ne sert à rien. Par exemple, l’ACIS, nous sommes en février et je ne l’ai toujours pas reçue. C’est-à-dire, quand mon fils entre en septembre, on ne sait pas ce qu’il va apprendre, je sais ce qu’il va apprendre.
Esther Polo :— Nous devons terminer les commentaires car nous allons passer à l'analyse des post-its. Si quelqu'un veut dire quelque chose, que ce soit très bref.
Olga Gavé :—J'ai mis quel est le pouvoir de l'orthophoniste pour changer de forme, ce à quoi je fais référence. J'avais déjà commenté le cas de mon fils en passant au spécial. Nous avons dû demander une deuxième évaluation. Dans le spécial, l'orthophoniste disait que non, que mon fils ne pouvait pas bénéficier d'un centre ordinaire. Alors nous sommes allés dans une autre équipe, et, surprise, elle nous a dit qu'elle évaluerait avec le cœur, et c'est pourquoi mon fils est dans l'ordinaire. Parce que le score lui sortait pour une classe spéciale, mais, comme j'ai deux autres enfants et que nous voulions un équilibre familial, mon fils est dans l'ordinaire. Pourquoi certains changent et d'autres non ?
Description audio [AD] :La caméra quitte la salle où se déroule le deuxième atelier et se dirige vers une autre, où a lieu le troisième atelier intitulé : « Barrières juridiques ».
Fran Pereña :—C'est le problème du Droit, avoir raison, savoir le justifier et qu'on vous donne raison.
Alejandro Calleja :—Je mettais ici : l'avis d'orientation scolaire comme une condamnation à mort sociale. L'avis est juridiquement une sentence, et la conséquence est la mort sociale.
Carmen Morales :—Le système cautionne des lois qui devraient être abrogées. Si en Espagne on avait fait un bon nettoyage… Ce qui a été fait ici il y a six ou sept ans, et que beaucoup de gens ont semblé accepter, c'est qu'un groupe a été formé et a proposé des changements, ils ont pris une loi et parmi tous les articles qui ne respectaient pas la Convention, ils n'en ont changé que deux. Un bon accord a été conclu, mais la loi n'est pas respectée, car les lois sur l'éducation qui restent en vigueur violent les droits fondamentaux de tous nos élèves.
Alejandro Calleja :—Le problème, c'est qu'avec la loi élémentaire, on a mis deux phrases qui semblaient très jolies, qui incluaient l'inclusion, mais au final, c'était la même chose, il y a quatre modèles de scolarisation et un seul est inclusif. Tant qu'il n'y aura pas un seul modèle ou groupe de scolarisation, nous aurons le problème et l'illégalité.
Fran Pereña :—La norme est claire, la norme existe. Depuis 2008, l'Espagne a approuvé cela, c'est au-dessus de tout, mais, comme elle le dit, toutes les lois qui peuvent être maintenues et celles qui sortent et continuent de violer cela. Une chose est l'existence de normes, et ce qui se passe maintenant va à l'encontre de la loi. Et le problème, c'est que vous deviez aller au tribunal pour qu'un juge, avec l'arbitraire que tu disais, pour que le juge ou l'arbitraire que représente le recours à la justice, déclare ce qui est déjà établi, ce qui devait être exécutif, c'est-à-dire, il est écrit ici et il faut le respecter.
Carmen Morales :— Si de tout ce groupe, imaginez qu'une grande plateforme naisse, qui d'une manière ou d'une autre ait un écho social impressionnant, savez-vous ce que font le gouvernement et les communautés autonomes ? Ils font une nouvelle loi qu'ils mettent trois ou quatre ans à élaborer, ils la publient, ils ne la budgétisent pas, ils ne créent pas la réglementation, et nos enfants restent au même endroit, car combien de changements y a-t-il déjà eu.
Alejandro Calleja :— La meilleure façon de combattre cela, et j'en suis de plus en plus convaincu après tout ce parcours. En mars ou avril arrivent tous les avis psychopédagogiques, pour qu'en septembre ils soient soutenus par les structures spécialisées. Si au lieu d'une famille d'une communauté autonome qui refuse de scolariser son enfant, il y avait dix familles en Andalousie, quinze en Estrémadure, alors le gros problème de l'administration serait celui-là.
Carmen Morales :— Mais les écoles d'éducation spéciale ne devraient plus exister en Espagne depuis dix ans.
Sabina :— Il reste vingt minutes, et si vous êtes d'accord, nous allons passer en revue les idées qui sont sorties. 40 idées sont sorties.
(Lit) « Absence de connaissance du droit dans le domaine éducatif et manque de preuves qu'un enseignant écrit des mensonges ».
Fran Pereña :— C'est la présomption de véracité et de légalité.
Virginia :— Comment prouvez-vous qu'un professeur écrit des mensonges ? C'est sa parole contre la vôtre.
Sabina Habegger :— Si vous voulez, je vous invite à vous rapprocher un peu, sauf si vous avez une très bonne vue. L'idée est de voir si les regroupements que nous avons faits sont plus ou moins pertinents. Je vous lis ceux que nous avons déjà organisés :
L'avis d'orientation scolaire comme sentence de mort sociale
Comment prouver ces mensonges ?
Les rapports psychopédagogiques.
Les mesures envers les élèves.
Les étiquettes.
La loi travaille dans un modèle clinique.
Le modèle des besoins éducatifs spéciaux.
Pensez-vous que ce que j'ai lu s'inscrit dans une idée plus ou moins similaire ?
Javier Herrera :— Je pense qu'il y en a une claire, qui concerne le modèle de la structure, ou le modèle en soi. C'est-à-dire, comment viennent les catégories, comment vient la structure ordonnée. Il est clair qu'il y a des choses qui sont en commun, mais il y en a une, dont je ne me souviens plus laquelle, qui n'est pas.
Irene Carranza :—Il existe des normes éducatives qui ont un modèle clinique à base psychopédagogique, donc, une conseillère d'orientation qui veut faire un travail inclusif, a du mal, car elle doit aller à l'encontre de la norme.
Javier Herrera:— C'est ‘la norme comme barrière’.
Sabina Habegger :—C'était le titre de l'atelier, n'est-ce pas ?
Irene Carranza :—La norme éducative qui régit ton travail va à l'encontre de l'inclusion.
Fran Pereña :— Le caractère rigide, on pourrait dire.
Irene Carranza :— Le caractère rigide et clinique.
Sabina Habegger :— Un modèle clinique excluant du cadre législatif, il faut donner un nom à la catégorie.
Irene Carranza :— L'Administration a créé un artefact d'étiquetage qui ne garantit ce droit que si je suis au téléphone. « Il est étiqueté » et « il n'est pas étiqueté » sont un paradigme clinique d'étiquetage, pour garantir un droit à quelqu'un qui l'a déjà.
Alberto Márquez :—Modèle clinique ayant force de loi.
Javier Herrera :—La base clinique est ce qui soutient le rapport psychopédagogique. Si vous enlevez la base clinique…
Alejandro Calleja :—Il faut bannir le modèle clinique.
Sabina Habegger :—Mais tout cela, qu'est-ce que cela représente ?, de quoi parlons-nous ?, quelles idées avançons-nous ?
Irene Carranza :— Que la loi sur l'éducation soutient ce sur quoi travaille le groupe 2, à savoir une évaluation psychopédagogique et des avis, et que la loi y répond.
Sabina Habegger :— La loi répond à un modèle clinique.
Alejandro Calleja : Je pense que c'est l'inverse. La loi favorise la possibilité de ces rapports et de ces avis. S'il n'y avait pas de loi pour étayer les différents modèles de scolarisation, les rapports n'existeraient pas.
Javier Herrera :— Pas à cause de la loi qui est initiée, mais à cause des normes existantes.
Ana Solsona :— Le modèle éducatif est basé sur l'académique, et l'éducation est bien plus que l'académique.
Sabina Habegger :— Nous sommes dans la phase où nous devons essayer de résumer ou de regrouper tout cela. Lorsque nous passerons au grand groupe, ici il y a plus de quarante opinions, c'est-à-dire que nous devons le regrouper en grands blocs.
Irene Carranza :— Normes basées sur des modèles cliniques.
Participant 1 :— Modèles basés sur des pathologies.
Ana Solsona : Exigences académiques également.
Virginia : Pardonnez-moi, je ne sais pas si cela entre dans ce que nous avons dit ou non, mais, par exemple, dans la partie légale, un conseiller ou une conseillère peut-il parler cliniquement d'un enfant ? Je demande.
Irene Carranza :— Il ne le peut pas, mais s'il s'appuie sur la LOMCE, il doit le faire, car il doit justifier.
Virginia :— Mais ce serait une illégalité, car un professionnel non médical ne peut pas.
Irene Carranza :— La LOMCE est illégale. Vous identifiez des besoins et ils doivent être associés à des catégories.
Alejandro Calleja :— Je pense que l'orientatrice peut ou ne peut pas.
Sabina Habegger : Concentrons-nous, je vous lis celle-ci : « Manque d'information, manque de clarté dans les règles, méconnaissance des droits. »
Comment pouvons-nous regrouper cela ?
Virginia :— Je pense que c'est quelque chose qui est créé à dessein. Cette désinformation de la part de l'administration éducative est générée à dessein pour que les parents soient indécis.
Javier Herrera :—Normes peu claires et contradictoires.
Sabina :Normes peu claires et contradictoires, noté.
Je lis les blocs d'idées : « bureaucratie lente, manque de mécanismes efficaces ; révision en phase administrative, impuissance, manque d'autonomisation des familles, manque de mécanismes pour exiger des responsabilités et présomption de véracité ».
Alberto Márquez :—Impuissance.
Sabina Habegger :— Impuissance, et quoi d'autre ?
Carmen Máximo :— Impuissance juridique.
Carmen Morales : Impuissance de l'enfance en situation de diversité.
Alberto Márquez : J'irais plus loin, l'impuissance des personnes.
Fran Pereña :— L'impuissance consiste à avoir un droit, qu'une norme vous accorde ce droit, et que vous ne puissiez pas l'exercer, c'est une position d'impuissance. J'ai ce droit et je ne peux pas l'exercer, ou j'ai ce droit et je dois aller au tribunal pour que ce tribunal me donne raison sur un droit que j'ai déjà. C'est un problème.
Sabina Habegger :— Abandon de mineur, pouvons-nous le mettre là, dans l'impuissance ? [El menor] est exclu.
Carmen Morales :— Dans toute cette histoire, toute la batterie juridique traditionnelle n'est pas prise en compte, où l'intérêt supérieur du mineur n'est pas respecté. L'intérêt supérieur du mineur ne peut jamais être la ségrégation, ce qui est obtenu par les avis.
Sabina Habegger :— Il y avait ici un « esprit de la loi et instructions », pensez-vous que cela pourrait aller avec le premier que nous avons analysé ?
Fran Pereña :—Oui, parce qu'au final, c'est ce qu'elle disait. Les instructions priment sur la loi. C'est-à-dire que l'instruction, qui est en bas, c'est ce que je fais au jour le jour, et j'oublie tout ce que j'ai ici en haut : c'est le quotidien de ton travail.
Sabina Habegger :— Ici, on parle d'autre chose : usure personnelle supplémentaire ; coûts économiques, de santé et psychologiques ; manque de transparence budgétaire, je ne sais pas si cela irait ici ; barrières économiques, critères stables ; dotation de ressources ; préoccupation pour l'argent ; coûts judiciaires et préjudices sociaux.
Fran Pereña :— Coûts.
Sabina Habegger :— Coûts ? Je laisse comme ça ?
Javier Herrera : Coûts supplémentaires de la défense.
Carmen Morales :— Coûts. Vous ne pouvez pas imaginer le coût que cela représente au niveau familial, au niveau social, au niveau psychologique, tant pour votre enfant que pour vous, sur le plan économique.
Sabina Habegger :— Alors, est-ce que je mets coûts supplémentaires à la défense ?
Carmen Morales : Non, pour moi, c'est un tout. Je ne peux pas séparer le coût de mon fils qui a perdu sept kilos, du coût que j'ai failli faire une dépression, je ne peux pas le séparer. Le coût économique, comme j'ai pu le payer, c'est le moindre, mais combien de personnes n'ont pas pu faire face au coût économique.
Alejandro Calleja : — En fin, c'est ce que l'on vise avec tout ce processus : la destruction de l'unité familiale.
Audiodescription [AD] : Le groupe participant se réunit dans la salle principale après les ateliers. Ignacio Calderón s'adresse à eux.
Ignacio Calderón : Cette petite assemblée d'une demi-heure sert à informer tout le monde de ce qui s'est passé dans les ateliers où nous n'étions pas. Les porte-parole de chaque atelier vont passer ici et nous raconteront un peu les conclusions auxquelles ils sont parvenus et les débats qui ont eu lieu dans chacun des ateliers.
Alejandro Calleja :— Bonjour, bon après-midi. Dans l'atelier 3, nous avons examiné la question législative, d'où nous venons et où nous en sommes. Cet après-midi, nous approfondirons où nous voulons aller, où nous allons aller. Il y a eu une cascade, une pluie d'idées. Je ne les ai pas comptées, mais il y avait une quarantaine d'initiatives que nous avons résumées en huit.
La première, un peu comme titre, est « des normes peu claires et contradictoires ». Elles créent de la confusion chez les professionnels eux-mêmes et les familles. L'ignorance est terrible. Et puis, contradictoires dans le sens où elles ne correspondent pas réellement à la législation. La législation est illégale car, si la discrimination, le rejet, l'abandon, la maltraitance, la ségrégation, l'exclusion, la condamnation à mort civile-sociale des élèves sont autorisés, c'est illégal au regard de la Convention et des droits de l'homme, bien sûr, et, évidemment, nous y sommes encore.
Ce sont des réglementations basées sur le modèle clinique. La réglementation s'appuie sur l'étiquette, comme nous l'avons déjà dit. Au final, l'élève est étiqueté, les familles aussi ; nous sommes tous étiquetés.
Ensuite, «l'impuissance», logiquement la famille, quand ce tsunami arrive. Elle vient déjà d'un tsunami émotionnel très fort, et quand ces problèmes vous arrivent sans crier gare, vous êtes totalement impuissant. Vous ne vous attendez pas au coup et un tel tsunami vous frappe que survivre est presque impossible. «La résilience», que j'ai apprise de Nacho. Après tout ce processus, se croire vraiment survivant est un mérite énorme, compte tenu de tout ce qu'il faut traverser et endurer : l'incompréhension de soi, des autres, même de son entourage proche, c'est pourquoi le soutien personnel, familial et de l'entourage est si important. Nous le verrons plus tard.
Ensuite, la question juridique génère beaucoup de peurs à cause des «coûts». Le sujet des menaces, logiquement. Vous êtes toujours entre le marteau et l'enclume. Si vous vous opposez à l'Administration, au pouvoir établi, à la norme, alors on vous menace avec les services sociaux, on vous menace de vous dénoncer, on vous menace d'une rupture familiale, on vous menace parce que vous êtes un mauvais parent et «comment pouvez-vous faire ça pour votre fils». Ainsi, la peur et les menaces affectent logiquement beaucoup les familles et constituent un abus de pouvoir. En réalité, nous sommes dans une situation de «légalité contre illégalité».
L'absence d'actions pour discrimination est un peu ce que j'ai dit dans l'atelier, c'est un peu la question de l'accès. Les familles, en plus d'être honnêtes, devons le paraître, car les professionnels, même s'ils ne sont pas honnêtes, peuvent se permettre le luxe de ne pas l'être et cela ne pose aucun problème. J'ai vécu cela personnellement. Mais les familles devons être honnêtes et le paraître. Quand les batailles qui peuvent être démontrées sont gagnées, une certaine responsabilité doit exister.
Le «manque de transparence» budgétaire dans le contrôle des critiques éducatives. La rengaine habituelle : il n'y a pas d'argent, il manque des ressources. Qu'est-ce que vous me racontez, si le rapport de la Banque Mondiale de l'OCDE dit que l'éducation spéciale coûte très cher, en coûts et en résultats ? Monsieur, vous dites qu'il n'y a pas de ressources ? Les ressources que vous employez pour l'éducation ségréguée, pour l'éducation ordinaire, vous verrez qu'il y a des ressources pour tous. De plus, nous formerons des élèves, des personnes, avec des droits, de la dignité, de l'autonomie et de l'indépendance. Ce sera, au fil de la vie, beaucoup moins cher que de dire à un élève de 21 ans : «Tiens, une mise à la porte et débrouille-toi». Et par où sortons-nous ? Sans aucune étude officielle, sans aucune qualification officielle, pour cela tant d'efforts ? Nous devons investir et nous devons dépenser, les choses clairement.
Le problème pour l'Administration ne seront pas les associations. Le problème pour l'Administration peuvent être les familles, les familles indépendantes qui s'unissent, et que septembre arrive et, au lieu d'une famille «folle», 20 ou 30 familles se rassemblent ici en Andalousie à la Consejería de Educación, parce que nos enfants n'iront pas dans des centres ségrégués.
Et puis, eh bien, «l'absence tant des familles que des professionnels» des normes, des lois, du droit. Je pense que c'est une ignorance un peu sournoise, car l'Administration, entre guillemets, peut-être, ne souhaite pas non plus que nous sachions que nous avons des droits. Et qu'on vous dise que votre fils doit aller dans un centre tel et que vous leur disiez : «Le droit du mineur n'est pas celui-là». De même, l'Administration n'a pas intérêt à vous dire : «Voici vos droits et voici la Convention».
Et voilà pour tout ce que nous avons vu. Merci. Et bien sûr, cet après-midi, il y aura quelque chose de mieux.
(Applaudissements)
Arasy González :— Eh bien, de notre débat sont issues de multiples idées que nous avons tenté de regrouper en différents grands ensembles. Après avoir libéré ces mini-idées et les avoir regroupées, nous avons essayé de trouver, ensemble, l'origine de ce mal de l'école, et nous avons réalisé qu'en réalité tout est interconnecté et que nous pourrions commencer à expliquer le schéma n'importe où, bien que je me sente plus en sécurité en commençant par la gauche.
Nous comprenons qu'il existe une loi éducative. Une loi éducative qui, dans les grandes lignes, est assez inclusive, mais, quelque chose se passe dans cette concrétisation de la loi, quelque chose se passe qui rend l'école ségrégatrice, alors, que se passe-t-il ? Nous nous retrouvons avec une structure organisationnelle de l'école assez concrète, comme le disaient certains collègues. L'école n'est pas centrée sur la formation de citoyens actifs, dépendants et démocratiques, mais sur la formation de travailleurs, ce qui se traduit par un projet éducatif sans mission et sans vision. Compte tenu que le but éducatif de l'école est de former ces travailleurs, elle est totalement centrée sur la productivité, sur l'académisme, c'est une école fermée, une école rigide, de taille unique, dans laquelle entrent certaines personnes et la majorité reste exclue sous un aspect ou plusieurs.
Tout cela se traduit par l'adoption et l'assomption d'une méthodologie concrète, qui sont aussi des programmations très fermées, très concrètes, centrées uniquement sur l'obéissance, la soumission des élèves, le contrôle, l'ordre et le fait d'avoir un modèle d'élève qui doit s'intégrer dans cette méthodologie concrète. L'un des exemples que nous donnions avant de terminer est que l'école est vue comme un cube où des enfants sont séparés de leurs camarades. Il est donc normal que le rôle de l'enseignant se traduise par la réponse à de petits problèmes. On ne voit pas les enfants comme un problème, ce qui est un problème qui, au final, doit être traité.
Eh bien, cette méthodologie, inévitablement, débouche sur un type d'évaluation, qui plus qu'une évaluation est une note qui a trait à une donnée alphanumérique, à un chiffre qui suppose une ségrégation, suppose une séparation et une hiérarchisation, où l'un est plus que l'autre et il y a des standards auxquels il faut répondre. Ce que disaient les collègues, c'est que nous avons besoin d'une évaluation pour la justice sociale, d'une évaluation au lieu d'une note, et que ce que poursuit l'école, compte tenu des principes dont nous parlions, c'est une excellence académique plutôt que l'inclusion ou la création de citoyens compétents.
Eh bien, tout cela se voit et se concrétise dans une culture et une pratique éducative très particulières, dans lesquelles l'enseignant manque d'attitude, d'envie, de motivation, ne sort pas de sa zone de confort. Ce dernier post-it, nous l'avons ajouté à la fin, et nous avons remarqué qu'il y a un manque de cohésion sociale à l'école. En l'absence de ce sens de tissu social, tout le monde comprend que les problèmes sont individuels, et que chacun doit s'en charger.
Un autre point étroitement lié à la culture et à la pratique scolaire est la formation des enseignants. La formation pour le corps enseignant, dont nous avons parlé auparavant, présente un déficit élevé lié à la société excluante dans laquelle nous sommes immergés.
Ce sont les familles qui en paient le prix. Sachant que dans un environnement fermé, inerte, et qui exclut les autres agents participants, la famille est celle qui en subit les conséquences. Cela se traduit par le fait que les familles font partie d'un engrenage, d'une hiérarchie, dans laquelle d'abord il y a les enseignants, qui ont la qualité d'experts ; ensuite, il y a les parents, avec de la chance, et enfin, il y a les enfants.
(Applaudissements)
Leonor : — Bon, notre groupe était le deuxième atelier, l'évaluation psychopédagogique. Nous avons fait, également, un brainstorming concernant l'évaluation psychopédagogique, à quoi elle sert, et l'avons mise un peu à l'épreuve. Dans ce sens, nous avons regroupé tous les post-its et, ensuite, nous les avons classés en leur attribuant une catégorie à chacun de ces groupes de post-its. Les catégories ont été celles qui sont affichées sur le papier, à savoir : les étiquettes, la coopération et les fonctions et limitations des adaptations. Dans le groupe, nous avons abordé toutes ces questions que la collègue vient de soulever. L'évaluation psychopédagogique fait partie des processus et des actions que nous menons à l'école et les conseillers d'orientation, qui sommes ceux qui les organisent, nous nous retrouvons impliqués et faisons partie de toutes ces circonstances qu'a exposées la collègue.
Qu'est-ce que nous avons mis en évidence, en nous concentrant surtout sur les problèmes ? J'avais envie d'apporter des propositions et des solutions qui sont aussi dans nos têtes, et des expériences positives, car il y en a aussi. En nous concentrant sur les problèmes, nous ne pouvons ignorer que, dans l'évaluation psychopédagogique, le modèle clinique, le modèle ségrégateur, excluant, est très présent actuellement. Certains conseillers d'orientation ressentent la même chose que les familles, le besoin d'être très techniques, rigoureux en ce qui concerne les catégories diagnostiques ; proposer une ressource qui corresponde étroitement à cette étiquette. Cela est très présent, et c'est un effort que nous, conseillers d'orientation, devons faire pour nous rappeler, dans chacune de nos actions, pourquoi nous évaluons, dans quel but nous évaluons, et comme je le disais avant dans le groupe, nous ne devons pas oublier que nous travaillons pour et par les élèves et que dans ce travail, nous sommes là pour les aider et les soutenir en fonction des besoins qu'ils expriment.
Il était également commenté que les rapports étaient très standardisés, qu'un rapport était une photocopie d'un autre. Dans ces rapports, le contexte est oublié, il est décontextualisé, on ne regarde l'enfant qu'en tant que malade.
L'évaluation psychopédagogique est passée d'être un processus à être quelque chose de prescriptif, pour pouvoir attribuer une ressource, on disait : « Nous allons attribuer des enfants pour utiliser cette ressource », au lieu d'être le contraire, avoir des besoins et voir quelle ressource nous pouvons offrir à ces élèves. Le processus et l'utilité de l'évaluation psychopédagogique ont ainsi été dénaturés.
Nous parlons de coopération car il nous semblait également remarquable que dans ces évaluations psychopédagogiques, la figure unitaire du conseiller d'orientation, seul, déterminait en tant que technicien ou clinicien quel était le besoin, ou le handicap ou le diagnostic, cette étiquette. Dans de nombreux cas, l'avis des familles n'est pas pris en compte, ni les observations de l'enseignant principal, qui fait également sa propre évaluation et connaît les élèves. Les évaluations se concentrent sur ce moment où l'on passe des tests, décontextualisés et sans coopération entre les agents impliqués.
Je ne sais pas si j'oublie quelque chose. Je disais aux collègues de m'aider, je ne sais pas si quelqu'un du groupe veut commenter quelque chose.
Susana Fajardo :— Nous avions discuté du sujet de la coopération, de l'injustice qu'il y a, après avoir effectué un travail qui, en principe, doit être positif et nécessaire, comme évaluer les besoins d'un enfant pour que ces besoins soient couverts dans l'environnement éducatif, de constater que c'est ensuite la prérogative de l'enseignant de décider s'il en tient compte ou non, et s'il veut mettre en œuvre la proposition ou non.
Une autre chose que nous avions discuté concernant les adaptations et les limitations, c'est que le système lui-même se pervertit en étiquetant les élèves. Ce que nous obtenons, c'est que si nous avons dénaturé le processus même qui était censé être cette évaluation, et que nous l'exécutons uniquement pour produire un avis qui sera probablement excluant, car sinon il est probable que l'enfant ne sera même pas évalué, nous pervertissons le système et l'avis et l'évaluation deviennent les défenseurs de la perversion du système. Ainsi, au lieu d'être un outil pour couvrir les besoins, il devient un outil de ségrégation, sur lequel toute l'administration s'appuie pour décider quel enfant oui et quel enfant non.
Alors, évidemment, une autre chose à prendre très en compte, c'est qu'il est impossible, avec le ratio d'orientateurs actuel, que ce processus puisse être mené à bien comme il était pensé. De même que les ACIS (adaptations curriculaires) n'étaient pas pensées pour exclure, mais pour que les élèves acquièrent des objectifs, maintenant, si l'ACIS suppose que votre enfant a un décalage de deux ans, il est un candidat évident pour avoir la porte ouverte, comme elle l'est presque depuis qu'il entre, pour abandonner le système éducatif ordinaire. Alors, tout est très impliqué et tout est très connecté. L'étude psychopédagogique est nécessaire si nous allons l'utiliser pour couvrir les besoins, mais si nous cherchons un avis, l'avis est ce qui est dispensable, il n'est nécessaire à rien. Si nous allons utiliser l'évaluation psychopédagogique pour exclure un enfant, l'étude psychopédagogique sera également dispensable.
(Applaudissements)
Ignacio Calderón :— J'ajouterais, juste pour souligner une chose, concernant notre atelier sur l'école dans son ensemble, que ce que vous traitez dans votre atelier a trait à quelque chose que nous n'avons peut-être pas suffisamment abordé, ce sont les niveaux, l'école à niveaux, le fait de penser qu'un enfant ou une enfant à un certain âge doit être dans cette classe, mais s'il ne remplit pas certaines exigences, il n'a pas à être dans cette classe, ou il n'a pas à être dans ce centre ou dans cette salle de classe. Il faudra réfléchir à ce qui se passe pour que nous ayons compris que l'école est au-dessus de n'importe quel enfant.
Alejandro Calleja:— En ce qui concerne les examens et les rapports, nous l'avons également abordé dans le domaine juridique. Juridiquement, nous avons vu la nécessité d'un rapport. Il doit y avoir un rapport pour évaluer que chaque enfant a des besoins différents, des soutiens différents, et il faut les évaluer. Ce que nous considérons comme totalement illégal et superflu, c'est l'avis d'orientation scolaire, car l'avis est juridiquement une sentence. Dans le cas de nos enfants, c'est une sentence de mort sociale, il ne peut y avoir l'option oui ou non, ce doit être oui ou oui.
(Applaudissements)
Leonor :—J'aimerais dire une petite chose, que j'ai déjà mentionnée dans le groupe. Une autre chose que je prends en compte, et je pense qu'il est important de la nommer ou de la dire, c'est que dans ce sentiment que nous avons d'être des techniciens, d'être rigoureux, d'ajuster et d'être très précis dans le travail en ce qui concerne les besoins, les ressources, et d'être très exacts dans le cas que nous évaluons comme cas. Je pense que nous ne pouvons pas oublier la subjectivité, qui, tout comme les enseignants travaillent dans l'éducation et ont une charge très subjective lorsqu'ils travaillent. Cependant, cette subjectivité ne doit pas impliquer un manque de rigueur ou que nous ne faisons pas bien notre travail. De plus, je pense que c'est indispensable tant que c'est au bénéfice des enfants et que c'est en regardant ce dont ils ont besoin et leur bien-être. Je pense que cette partie, qui est le cœur dont nous parlions, ne peut jamais manquer, et elle accompagne, bien sûr, un bon travail.
(Applaudissements)
Inma (étudiante) :—Je voulais ajouter que, dans mon groupe, nous avons discuté de l'importance accordée à ce qui est évalué ? Si nous évaluons des règles rigides comme « arriver en classe, rester assis et silencieux », et si c'est ce qui est correct, ce qui est supposément correct, parce que si un enfant ne le fait pas, et qu'il nécessite déjà une évaluation, qu'est-ce que nous évaluons réellement ?
(Applaudissements)
Irene Carranza : — Je voulais dire que le rapport psychopédagogique est aussi un avertissement, dans le sens où il identifie des besoins éducatifs spéciaux. Nous avons analysé que la réglementation elle-même est basée sur un modèle clinique, une partie de la LOE, et que la garantie de certaines aides, des ressources, repose sur cette étiquette. C'est ce qui, je pense, pervertit aussi toute la question. Alors, je pense que le rapport s'inscrit aussi dans ce modèle clinique, car il semble être le guide pour garantir un droit qui est déjà chez l'enfant. L'étiquette n'est pas nécessaire, c'est une arme à double tranchant.
Ensuite, nous avons également analysé tout ce qui se trouve ici derrière dans l'école (se référant à l'affiche de l'atelier 1). La réglementation est également soutenue par tout ce modèle : comment on note, comment on évalue, comment va cette conception du curriculum, quelle est la réglementation d'organisation du centre. Toutes ces questions, qui appartiennent à la manière dont toute l'institution éducative est légiférée, répondent également à un modèle ségrégateur, et se trouvent à la base de tous les mécanismes d'exclusion. Au final, l'orientation est un pilier de plus de toutes ces structures ségrégatrices, par la norme.
(Applaudissements)
Participant 6 : — Je pense que, parmi les problèmes rencontrés dans ce domaine, l'un d'eux est la forme d'évaluation. Les enfants sont évalués par une équipe. Quand je suis allée à l'évaluation de mon fils, il y avait une équipe de personnes qui ne le connaissaient pas du tout, qui n'ont jamais été avec lui. Ils n'avaient même pas passé une demi-journée avec lui, et ils évaluaient un enfant à un moment précis dont on ne peut pas tirer grand-chose. C'est dix minutes, quinze minutes ou une demi-heure, et cela ne vous donne aucune information. Vous condamnez un enfant avec des informations incomplètes. Alors, je pense que le problème est qu'il faut évaluer autrement. Nous verrons les options plus tard. L'évaluation doit changer, elle ne doit pas se faire dans cet environnement qui est inconnu pour l'enfant. Il arrive dans un endroit qu'il ne connaît pas, où en plus on le regarde sous toutes les coutures.
(Applaudissements)
Raúl López : — Pour revenir sur ce qui a déjà été dit, lors des évaluations psychopédagogiques, cela dépend beaucoup du système dans lequel nous nous trouvons, de la manière dont nous concevons l'éducation. Dans plusieurs centres où j'ai travaillé l'année dernière, dans un centre inclusif, j'ai reçu des demandes d'évaluations psychopédagogiques concernant 2 % des élèves ; s'il y avait 100 élèves, cela faisait 2, et c'était pour obtenir des ressources et des bourses. Dans les centres ségrégateurs, les besoins supposés d'évaluations psychopédagogiques concernaient 20 % par classe.
Selon le système, on sélectionne quel type d'élève est susceptible d'être évalué ou non. Je disais que, dans une ferme pédagogique, les plus susceptibles d'être évalués seraient les plus timides, ceux qui n'osent pas monter à cheval, ceux qui ne mettent pas les mains dans la pâte à pain, mais celui qui est très extraverti et a une très grande habileté kinesthésique-expressive, est l'un des meilleurs et des plus admirés. Cependant, à l'école, ce sont les élèves perturbateurs et problématiques qui nécessitent des stratégies pour qu'ils parviennent à s'asseoir et à rester silencieux ; c'est là que trouvent place les réponses du centre de modification du comportement, car nous voulons qu'ils s'adaptent à un système, au lieu que le système s'adapte aux différents types de personnalités que nous avons.
(Applaudissements)
Virginia :—Je veux parler en fonction de ce qu'a dit cette mère, lorsqu'une évaluation est faite à un enfant qu'ils ne connaissent pas. Une remarque. Lors de l'évaluation de mon fils, ils ont considéré que c'était un problème parce qu'il aime beaucoup Disney et Pixar, et qu'il a treize ans. Au lieu de se mettre à parler de ce qu'il aime dans Disney et Pixar, ils l'ont mentionné deux fois dans l'évaluation, sans se donner la peine de savoir que mon fils, à treize ans, n'aime pas seulement Disney et Pixar, mais qu'il sait qui a fondé Pixar, que Disney a acheté Marvel ou qui sont les producteurs de chaque film. Ils ont seulement pensé qu'il était plus jeune parce qu'il aime Disney et Pixar, mais ils n'ont pas pris la peine de le connaître. Il a essayé de raconter à l'évaluatrice ce qui l'intéresse, et pour elle, c'est un problème que mon fils sache qui sont les producteurs, les musiciens, ce que fait l'un et l'autre. Il se met à écrire des scénarios, ce qui pour lui est une passion, pour elle est un handicap majeur.
Ignacio Calderón :—Souvent, il semble que cela n'ait rien à voir avec la connaissance de la personne, mais plutôt le contraire.
Susana Fajardo :—Deux petites choses que j'avais oubliées et qui me semblent importantes. Le sujet de l'évaluation, de la coordination. Il a été dit précédemment que le rapport psychopédagogique n'était pas seulement le travail de l'orientateur, mais de l'ensemble du tuteur avec les familles, etc., mais comme l'a dit la collègue, souvent il n'y a pas le temps pour que ces réunions aient lieu. Il est très difficile de se mettre d'accord, le corps enseignant a de plus en plus de paperasse, et alors on laisse de côté ce qui est vraiment important : que l'enfant n'avance pas à cause d'une tonne de paperasse administrative.
Une autre chose que nous avons également commentée et qui me semble importante est que, souvent, les élèves sans étiquette ne sont pas pris en compte pour les ressources, on oblige donc, d'une certaine manière, les élèves qui n'ont pas d'étiquette à leur en trouver une pour qu'ils puissent obtenir une ressource.
Ignacio Calderón :—Merci beaucoup à tous et à toutes. Je pense qu'en chacun de vous, on voit quelque chose, ou peut-être est-ce moi qui ai les yeux un peu étranges. On voit que quelque chose qui est un processus social, ce qui est raconté ici depuis neuf heures du matin. Les problèmes sont sociaux, mais dans les trois domaines dans lesquels nous avons travaillé, dans les trois ateliers, ce que nous avons réussi à comprendre, c'est comment l'école a la capacité de les transformer en individuels ; ces problèmes qui sont sociaux deviennent personnels.
Nous faisons une pause, nous retournons aux ateliers. Nous allons continuer à travailler, maintenant sur la manière dont nous pouvons répondre à ces ateliers. Il y a deux ateliers sur lesquels nous devons continuer à travailler pour organiser toutes ces problématiques et nous continuons à réfléchir aux solutions que nous pouvons apporter à ces problèmes que nous avons développés dans chacun de ces ateliers, d'accord ? Après cela, nous nous retrouvons, nous avons une heure et demie pour réfléchir à des solutions possibles dans ces ateliers. Allez.
Audiodescription [AD]:—Le groupe de participants reste un moment dans la salle principale, discutant et échangeant des opinions. Par la suite, ils se dispersent vers les différentes salles attribuées pour continuer avec les ateliers sélectionnés. Pendant ce temps, la caméra reste dans la salle principale, focalisant sur les participants du premier atelier intitulé « Que se passe-t-il dans l'école où certains enfants ne rentrent pas ? Solutions ».
— Cristóbal Gómez :Si vamos a integrar todas estas ideas en un árbol, debemos estructurarlo. Parecía que la esencia era la estructura organizativa, que quizás podemos colocar en el tronco.
La idea que tenemos es ir aportando soluciones, pero soluciones de tres tipos. Ya tenemos el problema. Las soluciones globales, así, para todo el mundo, no sirven; vamos a concretar en las soluciones que están en nuestras manos, lo que podemos hacer cada uno de los orientadores, familias, profesores y demás, lo que está en nuestras manos. Después, vamos a buscar otras en las que podamos influir, y dejar a un lado las que no están en nuestras manos, porque hay realidades que asumir o vivir en la contradicción. En este caso, hay formas de participar, ya sea de forma política o mediante votaciones. Cuando aportemos una solución, veamos si la pensamos desde estas tres áreas: las que están en nuestras manos, las que podemos influir y cómo, y las que se nos escapan un poco.
Ignacio Calderón :—Con respecto a los problemas en los que hemos estado trabajando esta mañana, habría que darle una vuelta. La idea que planteamos es que, para visualizar esos problemas, hemos hecho un diseño muy sencillo, que sirve para entender qué problemas son fundamentales y cuáles son los sintomáticos.
Esos problemas que hemos visto que están relacionados. Hay problemas que son los que causan otros problemas, y los podemos situar en la raíz del árbol; hay problemas que son más bien sintomáticos, es decir, que son causados por otros, pero no causan en sí mismos otros problemas, y, finalmente, hay otros problemas que, más o menos, tienen un equilibrio entre lo que causan y por lo que son causados, ¿me explico o no?
Es decir, si de un problema podemos decir que es causa de otro, lo indicamos con una flecha. Ahora podemos pensar: los que reciben más flechas son los sintomáticos, de los que salen más flechas son los nodos gordianos, los importantes. Entonces, si somos capaces de atacar a esos nodos de aquí abajo (las raíces del árbol), como decía Cristóbal, teniendo capacidad para poder trabajar eso, es importante atacar a estos porque estos causan otros problemas.
Entonces, vamos a esa tarea ahora. Primero, a pensar de esos problemas que hemos estado hablando, cuáles son los fundamentales y cuáles son los sintomáticos, y después, vamos a pensar qué soluciones encontramos para cada uno de esos problemas.
Estela Martín :—Je vois l'éducation davantage comme un rouage au sein du système économique et politique. On nous éduque pour travailler, pour être productifs ; par conséquent, pour moi, c'est là la racine du problème.
Cristóbal Gómez :—C'est la conclusion ultime que nous devions tirer. Peut-être devrions-nous chercher les solutions ailleurs, bien que, peut-être, ce changement doive être mis à la racine profonde qu'il faut aussi traiter, et qui a une raison politique, idéologique, extérieure à l'école, sociale. Il ne faut jamais la perdre de vue, car sinon nous parlons de questions techniques.
Ignacio Calderón :—Je dirais que c'est extérieur à l'école, mais aussi intérieur à l'école, car moi, en tant qu'enseignante, chaque fois que je travaille avec mes élèves comme s'ils étaient des travailleurs, je le fais, je construis, j'invente, même si c'est un mandat qui vient de l'extérieur.
Il existe également de nombreuses façons d'être enseignant dans les écoles, et cela reste la même école avec le même mandat.
Estela Martín :—Il y a des écoles démocratiques et des écoles qui ne le sont pas. Il y a aussi des professeurs qui utilisent l'école pour créer un esprit critique, et d'autres qui l'utilisent pour la soumission.
Participant 1 :— Du point de vue de l'enseignant, je me demande : que puis-je faire ? Lorsque la méthodologie d'un enseignant se concentre sur l'objectif que les élèves atteignent le sommet d'une montagne, alors ces élèves commencent à marcher et beaucoup restent en chemin, ils ne peuvent pas la gravir, seul un certain nombre d'élèves atteint ce sommet. Alors, il doit y avoir un changement d'attitude de la part de l'enseignant, et ce changement peut être un changement de méthodologie. Comme il y a beaucoup de compétitivité en classe à la fin, il s'agit d'arriver le premier de manière individualisée. Si nous changeons cela, et que le travail coopératif, qui est très en vogue, semble si évident, mais qu'il faut le mettre en œuvre réellement, et se rendre compte que son rôle change, et que ces élèves qui sont restés plus en arrière ne doivent pas être chronométrés, non seulement par l'enseignant, mais par leurs propres camarades, et faire en sorte que leurs camarades, qui ne sont focalisés que sur l'ascension de la montagne, s'arrêtent un moment et disent : « C'est un travail d'équipe, et nous devons tous monter ensemble, à la fin nous prendrons tous un peu plus de temps, certains arriveront tout en haut, et d'autres jusqu'ici, mais nous réussirons à ce que tous ces enfants donnent le meilleur d'eux-mêmes ». En un mot, changer la méthodologie, changer cette façon de penser, qui, bien que semblant évidente, n'est pas mise en œuvre en classe.
Participant 2 :— Je pense que la base réside dans le concept d'éducation dont elle parlait, un concept d'éducation où les rôles, dans une école traditionnelle, sont très différents de ceux d'une école inclusive. Le rôle de l'enseignant change totalement lorsque l'on donne à l'enfant la possibilité d'exprimer tout son potentiel, et le rôle de l'enfant change également. Alors, je pense que l'un des problèmes que je soulignerais est le concept d'éducation et les rôles établis. C'est la base, car il y a une solution. La solution est de travailler la formation initiale, de travailler à travers la méthodologie, de travailler avec les familles.
Ignacio Calderón :— Je dirais que, pour situer le problème qui n'a pas de solution, le problème est le problème, ensuite nous pensons à la solution, mais, pour l'instant, situons-nous.
Participant 3 :— Au début, on a parlé de la problématique en disant qu'il n'y avait pas de véritable communauté éducative. Je suis un peu pour l'existence d'une communauté éducative sans hiérarchie, sans que le corps enseignant, les familles et les élèves soient au sommet, mais que nous puissions tous apprendre les uns des autres. Dans l'optique du regard de l'orientateur, penser qu'on peut aussi apprendre du regard des parents. Il ne faut pas partir du principe que l'orientateur sait tout parce qu'il s'est formé. L'individualité de chaque enfant apportera beaucoup à la famille. Alors, c'est un peu ça, qu'il s'agisse d'une véritable communauté éducative, nous pouvons tous contribuer à additionner.
Ignacio Calderón :— Alors, le problème est, et la solution est ? Parce que vous donnez les deux.
Participant 3 :— La solution est de changer le regard, tant du côté de l'enseignant qui peut apprendre de la réalité des parents, non pas qu'il détient la vérité, et, d'autre part, que les parents puissent changer leur regard envers le professeur, de juger s'il fait bien ou mal. Changer le regard de tous et toutes, pour que ce soit une véritable communauté éducative, où chacun apporte sa contribution, et ensuite tenir compte de l'enfant.
Audiodescription [AD]: La caméra quitte la salle de classe et parcourt les installations de la faculté jusqu'à atteindre la salle où se déroule le deuxième atelier. Pendant ce temps, le groupe continue de dialoguer dans la salle.
Participant 4 :— Alors, le contrôle du contexte, des circonstances dans lesquelles se trouve l'enfant, est entre les mains de l'orientateur ou de l'enseignant.
Participant 5 : — Mais si ce n'est pas réglementé formellement, nous revenons à ce que nous disons toujours : est-ce que je le fais ou est-ce que je ne le fais pas ? Je peux avoir ma classe, et il peut venir me dire : « Tu dois organiser la classe comme ça, parce que tu as cet enfant avec des caractéristiques qui pourraient aller mieux s'ils sont organisés en groupes plutôt qu'individuellement » ou « Les deux bavards qui sont les deux amis, tu les mets l'un en face de l'autre ». Et que font-ils toute la journée ? Ils se lèvent ? Je les mets ensemble, qu'ils bavardent tant qu'ils veulent, je ne veux pas qu'ils papillonent dans la classe. Donc, ce n'est pas obligatoire.
Raúl López : — J'ai dit que je le faisais, je peux le faire. Une autre chose est qu'on m'écoute ou pas.
Esther Polo : — Il peut y avoir deux versants. Le versant légal, qui serait effectivement rose, dans lequel nous ne pouvons pas inférer, et un autre, le versant dans lequel nous pouvons inférer, bien que sans contrôle personnel, qui serait la couleur intermédiaire.
Raúl López — : C'est de là que découlaient mes propositions.
Participant 8 : — En tant qu'orientateurs, nous pouvons également faire des propositions à la délégation pour que cela change, pour que les avis et les évaluations changent. Je pense que c'est aussi notre devoir en tant qu'orientateurs.
Antonio Márquez : — Je voulais faire le lien avec ce que vous discutez et je pense qu'il manque un point, qui est le concept de barrières à la participation. Lorsque l'orientateur, avec l'enseignant — et cela change de couleur — estime que c'est l'enseignant qui a finalement le pouvoir de décider en classe, si tous deux valorisent le contexte, pas seulement les coins ou les espaces, mais aussi le contexte didactique et méthodologique, ainsi que les propositions qui sont générées en classe, comme les programmes de classe, les activités et les regroupements, et que nous confrontons cela aux besoins non seulement d'un élève, mais de tous les élèves de la classe, alors, en nous basant sur cette union, nous pensons au concept de barrières à la participation. Ce que nous devons faire à partir du rapport psychopédagogique, selon la proposition de classe qui existe avec cet enseignant et ce groupe d'élèves, c'est de considérer que cette proposition et cette autre que vous êtes en train de faire excluent cet élève et cet autre, par conséquent nous proposons cette alternative et cette autre. C'est là, je crois, la clé des rapports psychopédagogiques : offrir des systèmes d'alternatives pour briser les barrières à la participation.
Participant 4 : — De ce que tu as dit, à savoir si cela se produit dans une classe ou non, je pense que l'évaluation psychopédagogique ne serait pas effectuée là, simplement parce que cela se produit dans une situation donnée, et une évaluation psychopédagogique est un processus lent et doit être prudent pour qu'elle ne se répète pas seulement dans une situation, vous me comprenez ?
Antonio Márquez : — Mais je ne parle pas ; c'est pareil, c'est le même processus. Il s'agit de faire en sorte que, lorsque vous êtes dans une évaluation initiale, au début, nous nous mettions d'accord avec tous les professeurs et que tous mettent sur la table quelles sont leurs propositions de travail en classe, et que nous voyions également à quels élèves ces propositions sont destinées. Et que le rapport d'évaluation psychopédagogique serve vraiment d'orientation à ce professeur avec lequel, avec lui, je vais travailler ; ce n'est pas quelque chose qui m'appartient seulement en tant qu'orientateur, mais que nous voyions ensemble que cette proposition didactique qu'il a pour l'année peut exclure certains élèves et proposer des alternatives. C'est-à-dire, si je suis un enseignant qui a ce système, et que j'aime beaucoup utiliser ce stimulus et tout ça, il se peut que j'exclus un élève qui manque ce stimulus, alors offrez-lui une alternative. Je ne dis pas que votre alternative ne sert à rien, mais que vous proposiez une double option pour que les élèves aient la possibilité de choisir, alors nous aurons brisé pas mal de barrières à la participation. Cela, en outre, est mentionné dans l'Index pour l'inclusion ; c'est ce que l'on essaie de faire, changer le regard, pour ne pas mettre l'accent sur les besoins et chercher les barrières à la participation. Je pense que les deux sont nécessaires car, si je ne connais pas les besoins de l'élève, je ne peux pas non plus savoir quelles sont les barrières que je vais rencontrer dans ma classe, par conséquent je dois confronter les deux choses.
Participant 4 :— C'est donc orange.
Antonio Márquez : Bien sûr, c'est pourquoi j'ai dit qu'il fallait changer la couleur, car j'ai absolument besoin de la participation de l'enseignant.
Participant 4 :— L'information et l'inclusion naissent de l'enseignant, même si la loi le précise. Si, au final, l'enseignant ne le veut pas, il ne réalise pas l'inclusion dans la classe.
Raúl López :— La problématique sera totalement différente selon l'organisation du contexte. Si je veux qu'ils lisent en silence pendant une heure, je sais déjà quels enfants auront des problèmes.
Participant 9 : — Moi, là, je ne vois pas que le problème soit les évaluations psychopédagogiques. Je pense que ce qui compte, là, c'est que le professeur connaisse ses élèves, tout simplement. Ne pas faire évaluer tout le monde, et à tout moment ni rien.
S'informer de la situation familiale de l'enfant, mais sans critère diagnostique ni rien de ce genre, seulement d'une manière humaine.
Susana Fajardo : — Que les tuteurs se soucient des élèves
Participant 9 : — Sans chercher « à celui-ci il manque ceci ou cela ou il a besoin de ceci ou cela ».
Susana Fajardo : — Là, nous revenons à la volontarité, ce que nous appelons l'empathie ou le fait d'avoir envie, d'avoir ce feeling qui me donne envie que tous mes élèves progressent.
Participant 4 :— Cela fait partie de la formation. Je suis en deuxième année de licence de pédagogie et cette partie est très peu abordée.
Leonor :— Il m'arrive, et excusez-moi de l'extrapoler beaucoup au personnel, à ma propre expérience. Dans tout ce que vous mettez sur la table ou sur quoi vous réfléchissez, il m'arrive que, dans ma propre expérience, lorsque j'ai eu les moments les plus difficiles ou sous les plus fortes pressions, je les ai subies de la part de l'enseignant plutôt que de la part des familles. Je me suis toujours sentie plus proche des familles, même beaucoup plus drastique de la part de l'enseignant que de l'Administration, car l'Administration, c'est la norme, elle nous contraint parfois parce qu'elle est parfois interprétable, et selon la manière dont on l'interprète, elle a beaucoup de lacunes, mais je pense qu'elle nous laisse une marge pour offrir des solutions et offrir de belles choses aux élèves, et qu'elle nous permet de concrétiser toutes ces idées. Ce qui est certain, c'est qu'il y a des enseignants merveilleux, mais il y a des enseignants qui attendent cette fonction déterminée de l'orientateur. Ce qu'ils cherchent, c'est d'initier tout le protocole, de remplir toute la documentation, qui dans notre province est de cinq ou six documents, tout cela avec un délai, et qu'une fois rempli, que l'orientateur le voie. Ils attendent cela, et que lorsque vous le voyez, vous leur donniez les résolutions et la baguette magique. C'est là l'impuissance. Je ne fais rien seule, j'ai besoin que nous nous assoyions, que nous formions réellement une équipe de travail pour détecter ce dont nous avons besoin, ou comment nous évaluons ce processus, ou comment nous bénéficions à tout le contexte et à tous les enfants, et ce qui se passe pour que nous ne puissions pas ou nous nous sentions incapables de prendre en charge cet élève. Alors, on se retrouve parfois avec ces obstacles et avec beaucoup d'autres pressions, et il s'agit de résister et de leur transmettre un peu ce modèle. Défendre l'autre position, renvoyer des rapports avec une autre vision, définir davantage le contexte.
Là, nous entrons aussi dans les limites de temps, et parfois je pense aussi que les conseillers d'orientation sont obligés de se former davantage, ou sont obligés dans la pratique de s'adapter à toutes les personnes avec lesquelles, au final, nous interagissons à l'école, car sinon il faut « s'adapter » pour qu'il y ait une communication et une bonne relation. Lorsque vous vous heurtez à un enseignant qui vous montre quelque chose que vous ne partagez pas et que vous pensez que la voie est autre, vous voulez faire demi-tour et dire : « Je ne peux rien faire avec cette personne ». Pour ne pas en arriver là, il faut avoir une série d'outils pour s'adapter.
Raúl López :— Le mot s'adapter me fait très peur quand il implique de renoncer à ses droits.
Leonor :— Quand je dis « m'adapter », je veux dire savoir comment retourner la situation quand ce professeur ne veut rien entendre. Comment retourner la situation et revenir un autre jour, et relancer la conversation. M'adapter dans ce sens, pour qu'au final nous puissions nous comprendre.
Participant 7 :— J'aimerais insister sur un petit point que je trouve très important. Je continue d'insister, comme nous en avons parlé précédemment, sur le fait qu'à l'école, nous ne sommes pas des cliniciens, nous sommes des enseignants, des conseillers, pas des cliniciens. Notre travail lors d'une évaluation n'est pas de rendre un avis et de diagnostiquer ; c'est un travail qui, s'il est nécessaire, doit être effectué par un autre professionnel. L'école est là pour déterminer les besoins des élèves, comment nous pouvons y répondre, et produire des apprentissages et, par conséquent, du développement, chez toutes et chacun des personnes présentes à l'école. Par conséquent, notre travail n'est pas de diagnostiquer, l'examen n'est pas nécessaire, ni de faire un diagnostic. Si nous avons besoin de savoir comment modifier les contextes pour que l'apprentissage et, par conséquent, le développement s'y produisent, cela doit être notre travail. Le mot diagnostic… ce n'est pas notre travail.
Esther Polo :— Je pense que nous nous éloignons encore un peu du sujet, alors essayons de revenir et de nous concentrer sur les solutions.
Participant 7 :— L'important dans la solution, c'est le contexte.
Esther Polo :— Tout ce qui surgit, même si nous parlons de manière fluide, notons-le, surtout pour pouvoir le mettre en place et le visualiser, afin que nous puissions tous le voir. Quoi qu'il en soit, elle (en désignant sa collègue) note toutes les idées qui émergent.
Susana Fajardo :— Je pense que la collègue a dit l'un des mots clés sur lesquels nous pourrons tous nous accorder, familles, spécialistes et enseignants : résister. Il s'agit de résister aux invitations, de résister au professeur qui ne veut pas, de résister au jugement, de résister et de se renforcer, de transmettre son message, car il est inutile de le garder pour soi.
Leonor :— Parce que ça ne sert à rien, j'ai eu l'expérience. Cela m'a coûté la santé, et cela m'a coûté 3 mois d'arrêt maladie, que je ne voulais pas, parce que je disais : « Je ne peux pas m'arrêter car le travail s'accumule et quand je reviendrai, qu'est-ce que je vais faire ? » La docteure me disait : « Ma petite, tu es au troisième trimestre, oublie et repose-toi ». Alors, cela m'a coûté la santé. Je ne veux pas, intelligemment, que cela me coûte à nouveau la santé. J'ai dû apprendre à gérer toutes ces pressions, tous ces défis. Il est très difficile de ne pas y laisser sa santé et d'être opérationnel dans son travail. C'est pourquoi je dis que j'ai beaucoup d'empathie pour les familles, j'ai toujours eu de l'empathie pour elles. Ce n'est pas parce que j'ai eu des circonstances particulières, c'est parce que dans ce travail avec les enfants, je me mets à la place des parents. Maintenant, je suis mère, j'ai deux jeunes enfants, les situations que nous traitons à l'école me touchent encore plus. Alors, je considère cela fondamental. La subjectivité est là pour bénéficier dans tous les cas aux enfants, et quand nous ne bénéficions pas aux enfants, nous appliquons une subjectivité très discutable et que nous ne voulons pas remettre en question, et nous voulons nous baser sur le jugement, sur le technique et sur la rigueur.
Susana Fajardo :— Mais ici, nous devons trouver des solutions, car nous sommes un groupe mixte de familles, je ne peux pas… Au-delà de dire que ce que vous faites ne profite pas à mon fils, je ne peux pas dire cela à un professeur. Nous, en tant que famille, avons des solutions pour améliorer ou arrêter, et il y en a deux, elles sont légales, car ce ne sera pas de notre ressort qu'un jugement soit rendu ou qu'un ACIS soit appliqué.
Leonor :— Je pense qu'il manque beaucoup à inclure les familles dans le processus, tout comme de notre côté, il nous manque de la coordination, du temps, de l'espace et des réunions. Il n'y a pas de lieu et nous le faisons en nous approchant de la classe dans le couloir, pendant la récréation, pendant des heures perdues, et nous le faisons comme nous pouvons. Les familles, nous devons les inclure dans le processus. Nous avons dans le protocole une entrevue de début et une entrevue finale, de restitution de ces informations. Cela dépend beaucoup de la façon dont vous faites cette entrevue, de l'attitude et de la prédisposition que vous montrez, de la manière dont vous allez accueillir ces familles, si vous agissez comme un technicien qui lit les rapports, « voilà ce qu'il en est, je vous lis la sentence et ainsi de suite », et les parents signent ou non, ou bien vous établissez un dialogue avec la famille dès le début. Et je pense que ces deux réunions prescriptives sont insuffisantes et que, tout au long du processus, si j'évalue et que je vois des choses, il faut donner des informations au fur et à mesure de l'évaluation. Ce qui se passe, c'est que cela implique un processus d'évaluation beaucoup plus lent et collaboratif ; les délais nous pressent toujours. L'évaluation doit être un processus lent et nous allons à toute vitesse, et si vous ne le faites pas, « cet enfant est orienté au premier trimestre », et arrive juin et vous ne l'avez pas vu. Nous avons toujours cette limitation.
Rosario Barea :— Je pense qu'avec les moyens dont nous disposons aujourd'hui, cela ne doit pas être une réunion en personne, cela pourrait être par e-mail, par téléphone, il y a Skype. Ils disent « il y a deux réunions et elles sont prescrites comme ceci », mais s'il y a de la volonté, en peu de temps, si vous sortez de l'école de l'enfant, ne partez pas en courant pour monter en voiture, je ne vais rien vous faire, qu'à un moment donné il peut y avoir une entrevue de restitution et que le trimestre ne passe pas sans qu'il soit pertinent de se réunir, que parfois la rétroaction et le feedback doivent se faire petit à petit, pas une fois que le trimestre est passé.
Audiodescription [AD]: La caméra quitte la salle du deuxième atelier et se déplace dans les installations de la faculté jusqu'à la salle où se déroule le troisième atelier, « Barrières légales ».
Alejandro Calleja :— Je voulais terminer sur l'importance du thème associatif. Dernièrement, une association de parents qui recherchent l'éducation inclusive a vu le jour, et cela doit se propager et compliquer le chemin.
Ana Solsona :—Et à quoi bon si vous n'abordez pas le juridique.
Alejandro Calleja: Pour le juridique, nous verrons qu'il y a une étape importante, c'est ce que je veux analyser ensuite. L'autonomisation des familles grâce à un réseau est fondamentale. Il y a des professionnels, il faut communiquer, parler, c'est pour cela que nous sommes là. Quand vous commencez à vous autonomiser et à dire que vous avez des droits, on vous dit qu'on va vous envoyer aux services sociaux. Les familles doivent savoir. D'après notre expérience, nous avons un rapport du parquet d'État qui confirme qu'une famille ne peut pas être dénoncée par l'Administration pour avoir défendu le droit à l'éducation inclusive de ses enfants, quelque chose d'aussi évident, mais qui nous est arrivé.
J. Antonio Vicente :—On nous a aussi menacés.
Alejandro Calleja :—Nous avons été mis en examen et poursuivis.
Ana Solsona : — Ils vous demandent même de l'argent.
Alejandro Calleja : Oui, il y a eu quatre mille euros de caution, et même la possibilité de perdre l'autorité parentale. L'Administration ne peut pas vous menacer pour avoir défendu le droit à l'éducation inclusive de nos enfants.
Ana Solsona : — Soyons pratiques, que se passe-t-il si j'ai une violation des droits, que font les associations ? Quand une personne en particulier a un problème, quelqu'un devrait soutenir cette personne à mort, avec enthousiasme. Ces associations, nous ne l'avons pas fait jusqu'à présent.
Alejandro Calleja : L'une des solutions préalables est que, dès que vous avez un avis de scolarisation combinée ou spéciale, vous pouvez directement envoyer un formulaire, en scannant cet avis, au comité des Nations Unies, dénonçant une violation des articles 7 et 22, car c'est la réalité.
Ana Solsona : — Et est-ce que c'est le cas ?
Alejandro Calleja : Oui, j'ai eu une réunion avec le Comité avec Carmen, l'année dernière, et depuis nous sommes en contact.
Virginia : — Et ce comité, où se trouve-t-il ?
Alejandro Calleja : Il est à Genève. Tu leur envoies un courriel et ils te répondent rapidement. C'est très efficace car les coups ne viennent pas d'en bas, comme d'habitude, mais d'en haut de l'Administration. La lettre envoyée par le biais du comité va à l'encontre du gouvernement espagnol.
(Ils parlent tous en même temps)
Carmen Máximo :— Je comprends parfaitement les familles lorsqu'elles parlaient des enseignants comme s'ils étaient le camp adverse. Ma proposition est que la lutte doit être collective, de toute la communauté éducative. Donc, des espaces comme celui-ci doivent être utilisés pour créer des réseaux et partager les informations sur lesquelles nous travaillons. Je travaille dans un centre éducatif ; ces informations peuvent être mises sur le site d'orientation. Nous ne pouvons pas séparer les familles, les professeurs et les élèves ; nous ne sommes pas des camps, nous ne sommes pas opposés. Tous ceux qui défendent l'inclusion sont parmi le corps enseignant, les élèves et parmi les familles ; nous ne sommes pas l'un ou l'autre.
Ana Solsona :— Mais je me demande, qui se mouille ?
Carmen Máximo :— Il y a des gens qui se mouillent.
(ils parlent tous en même temps)
Carmen Máximo : — Ce que je veux dire, c'est que, même s'il semble qu'il n'y ait pas de professionnels qui soient pour le changement, il y a des gens engagés qui veulent un changement au sein du paradigme. Et si ce n'est pas visible, ce qui n'est pas vu n'existe pas. Ma proposition est que cet espace serve à créer un réseau de contacts qui s'élargisse, et que des informations comme celles qu'Alejandro donne et dont je n'avais aucune idée, puissent être transmises. Et que les professionnels et les personnes qui font partie du système éducatif, puissions dire aux familles qui viennent que cette information existe. J'ai toujours espoir, et je ne crois pas que le système puisse être changé, il faut le changer.
Fran (étudiant) :— Cela est lié à la proposition précédente sur le mutualisme.
Carmen Máximo : Mais ce mouvement est plus politique, car la vie est politique, c'est une structure dont nous parlons et qui maintient tout cela, ce système qui est quelque chose de réel domine les relations, et, par conséquent, nous devons nous politiser en tant que sujets pour nous rendre compte que nous faisons partie de ce canal, et beaucoup de gens le voient par leur propre expérience ou par l'expérience de personnes qui leur sont proches.
Irene Carranza : Je propose des mesures compensatoires pour les groupes de familles qui n'ont pas d'association ou qui n'ont pas les moyens de connaître leurs droits, non seulement au niveau informatif, mais aussi pour agir davantage avec certains groupes, dont les droits sont bafoués et qui disposent de moins de ressources.
Une autre proposition que je fais est l'augmentation du budget. Ce serait hors de contrôle, mais une augmentation du budget de l'éducation et des ressources qui permette l'inclusion dans les établissements ordinaires de tous les élèves.
Comme cela est hors de contrôle, une autre mesure plus accessible est d'arriver à une dotation de base, même très basique, dans tous les établissements, et qu'elle ne dépende pas du nombre d'élèves avec certaines étiquettes, mais qu'elle puisse dépendre d'une autre série de facteurs qui ne soient pas aussi individuels. Par exemple, le contexte dans lequel se trouve l'établissement. Une dotation de base non dépendante des étiquettes des enfants.
Une autre proposition, bien qu'avec la dotation de base cela ne serait plus nécessaire, serait d'éliminer les avis, s'il y avait une dotation de base et des mesures dans le système ordinaire qui permettraient l'attention, les avis ne seraient plus nécessaires, car s'il y avait un auxiliaire éducateur dans tous les établissements, il ne faudrait pas d'avis pour vous emmener dans l'établissement où il y a un auxiliaire.
Virginia— Pardonnez-moi, mais ce que vous dites me semble presque une utopie.
Sabina Habegger :Hors de contrôle, n'est-ce pas ?
Irene Carranza: Les budgets sont hors de contrôle, mais la dotation de base peut être influencée.
J. Antonio Vicente :—Pardonnez-moi, mais on part du principe initial qu'il faut une augmentation de budget, sans s'arrêter à penser que, peut-être, le budget est mal employé.
(Ils parlent tous en même temps)
Sabina Habegger :—Optimiser les ressources.
Irene Carranza :— Plutôt que d'optimiser, il faut prioriser. Où le placer, dans les sections bilingues, ce qui est prouvé comme ségrégationniste, ou dans les ressources spécialisées, ce qui est prouvé comme aidant à l'inclusion ?
(tous parlent en même temps)
Irene Carranza :— Une nouvelle norme d'évaluation psychopédagogique, à travers cette dotation de base. Il pourrait y avoir une nouvelle norme. Dans les Asturies, l'année dernière, la scolarisation dans des centres spécialisés n'a pas pu se faire sans l'autorisation de la famille. L'inscrire dans une norme, dans une instruction de fonctionnement de l'orientation.
Audiodescription [AD]: La caméra sort de la salle de classe où se déroule l'atelier et parcourt les installations de la faculté jusqu'à atteindre la salle du premier atelier.
Arasy González :— … L'enseignant, s'il ne prend pas conscience pendant sa période de formation initiale, ou permanente ou à un moment donné, n'exerce pas bien sa fonction enseignante. Lui ou elle exerce une politique concrète dans la manière même d'être présent dans la salle de classe. Comment est-il présent, comment se relie-t-il aux enfants, comment gère-t-il les temps ? C'est un être politique qui fait de la politique. La politique n'est pas étrangère au centre éducatif
Par conséquent, s'il ne prend pas conscience de cette fonction ou de ce rôle, s'il ne s'assume pas comme un agent politique, l'éthique de l'enseignant est inhérente, on ne peut la séparer, ce n'est pas un ajout, et alors la démarche est bancale. Je ne pense pas que ce soit un manque d'attitude, ni qu'il manque de valeurs ou de solidarité, non, car cela doit être présent comme une partie essentielle de ce qu'est un enseignant. Si cela n'est pas là, c'est que l'enseignant a un manque, il est bancal.
(Tous parlent en même temps)
Ainhoa Yáñez :Moi, pour te répondre un peu, je reviens au sujet précédent du travail collectif, quelle que soit l'école. Tu as dit une chose très importante…
Audiodescription [AD]: Après les ateliers, le groupe participant se réunit dans la salle principale et commence à discuter avec animation. Ignacio Calderón prend la parole et s'adresse au groupe. Pendant ce temps, la caméra parcourt visuellement l'arbre symbolique créé pendant les ateliers, des racines jusqu'aux feuilles, en soulignant les interventions du groupe et les post-its qui y sont attachés.
Ignacio Calderón :— Bon, maintenant, mise en commun de ce que nous avons travaillé dans les ateliers, très rapidement, de manière très systémique. Et ensuite, l'assemblée finale. Il va s'agir de 5 ou 10 minutes, maximum, et nous allons prendre un café.
Alejandro Calleja :— Nous allons aborder la partie de l'arbre juridique, que nous avons préparée sur la base de ce dont nous avons parlé ce matin.
Sur ce qui dépend de nous, nous avons parlé de l'autonomisation des familles. De la manière dont nous, les familles, devons nous unir, nous unifier, et rester concentrés sur ce que nous faisons, c'est-à-dire défendre le droit et la dignité de nos enfants. Cela doit inclure l'innovation et la communication, ce qui est fondamental, et la création d'une plateforme.
Également, participer davantage dans l'établissement scolaire ; se comprendre et communiquer, créer des réseaux ; unir nos efforts avec des experts, des juristes, des psychologues éducatifs, des psychologues cliniciens.
Participant :— Tout cela coûte de l'argent.
Alejandro Calleja :— Nous pouvons créer le réseau. À León, nous avons SOLCOM, et c'est zéro coût. On peut toujours créer des alternatives. Des gens engagés et, bon, ce que j'ai bien clair, c'est que réclamer un droit ne doit pas entraîner pour les familles la peur de s'affronter à une réalité que l'on veut corriger. C'est pourquoi, ce que j'ai dit, c'est si important, le rôle du Comité des droits de l'homme des personnes handicapées.
J'ai laissé un post-it. Je transmettrai bientôt les informations sur l'endroit où télécharger le fichier pour pouvoir faire la réclamation au Comité, en joignant l'avis de scolarisation. L'avis de scolarisation, administrativement, équivaut à un jugement. Vous pouvez le réclamer au comité et, étant donné qu'il implique une perte claire des droits de l'enfant, vous pouvez invoquer l'article 7, 'L'égalité des enfants', et l'article 24, 'Le droit à l'éducation inclusive'. En faisant cette réclamation, elle sera admise à l'examen et passera par le gouvernement d'Espagne, le ministère de l'Éducation avec le département et par la Direction provinciale. Le problème pour l'administration est que le processus va de haut en bas, pas comme nous faisons habituellement les plaintes à l'inspection ou au tuteur, où cela n'avance pas et reste bloqué ; de cette façon, la procédure est plus efficace. De plus, le comité évalue uniquement si la Convention est respectée ou non, il demandera donc à l'Espagne, en tant que pays signataire de la Convention, d'appliquer cette convention. C'est très important et entièrement gratuit : il suffit d'envoyer un e-mail avec le formulaire et, si possible, de joindre un rapport psychologique favorable au modèle inclusif, ce qui peut grandement résoudre le problème.
Concernant les solutions possibles, nous avons logiquement commenté la formation des enseignants. Aussi, sur l'instauration et la construction de nouveaux modèles éducatifs ; des actions au-delà du bénévolat ; des plateformes ; un mouvement politique ; une formation de base inclusive ; disposer de contacts référents.
De plus, sur la lutte de toute la communauté éducative, pour qu'il n'y ait pas de camps, ce qui est l'idéal. Des mesures compensatoires pour certains groupes. Changer le sujet des concours, le mode d'accès du corps enseignant, le programme... Autorisation des familles pour la scolarisation, qui est maintenant enregistrée, mais parfois cela n'a pas d'importance. Nous ne devrions jamais arriver à cette alternative, tout comme l'orientateur ne devrait jamais arriver à l'alternative de donner un rapport inadéquat, mais il ne devrait jamais y avoir d'avis, et l'avis est oui ou oui.
Une question que m'a posée Antonio Márquez ce matin, et c'est une question qui se pose très souvent : « l'élève a une polyhandicap », mais si cet élève peut être dix minutes dans la classe, eh bien il est dix minutes dans la classe. C'est son droit, ce qui n'est pas son droit, c'est de passer toute la matinée là, à l'écart.
Après, nous avons parlé de l'organisation flexible du centre ; du système d'accès à la fonction enseignante et d'une dotation de base. Distribution des ressources, c'est ce que nous disions : l'éducation inclusive est beaucoup moins chère que l'éducation spéciale ; cependant, comme tout, il faut changer la norme. Il faut changer le système complètement, à la racine, de haut en bas, oui ou oui.
Augmentation du budget, ce qui serait l'idéal, ou du moins que le budget existant ne soit pas consacré à l'éducation spéciale, mais que ces mêmes ressources soient consacrées à l'éducation ordinaire, qui sera moins chère et plus efficace. C'est d'ailleurs prouvé.
Créer un modèle éducatif unique entre les régions administratives, qu'il n'y ait pas dix-sept modèles administratifs d'éducation, car le droit est le même partout, l'important est d'implanter des décrets sur l'éducation inclusive partout.
Moi, personnellement, sur la question des archives, sur la question judiciaire, sur les conseils dont vous pourriez avoir besoin, j'ai l'information, je peux la fournir par voie privée. Nous pouvons transmettre et communiquer cela. Tout ce qui est nécessaire à ce sujet est à votre disposition. Je pense que c'est intéressant. Ainsi, nous donnerons une bonne leçon à l'Administration. Nous avons appris il y a quelques mois, nous nous sommes réunis il y a un an avec le Comité, qui a fait une évaluation de l'Espagne : un désastre, nous attendons l'évaluation du Comité des personnes handicapées, et je pense, me connaissant, connaissant Nacho et beaucoup d'autres personnes qui y participent, que ce sera assez délicat. De plus, si entre tous, chaque fois qu'il y a un problème, nous nous adressons au Comité, tout cela nous donnera beaucoup de pouvoir et nous fera avancer beaucoup.
Arasy González :—Nous essayons d'organiser notre fouillis de problèmes systémiques dans l'école dans cet arbre, en les localisant à la racine, au tronc et aux branches. En partant des problèmes les plus généraux, qui mènent aux problèmes les plus spécifiques, qui se concrétisent en problèmes beaucoup plus concrets.
Les problèmes les plus généraux sont, par exemple, la formation du corps enseignant, la fragmentation des disciplines, la méthodologie traditionnelle, le concept d'éducation que les maîtres et les maîtresses ont. Aussi, la peur de l'inconnu, le manque de volonté politique, qui a à voir avec ce que nous disions du docent comme agent politique dans l'école, la qualification et le manque de cohésion.
Tout ce qui précède a pour conséquence que l'école se concentre sur les processus d'enseignement, plutôt que sur les processus d'apprentissage, ce qui se traduit par le fait que toute l'attention est centrée sur des normes spécifiques, sur l'acquisition d'une série de contenus, et ne tient pas compte de la personne à qui l'on enseigne.
Enfin, le résultat de ce type d'enseignement se traduit par un manque de ressources. Il existe une hiérarchie éducative concernant les familles, les enseignants et les élèves. Avec cette hiérarchisation, les enseignants sont les experts et les familles n'ont rien à apporter. Les familles ne sont pas informées, il n'y a pas de communication ni de retour d'information.
Pour toutes ces problématiques, nous avons proposé une série de solutions, des plus proches aux plus éloignées.
Les post-its roses représentent les solutions proches, celles qui sont en notre pouvoir en tant qu'enseignants ou familles, et sont, par exemple : valoriser la différence ; partager des expériences ; changer le regard sur la différence, mener des actions de sensibilisation, créer des espaces de coexistence, travailler en équipe dans les écoles, avec les familles, etc., contributions individuelles d'expériences de personnes, et valoriser les qualités de l'enfant à l'école.
Dans un autre type de solutions, qui traitent d'un niveau un peu plus éloigné du nôtre, mais dont nous sommes également des agents d'influence, on trouve par exemple : chercher des alternatives au livre scolaire, générer un sentiment partagé d'inclusion, un sentiment commun, favoriser la communication, la participation, le sens démocratique, offrir à l'enfant une attention personnalisée, opter dans la classe pour une méthodologie plus flexible, passer de la notation à l'évaluation.
Un exemple que nous avons vu pour mettre en œuvre toutes ces initiatives est, par exemple, l'adoption du modèle des communautés d'apprentissage, qui est sorti comme un exemple de cela.
Et un autre type de changements, déjà au niveau macro, auquel nous n'avons pas autant accès, mais qui seraient nécessaires pour le changement, pour changer les racines, seraient, par exemple : remettre en question les pratiques éducatives, supprimer les classes spécifiques, c'est très important, opérer un changement radical dans la formation initiale, rendre la formation continue obligatoire, et créer un autre type de culture.
Merci.
Susana Fajardo :— Nous, à la base, avons mis la conception du système, le système lui-même, les limitations et les adaptations. Dans le tronc, la coopération, la décontextualisation. Et en haut, dans les branches, nous avons mis les étiquettes.
Nous avons discuté qu'il serait nécessaire et urgent d'évaluer les enfants nommément et non à travers leur diagnostic. Que le rapport clinique ne soit pas la première chose que l'on reçoit, et ensuite, tout le reste. Peut-être que le rapport est la dernière chose à lire, ou peut-être qu'il ne faut pas le lire.
Si nous connaissons les besoins de nos élèves, si nous connaissons leur environnement, nous n'avons peut-être pas besoin d'un avis, car nous-mêmes, peut-être, aurons besoin de collaboration pour proposer, mais nous ferons partie du processus, nous n'avons pas besoin de la figure de l'orientateur pour qu'il vienne nous proposer, et nous dire ce que nous devons faire. Nous serons une partie importante du processus d'orientation. Et il en devrait être ainsi.
Il ne faudrait pas seulement inclure les familles dans le processus d'évaluation, il faudrait inclure les tuteurs et toute la communauté éducative. Il s'agit de cesser d'évaluer spécifiquement les enfants, pour commencer à évaluer le contexte, les carences de la classe, les carences du centre. Et en tant que tuteur, évaluer la méthodologie que j'utilise, faire un peu d'autocritique, et voir si la méthodologie que j'applique sert à tous les élèves ou si je laisse des personnes de côté. Ce devrait être la véritable évaluation.
Formation des enseignants pour nous former à l'attention à la diversité dans les classes. Il est clair qu'il faut savoir sur l'autisme. Il est clair qu'il faudra savoir sur la dyslexie, dont on disait qu'elle était provoquée par nous. Il faudra savoir de tout, mais il faut savoir inclure, et c'est ce que nous oublions, et c'est ce que la formation des professeurs oublie, la formation pour inclure. Comment concevons-nous des tâches pour que tous mes élèves puissent les réaliser ? Comment j'organise ma classe, si le matériel dont je dispose est adapté à tous ?
Être humain. Être humain et considérer comme humain celui que nous avons en face, ce qui est déjà beaucoup demander. Prendre en considération les rapports externes de tous les élèves. Nous rejetons des informations très importantes si nous nous basons uniquement sur des rapports médicaux. Pas seulement des informations des familles, mais aussi des associations et des personnes qui travaillent avec eux, qui peuvent nous apporter beaucoup plus.
Créer des classes démocratiques où les différences sont nécessaires et naturelles. Les camarades doivent être les soutiens naturels ; nous apprenons tous des différences. Vivre la diversité comme quelque chose de naturalisé. Il est impossible de vivre la diversité comme quelque chose de naturalisé si nous continuons à les exclure, si nous continuons à les jeter dehors. Si tu ne t'es jamais élevé, ou n'as jamais partagé une classe, une vie, un espace avec une personne handicapée, tu ne sauras pas traiter une personne handicapée. La première fois que nous avons vu un noir : « Putain, un noir ».
Virginie : ""Quand je suis allée à Paris pour la première fois, en 82, je me suis assise dans le métro et j'ai commencé à compter combien il y avait de Noirs, car en Espagne il n'y en avait presque pas. Je me suis dit : « Mon Dieu ».
Susana Fajardo :C'est que nous devons apprendre. Il y a un instant, on a dit : « Nous devons nous sentir inclus ». Non, nous devons nous sentir exclus, ce qu'ils ne pourront pas faire.
Ne pas réaliser les évaluations décontextualisées, en sortant l'enfant de la classe. Je pense qu'il est fondamental de sortir l'enfant de la classe, et de lui dire « avec les cinq cubes, fais-moi une tour, et maintenant fais-moi un train », « mais, qu'est-ce qu'elle raconte cette folle, je ne la connais pas, ma mère m'a dit de ne pas parler aux inconnus ». Nous lui demandons de répondre à ce que nous lui demandons, et nous ne savons pas s'il le comprend, et en plus, cela supposera que ces 10 ou 15 minutes passées avec la personne, détermineront que l'évaluation soit d'une manière ou d'une autre.
Résister, il faut résister, nous devons résister, et nous devons aussi dénoncer, non seulement nous devons dénoncer, mais nous devons aussi être critiques, et nous devons désobéir, nous révolter et nous demander jusqu'où nous pouvons aller et ne pas avoir peur. Il y a un instant, nous avions une conversation dans laquelle nous disions : « Il m'est arrivé qu'on me dise 'un enfant comme votre fils, au collège, ça ne s'est jamais vu' ». Mais qu'est-ce qui peut m'arriver de pire, que je doive le reprendre ? Si déjà vous allez le renvoyer. C'est que s'il va mal dans trois mois, je le reprends, mais il va bien, au grand dam de beaucoup de gens. Posons-nous la question que la peur nous limite, et si elle nous limite, nous les limitons.
Le rapport psychopédagogique doit se concentrer sur l'élimination des barrières à la participation. Il s'agit que l'enfant puisse participer, puisse apprendre évidemment. Concentrons-nous sur les barrières des enfants sans difficultés, mais en éliminant les barrières du contexte. Réaliser des évaluations collégiales coordonnées avec les familles. Changer les étiquettes, faire des étiquettes globalisantes. Décider nous-mêmes qui évaluer et qui non.
Faire respecter la réglementation, qui est inclusive, en impliquant activement l'inspection. Que nos opinions soient respectées, car personne ne peut nous voler le droit de décider de nos enfants. C'est fondamental pour nous, familles ; si je ne suis pas d'accord, je ne consentirai pas. La participation familiale et proactive. Coordination entre tous les professionnels. Intervention systémique.
Promoteurs de changement méthodologique. Vous, les enseignants, êtes ceux qui devez promouvoir le changement méthodologique, vous ne devez pas mettre plus d'obstacles. Promouvoir des alternatives méthodologiques. Les étiquettes diagnostiques ne peuvent être posées que par les professionnels de la santé, vous ne pouvez pas poser les étiquettes diagnostiques, ni les utiliser pour définir qui que ce soit.
Audiodescription [AD] : Après les ateliers, les participants se rassemblent dans la salle principale pour une assemblée plénière, où ils engagent des conversations animées et participent au développement d'analyses, de communications et de plans d'action. La caméra se concentre sur Ignacio Calderón, qui tape sur son ordinateur portable avec l'aide d'une personne qui lui épelle les mots. Ensuite, elle se déplace dans la salle en demandant aux personnes du groupe assistant quelle a été leur expérience pendant le Workshop.
Ignacio Calderón prend la parole et s'adresse au groupe.
Ignacio Calderón :—Pendant que nous prenions le café, les porte-parole sont restés à discuter et sont parvenus à quelques conclusions, qui sont les lignes directrices qui apparaissent là. Ce que nous allons faire dans l'heure qui suit, c'est travailler sur ces lignes directrices et essayer de concrétiser au maximum ce que chacun et chacune peut faire de sa place pour continuer à travailler dans cette direction. Ce débat doit être concret, nous devons concrétiser cette journée de travail. Enfin, nous accorderons 10 minutes de clôture.
Si vous voulez, je lis. Dans l'atelier 1, sur les écoles excluantes, trois lignes sont proposées :
- Concernant la formation, un changement de regard.
- Valoriser la diversité, la mettre en positif.
- Générer des méthodologies flexibles, soutenir des méthodologies flexibles
Les axes principaux de l'atelier 2 sur l'évaluation psychopédagogique sont :
- Que les rapports soient centrés sur le contexte, sur la personne, en identifiant les obstacles à la participation. Nous ne pouvons pas continuer avec des diagnostics cliniques.
- Consolider un réseau critique qui ne se laisse pas entraîner.
- Résister, ne pas se contenter du minimum, résister aux maximums. Parler d'inclusion, c'est parler de révolution sociale, c'est penser que nous pouvons construire une société meilleure. Pour cela, il est nécessaire de rassembler des soutiens, il s'agit de générer des réseaux. Rassembler des soutiens (syndicats, universités, avocats, politiciens…). C'est-à-dire, nous devons nous appuyer sur d'autres personnes qui peuvent générer cela.
Les axes principaux de l'atelier 3, du Droit à la réalité, sont :
- Mouvement de familles indépendantes. C'est-à-dire, des familles qui ne dépendent pas de ressources. Nous pouvons créer les plateformes que nous voulons, mais les mouvements de familles indépendantes ne sont pas contrôlés par l'administration. Ces mouvements de familles sont ceux qui font le plus peur, car ce sont eux qui peuvent le plus faire bouger les choses. Ils ne peuvent pas être manipulés.
- Rechercher des soutiens professionnels qui rendent visible la réalité, tant dans ce qui est excluant que dans ce qui est inclusif.
- Demande urgente de droits pour les personnes handicapées. C'est une proposition PUM, très intéressante car très directe.
- Nous ne pouvons pas criminaliser les familles. C'est-à-dire que les familles sont dans le même bateau, même si nous ne pensons pas de la même manière, nous défendons le droit à l'éducation.
La parole est à vous.
Ángel :— Une petite chose, un petit doute que j'ai. Concernant la fin des diagnostics cliniques, le diagnostic de l'orientateur peut-il se traduire par un diagnostic clinique ?
Ignacio Calderón :— Ángel, ce sont des diagnostics de type clinique. C'est-à-dire que les diagnostics actuellement posés dans les écoles, les évaluations psychopédagogiques, sont des diagnostics cliniques. L'évaluation psychopédagogique. C'est-à-dire que vous avez un TSA ou un syndrome de Down ou une paralysie cérébrale, et de là découle votre orientation scolaire d'un type ou d'un autre. Mais si nous pensons à l'évaluation psychopédagogique et que nous n'adaptons pas le processus d'enseignement-apprentissage à cette réalité concrète, c'est quelque chose de très différent. Une chose est le diagnostic clinique et une autre est l'évaluation du processus éducatif, c'est passer du personnel au conceptuel.
Ángel :—Alors, le diagnostic clinique n'est pas posé par un psychologue de la santé ?
Ignacio Calderón :—Dans les écoles, il est posé par un psychologue, un pédagogue, un conseiller d'orientation…
Ángel :Le conseiller d'orientation peut-il poser… ?
Ignacio Calderón :Non seulement il le peut, mais il le fait.
Susana Fajardo :—Dans l'atelier 1, ce qui me surprend, c'est que toutes les pistes qui sont ressorties sont surtout axées sur les enseignants. C'est-à-dire que nous, les familles, devons aussi nous approprier le problème, nous aussi. Nous sommes victimes de l'école excluante, mais, souvent, on s'y retrouve piégé jusqu'à ce qu'on réalise qu'il faut faire quelque chose. Je voulais juste souligner cela. Je pense que cette piste devrait être mentionnée.
Audiodescription [AD]: L'assemblée plénière se poursuit.
Susana Fajardo :— Dans l'atelier 1, ce qui me surprend, c'est que toutes les lignes directrices qui sont ressorties sont surtout axées sur les enseignants. C'est-à-dire, nous, les familles, devons aussi nous approprier ce problème. Nous sommes victimes de l'école exclusive, mais nous nous retrouvons aussi souvent piégées jusqu'à ce que nous réalisions que nous devons faire quelque chose. Je voulais juste souligner cela. Je pense que cette ligne devrait être mentionnée.
Paco Serrano : Une question pour clarifier, par manque de connaissance. Le diagnostic clinique dont vous parlez, un diagnostic clinique est-il par définition exclusif ?
Ignacio Calderón :— À l'école, oui. Le fait que je dise que tu as une paralysie cérébrale ou que tu as tel ou tel trouble ne m'aide pas, ni n'aide l'enseignant à élaborer de nouvelles réponses. Les nouvelles réponses sont générées lorsque je comprends. Et voici l'exemple du modèle social du handicap. Le modèle social du handicap consiste à comprendre le handicap comme la relation, et non comme la condition de la personne. Donc, si nous parlons de pédagogie de l'éducation, ce dont nous devons parler, c'est de la relation, et c'est la relation qui n'est pas remise en question. Le diagnostic clinique dit : « C'est de sa faute, regarde-le ». Et dans l'éducation, ce que nous devons faire, c'est de voir que cette relation est viciée. Comment pouvons-nous la transformer ? C'est là la tâche.
Participant 7 :— Nous avons parlé en atelier de cela, nous parlions de ne pas enfermer le diagnostic dans le handicap ou la difficulté de la personne (parce que la personne est comme elle est), mais de nous concentrer sur la manière de modifier ce contexte pour que cette personne puisse apprendre exactement comme les autres, et qu'elle puisse se développer au maximum comme les autres. Donc, le diagnostic qui est fait dans les écoles n'est pas un diagnostic clinique, dans le sens où il n'est pas fait par un médecin, mais en tant que diagnostic, il a ce caractère. C'est-à-dire, je te mets une étiquette qui va faire que le reste des enseignants verra cette étiquette avant de voir la personne. Ils ne voient pas la personne ni ses forces. Nous pensons que l'évaluation doit être centrée sur la manière de modifier le contexte, quelles sont tes forces sur lesquelles je vais me concentrer. À travers elles, tu pourras apprendre, pas à partir de tes difficultés, ça c'est clair. Si nous nous concentrons sur les difficultés, nous restons là, dans l'incapacité.
Antonio parlait du fait que nous devons nous concentrer sur les barrières à la participation. C'est-à-dire, nous nous asseyons, les enseignants, l'équipe d'orientation, et nous disons : « J'ai ma classe, j'ai 25 élèves. Chaque élève avec ses particularités, ses manières de communiquer, de penser, de sentir. Voici la classe, voici la méthodologie. Nous allons travailler de cette manière pour évaluer quelles barrières nous allons rencontrer face à la participation ». Avec ce type de méthodologie, avec ce contexte large, on signale quels élèves sont exclus et ne peuvent pas participer. Nous devons réfléchir à la manière de modifier cela pour inclure tous les élèves. C'est là qu'intervient l'évaluation du contexte.
Raúl López :— Ce qui se passe, c'est que concernant ce type de rapport sur les besoins du contexte, quel type de ressources ce tuteur a-t-il besoin pour décrire la diversité de sa classe ? Actuellement, du moins en Andalousie, il ne nous est pas permis de le décrire. Le programme informatique ne vous permet pas de le signaler, mais vous renvoie à un modèle clinique où vous ne pouvez signaler que certains problèmes des élèves. Comme vous n'êtes pas un clinicien, on ne vous oblige pas à faire ce diagnostic, mais si l'on vous dit : « signalez qu'il présente telles symptômes, compatibles avec tel trouble », on vous oblige déjà, parfois pour la première fois et sans qu'aucun médecin n'ait posé de diagnostic, à signaler un diagnostic possible qui, même si vous ne le dites pas, vous oblige à utiliser un modèle basé sur le clinique. Par conséquent, ce qui est censé être transformé, c'est cette caractéristique de cet élève, et non le contexte, car cet élève, qui est aussi différent, est aux côtés d'autres qui sont différents (à haut potentiel, ayant plus besoin de bouger ou non, timides ou non). Et avec toute cette variété, le corps enseignant a besoin de soutiens, de ressources et d'orientations. Vous devez le faire entre les couloirs, car formellement le modèle est encore trop clinique.
Ignacio Calderón :— Je voulais juste dire que nous parlons d'orientation toute la journée, et aucune pathologie n'a été mentionnée, cela n'a pas été nécessaire. Ce dont nous avons parlé, c'est du purement social, du modèle social, tout le temps.
Leonor :— Je voulais commenter par rapport à ce que vous disiez qu'il est vrai que nous avons un système, qui est Séneca, où les rapports psychopédagogiques, les avis sont enregistrés. Oui, il est vrai que l'avis, peut-être, est le document le plus technique, le plus clinique, celui qui est à l'origine de ces ressources, de ces modalités, et que, peut-être, nous pouvons tous convenir qu'il pourrait être supprimé et qu'il n'est pas nécessaire. Mais en ce qui concerne le rapport psychopédagogique, en parlant de diagnostics cliniques et de son caractère, je pense que d'une certaine manière il nous donne une marge de manœuvre aux conseillers, tel qu'il est dans Séneca, pour le remplir selon la manière ou l'approche que chacun a.
Il y a le contexte scolaire et académique, le contexte familial, ce sont des sections ouvertes dans lesquelles vous développez et décrivez, dans la mesure où chacun exerce son travail. Vous pouvez décrire cette situation, si vous le souhaitez et si nous voulons, et si nous nous proposons de faire une évaluation plus contextuelle, elle a aussi sa place dans cette section de contexte scolaire. Bien sûr, il y a aussi des sections pour le développement évolutif des élèves, où nous parlons du développement cognitif, du développement de la communication et du langage, de tous les domaines du développement, des styles d'apprentissage… Que se passe-t-il ? C'est en notre pouvoir de donner le caractère à ce document, comment nous développons ces sections et quel temps nous investissons dans la recherche.
Ignacio Calderón :— Vous parlez de chercher la formule dans l'outil lui-même.
Leonor :— Bien sûr, le rapport dans ses sections. L'avis non, l'avis dans Séneca vous oblige à sélectionner des onglets, qui dans la plupart des cas ne correspondent pas à ce que l'élève est. Mais le rapport psychopédagogique sont des sections ouvertes, peut-être qu'il devrait y avoir d'autres sections et en supprimer certaines, mais si le contexte scolaire et académique et le contexte familial sont là, et qu'ils sont tous à remplir.
Ignacio Calderón :— Je pense que vous parlez du contexte Andalou et je vois le contexte Valencien, qui secoue la tête, car peut-être que l'outil est différent. Je pense que dans chaque contexte nous pourrions faire, pour visualiser, un exemple, et que d'autres conseillers disent : « Eh bien, je pourrais aussi le faire comme ça si je veux ». C'est pourquoi ce serait un bon outil.
Leonor :— Nous parlions dans notre groupe que l'une des solutions est que la famille fasse partie du processus, mais pas seulement lors des deux réunions prescrites, celles où l'on informe du début de l'évaluation et du contenu du rapport, mais dans le processus où j'essaie de connaître cet élève. Ces informations que tu peux me donner sont si précieuses, tout comme les informations des tuteurs te sont utiles. Je ne conçois pas que l'orientateur détermine à lui seul qui il est, comment il se débrouille. Tu dois te fier aux informations que te donne le tuteur, qui passe beaucoup plus d'heures avec lui, et aux familles. Tout cela doit être consigné dans le rapport.
Virginia :— Pardon, est-il également prescrit combien de fois tu rencontres le tuteur ou, plus que prescrit, combien de fois tu rencontres les parents. Tu as dit qu'il est prescrit de rencontrer les parents deux fois, mais avec le reste des agents, il est prescrit combien de fois tu rencontres le tuteur.
Raúl López :— Non, avec l'équipe éducative, c'est prescrit.
Virginia : Combien de fois ?
Raúl López :—Autant de fois que nécessaire, et pendant trois mois, il faut approuver des mesures générales.
Virginia: C'est-à-dire, chaque fois que c'est nécessaire, tu peux rencontrer l'équipe éducative, mais avec les parents, c'est obligatoire deux fois, cela en dit long. On me l'avait déjà raconté quand ils avaient déjà commencé et quand on me l'a donné, et il est obligatoire de rencontrer les parents deux fois et les autres agents toutes les fois que ce sera nécessaire. Je vous pose une question que j'ignore sur ce qu'elle a dit. On m'a appelé seulement deux fois, et une grande partie des informations que j'ai fournies apparaissent biaisées dans le rapport, c'est pourquoi cela m'a interpellé que pour les parents, il ne soit obligatoire de se rencontrer que deux fois.
De plus, c'est ce qu'elle vient de dire à propos des sections. L'étiquette à la fin n'est qu'un endroit où l'on met une croix ; de plus, dans la partie des parents, il n'y a même pas de croix, il n'y a que des signatures. La seule chose que font les parents, c'est de se rencontrer deux fois et de signer.
Et dans la partie qu'elle a mentionnée concernant le contexte, ce n'est pas seulement biaisé quand on met la croix, c'est que dans chaque partie qu'elle décrit, on voit que l'information est biaisée, et qu'elle est orientée vers un point précis pour aboutir à cette croix, centrée sur la difficulté. C'est pourquoi ce qu'elle raconte est très important. Même si ensuite l'orientateur est obligé de mettre une croix parce que le système l'exige, sans la partie où l'orientateur peut écrire, subjectivement, ce qu'il voit chez cet enfant, ce serait très différent.
Ignacio Calderón :—Ce n'est pas parce qu'on met une croix que c'est objectif, et le fait de le mettre de manière narrative est subjectif.
Virginia :— C'est qu'elle a utilisé le mot subjectif auparavant, parce que ce qu'elle dit, c'est que le regard qu'elle a, et excusez-moi, parce que c'est ça le débat, tous les conseillers d'orientation n'ont pas ce regard.
Ignacio Calderón :— Nous devons continuer, et regarder vers des propositions.
Irene Carranza :— Une proposition est la dotation de base, car le système se pervertit, car les mesures et les ressources sont associées à certaines étiquettes. Donc, tant que nous ne romprons pas cette perversion, je pense qu'il sera difficile, car nous devons garantir l'attention sans étiquettes.
Ignacio Calderón :— Cette idée est importante, il faut rompre la relation entre dotation de ressources et catalogage ou étiquetage, il faut rompre ça.
Irene Carranza :— Le ministère, les bourses et le pourcentage de places qui sont accordées en priorité pour l'entrée… il y a un tas de choses qui ont été perverties.
Alejandro Calleja :— Concernant l'avis, il est clair qu'il va à Seneca ou au programme correspondant, mais qui oblige l'orientateur à documenter cet aspect ? Quand l'avis de scolarisation de Rubén pour un centre spécial est arrivé, le chef de l'équipe d'orientation a refusé de signer cet avis. Il a dit : « Signe-le toi-même, ton rapport et cet avis me font rire. » Et un autre fonctionnaire a dû le signer sur ordre de la directrice provinciale, mais le chef de l'orientation a refusé. Personne ne refuse à l'orientateur car, de plus, c'est un document tellement illégal qu'avec ce document, tu peux aller au Comité des Droits des Personnes Handicapées pour dire que le droit du mineur est nié.
Raúl López :— Une question à ce sujet. Une étiquette n'oblige pas à un avis ; n'importe quelle étiquette, aussi dure soit-elle, n'oblige pas à un avis. Si tu as réussi, grâce aux orientations, grâce au travail de l'équipe éducative, à ce que cet élève soit correctement traité et se développe correctement, il n'y a aucun besoin de changer de modalité. Il reste en modalité A, il peut passer de la maternelle au primaire avec la modalité A. Si au primaire, il continue à bénéficier d'une éducation inclusive, avec des propositions ouvertes et universelles, il n'y aura pas besoin d'un autre traitement car il évolue favorablement, et il peut aller au collège avec la modalité A, quel que soit le problème supposé qu'il ait. C'est seulement lorsque certains tuteurs et tutrices, lorsque certaines équipes éducatives pensent qu'ils ne peuvent rien faire. C'est là qu'ils disent : « Ce n'est pas ma responsabilité, c'est celle d'un autre, modalité B, C ou D ».
Pour moi, c'est toujours une modalité avec des soutiens, car nous avons tous besoin de soutiens à certains moments. Nous avons tous eu besoin de soutiens dans notre vie, et nous ne sommes pas d'une autre modalité de personnes. Quand un centre, selon son idéologie, pense qu'il ne peut pas prendre en charge correctement, il invente la nécessité d'un autre type de centre et d'un avis, mais aucune étiquette n'oblige aucun orientateur à un autre type de modalité de scolarisation. Il faut générer les ressources pour que cet élève soit correctement traité. Lors d'une conférence, Nacho le disait. Ce n'est pas le TDAH, que le TDAH existe ou non, ou un enfant qui a besoin de bouger. Il faut donner à cet enfant la possibilité de bouger parce qu'il a besoin de bouger. Et il faut lui apporter une réponse, car sinon, il est faux que cet enfant puisse être un de plus. S'ils apportent une réponse à ce besoin de mouvement, et que le garçon et ses camarades profitent de la scolarisation, il n'est pas nécessaire de l'envoyer dans un autre centre.
Susana Pérez — En ce qui concerne les ressources, je voulais dire qu'en Galice, nous avons un décret sur l'attention à la diversité, et oui, les ressources sont associées aux personnes qui ont l'étiquette. C'est au niveau légal. Il est vrai qu'ensuite, au sein de l'établissement, vous pouvez décider comment gérer cette ressource.
Par ailleurs, je voulais apporter une autre ligne directrice : les programmations de classe, qui, je pense, ne tiennent absolument pas compte de la réalité de la classe. C'est-à-dire qu'il y a des programmations de classe qui, cette année, et l'année suivante, et encore l'année suivante, et encore l'année suivante, sont toujours les mêmes. Si dans ma programmation de classe, je ne prends pas en compte ce que j'ai dans ma classe, ni les besoins que j'ai, les obstacles que je dois éliminer, les matériaux que je dois utiliser, l'évaluation…, alors je rate une opportunité.
Ainhoa Yáñez :—Je voulais inclure cela dans l'atelier 2, mais je ne suis pas sûre. Nous parlons constamment de rapports, de bilans psychopédagogiques, de diagnostics, et parfois, depuis que je travaille dans ce domaine, je me demande où se situe le mot orienter, n'est-ce pas ? Je n'ai jamais compris. Quand on lit les fonctions d'un conseiller d'orientation, et vous êtes nombreux et nombreuses ici, vous avez la fonction de base d'orienter, alors…
Audiodescription [AD]: L'assemblée plénière se poursuit.
Susana Fajardo :— Je n'ai entendu personne me dire ce que vous allez faire à partir de lundi, vous les conseillers d'orientation et les professeurs, parce que j'ai déjà bien compris ce que je dois faire. Franchement, ce dont nous avons besoin, c'est d'une réponse, et il ne suffit plus de rester à l'écart. C'est-à-dire, « Nous allons faire des propositions pour que les avis changent », « Nous allons nous impliquer auprès des familles de notre entourage qui luttent pour l'éducation inclusive, et nous allons nous impliquer auprès d'elles ». C'est-à-dire, que va-t-il se passer quand nous sortirons d'ici par cette porte ? Lundi, que allons-nous faire ? C'est pour cela que nous sommes venus.
Ignacio Calderón :— Je voulais dire, dans la lignée de ce qui a été dit, que ce matin, lors de la première assemblée, le besoin de créer des matériels pour ceux qui ne savent pas comment faire a été soulevé, n'est-ce pas ? Donc, dans cette lignée des évaluations psychopédagogiques, il faut les générer. Je pense qu'une bonne proposition peut être de générer des matériels pour que le conseiller d'orientation ou la conseillère d'orientation qui se sent mal en faisant son travail, ou qui ne sait pas comment faire son travail autrement, y voie une alternative : « Je peux faire mon travail d'une autre manière parce qu'il y a des gens qui le font ». C'est une tâche pour laquelle il faut dire (lève la main) : « Je m'en charge ».
Participant :— Nous allons former un groupe, ceux d'entre nous qui le souhaitent, un groupe de travail.
Ignacio Calderón :— C'est une proposition. C'est une proposition. Une autre, concernant cela même. Il existe des initiatives dans différentes régions d'Espagne qui, à l'heure actuelle, élaborent des décrets sur l'évaluation psychopédagogique. Par conséquent, cette initiative qui, dans certains endroits, tend à être inclusive, risque fort de se heurter à la difficulté que l'Administration dise « eh bien non », ou pas autant. Donc, un réseau de soutien à ces propositions inclusives, ou un réseau pour être attentif afin que ces nouveaux décrets qui sont élevés soient réellement inclusifs, c'est-à-dire qu'on ne permette pas, par exemple, qu'ils redeviennent des diagnostics cliniques. C'est quelque chose sur lequel nous devons rester vigilants. C'est une autre proposition que je fais.
Javier Herrera :— Je pense qu'une ligne fondamentale est que les familles s'unissent d'une manière ou d'une autre, que ce soit comme l'a fait Antonio et ses collègues, à travers la plateforme de soutien précoce, ou en créant des plateformes par communautés autonomes ou au niveau national, où nous nous renforçons et nous nous donnons ce poids et ces outils de travail, pour pouvoir dénoncer, avoir les documentations en ordre et apporter un soutien direct aux familles, je pense que c'est fondamental. De plus, je pense qu'il faudrait créer des outils, non seulement pour aider les conseillers d'orientation à faire leur travail correctement ou à le faire différemment, voire à ne pas le faire. C'est-à-dire, il y a des fois où ils ont une marge dans le système pour pratiquer la désobéissance, dans certaines limites. Merci.
Antonio Guerrero : Je sais ce que je vais faire lundi, c'est pourquoi je suis presque pas intervenu. Je suis un mouvement de vie indépendant. Notre site web a une portée de quatre millions, donc je vais dire à tout le monde d'envoyer les demandes : nous allons les submerger jusqu'au Comité des Droits. Cela en tant que mouvement indépendant. De plus, nous n'avons pas de cotisations, ni de subventions, ni rien, donc nous sommes incorruptibles, et avec une portée de 4 millions. Maintenant, qu'est-ce qui nous manque ? J'ai dit aux parents de ne pas signer le rapport en disant « Je ne suis pas d'accord ». Je leur dis de ne pas signer, car si vous ne signez pas, vous pouvez dire que vous n'avez pas compris. Donc je dis « ne signe pas ». Alors, maintenant, il nous manque l'autre partie, qui êtes les professeurs, à qui je casse les pieds, pour parler franchement, depuis près de deux ans et demi, et j'entends beaucoup de silence. Donc, lundi, je sais ce que je vais faire.
Carmen Máximo :— Eh bien, je voulais commenter que nous avions parlé plus tôt, dans le groupe où nous étions, que nous ne pensons pas que ce soit une lutte des familles, c'est une lutte de la communauté éducative, une lutte pour l'école inclusive. C'est plus, une lutte pour tous les enfants, car l'école inclusive nous inclut tous. Donc, je comprends que les familles soient épuisées, qu'elles veuillent s'associer, qu'elles veuillent créer des plateformes, mais ces plateformes doivent être pour tous les secteurs, de la communauté éducative, des élèves, qui puissent être représentatives, qui puissent avoir une voix, aussi du corps enseignant. C'est plus, dans les propositions qui ont été faites de réseaux, c'est très important du point de vue que l'information est pouvoir, dans n'importe quel centre si il y a un professeur qui a cette information et se retrouve avec un parent qui ne sait pas quoi faire, ce qui arrive aussi, et qu'ils ont des ressources, car le mouvement est pour tous les enfants, pour ceux dont les parents sont impliqués, et pour ceux dont les parents, par manque de formation, ne savent même pas comment y accéder, alors il faut le leur dire.
Alors, je sais que vous êtes très épuisés professionnellement, parce que vous avez lutté contre une barrière, mais j'ai beaucoup d'espoir et je connais beaucoup de monde dans le système éducatif et nous pensons qu'une autre école est nécessaire. Souvent, ils ne trouvent pas un espace comme celui-ci pour pouvoir retourner dans leur centre et s'informer des renseignements que nous avons donnés ici. Donc, quand l'information est dans les centres et qu'il y a un personnel engagé, quand une famille arrive, qu'elle soit militante ou non, on va la lui transmettre. C'est une question sociale, pas une question individuelle, et l'école inclusive est l'école de tous, de toute la communauté. Par conséquent, tout le travail que nous faisons doit être pour tous les enfants, et pour toutes les familles, même si c'est nous qui devons démarrer pour le moment.
Participant 7 :— J'ai une idée claire de ce que je vais faire lundi, parce que c'est ce que je fais tous les jours : continuer sur le même chemin. Ce que je fais, c'est encourager les enseignants, les conseillers et les conseillères à ce que, si quelqu'un est intéressé à vraiment travailler là-dessus, je suis à la disposition de quiconque veut changer les choses et faire quelque chose, mais, vraiment, comptez sur moi. Quiconque le souhaite, nous nous mettons en contact. Et faisons des matériaux, des choses qui peuvent vraiment changer les choses. Je suis prête à tout.
Ignacio Calderón :— Je pense que c'est un excellent plan, commencer à faire des matériaux qui ne soient pas les habituels, quelque chose d'autre.
Carmen Morales— Mon fils a 23 ans et je dois, pour être honnête, remercier énormément de professionnels qui ont travaillé avec mon fils, avec une décence et une éthique impressionnantes. Tout comme j'ai eu les pires, avec une indécence impressionnante ! Par exemple, on disait à Alejandro que le problème, c'était sa mère, et bon, je suis vraiment contente d'avoir trouvé ici ce lieu de réflexion. J'ai souffert ce matin parce que je vois encore que, si mon fils a été martyrisé pendant vingt ans, il y a des familles qui vivent la même situation que moi et, vraiment, c'est dévastateur. Une personne m'a saluée là-bas et m'a serrée dans ses bras en pleurant. En plus de mes expériences, j'emporte aussi beaucoup d'expériences de nombreuses familles qui viennent à SOLCOM, et vraiment, il arrive un moment où l'on s'effondre. Jusqu'à récemment, je disais « je ne peux plus continuer », parce qu'on voit qu'il y a tellement de mauvaises personnes.
Je disais qu'il y a trois types de personnes : ceux qui naissent avec les droits humains incorporés, innés, qui viennent de série ; ceux qui viennent comme les voitures, avec l'emplacement pour les incorporer, et ceux que vous ne convaincrez jamais. Ces gens sont de mauvaises personnes et il faut vivre avec elles. Que faut-il faire ? Profiter de ceux qui viennent avec les droits humains de série et agir sur ceux qui ont l'emplacement pour les incorporer. Alors, nous sommes deux groupes contre un. J'ai été ravie d'être ici, autant avec des professionnels qu'avec des familles, parce que, quand mon fils était petit, la seule chose que je connaissais, c'était le forum de la vie indépendante, et c'était un tas de gens très fous, issus d'un mouvement de vie indépendante né dans les années cinquante. Les pères et les mères qui êtes ici aujourd'hui avez vraiment de la chance, parce qu'il y a plus de monde impliqué pour bien faire les choses avec nos fils et nos filles, avec leurs erreurs, parce qu'ils ne sont pas parfaits, nous avons un tas de défauts et de vertus.
Bon, moi je serai là lundi. Je suis déjà comme une pile, j'avais le moteur avec quelques petits soucis, on dirait que tout se rapporte aux voitures… Je vous remercie tous, Nacho, je suis vraiment enthousiaste.
Esther Gómez :—Bon, nous allons encore une fois essayer de donner la parole à tout ce qui se dit sur Twitter et sur les réseaux sociaux pour faire un petit mélange et vous commenter un peu ce qui se dit de l'extérieur sur la rencontre. Marisa, par exemple, nous demande d'évaluer les enfants par nom et prénom, en nous concentrant sur les besoins et non sur le diagnostic. Qu'on évalue le contexte et la méthodologie pour observer si quelqu'un est laissé de côté.
Mariluz Sanz nous dit aussi que la justice devrait être gratuite, ou manifester de l'aide pour de nombreuses familles et entités, de cette manière on dénoncerait davantage le non-respect de la loi, en luttant pour le droit à une éducation inclusive, car cela coûte très cher monétairement et, au final, psychologiquement, on finit par abandonner.
On nous dit aussi qu'une première étape pour qu'un diagnostic psychopédagogique ne soit pas stigmatisant est de faire un diagnostic objectif des besoins existants.
On nous parle aussi de la très bonne idée qu'a eue Nacho, et qui nous sert à continuer à nous améliorer dans la formation quotidienne, et à sortir de la méthode ancienne qui existe aussi à l'Université, qui fait aussi partie de la proposition.
Alejandro Calleja :—En cas de doutes qui pourraient survenir, car nous partirons et il y aura des gens qui voudront nous contacter et tout ça, le point de rencontre est avec Nacho. Pour tout problème ou doute, adressez-vous à Nacho. Personnellement, je n'ai aucun problème à faciliter du matériel, dans la mesure du possible, tout comme il faut le demander à SOLCOM, bien sûr, dont je suis membre, d'ailleurs. Il faut savoir que nous avons ce soutien. Nous devons nous soutenir et nous devons avancer. Nous devons aller de l'avant, car nous le pouvons et c'est réel, et c'est ce que nous, les familles, devons faire. Pour toute question, adressez-vous à Nacho ou à moi personnellement, nous serons là.
Javier Herrera :— Il y a une partie qui me semble très importante : changer le regard de la société d'une manière ou d'une autre. Je pense que nous devrions trouver une formule pour cela. Nous pouvons tous le changer dans notre petit cercle et tous ceux qui sont ici et qui sont impliqués devraient être capables de s'unir et de changer le regard à grande échelle. D'une manière ou d'une autre, je pense que c'est possible. Si nous nous unissons et créons des ressources unifiées et puissantes, nous pourrions également mener des campagnes puissantes.
Ignacio Calderón :— Je pense qu'il faut articuler des choses qui soient simples, mais profondes. C'est-à-dire, simples, en ce sens qu'elles soient rapides, que les gens puissent les voir rapidement, comment la réalité est constituée aujourd'hui, que ce soit quelque chose de rapide, mais qui ait une grande portée en dessous. Donc, ce que nous faisons doit être simple, rapide, mais profond. Alors, comment articulons-nous ces réseaux pour que cela se produise ?
Pedro Piña :— Je ne l'ai jamais vu, je ne sais pas si c'est possible. Un panneau d'affichage dans une école qui soit visible par les parents, et avoir des informations concernant les élèves et l'école et pouvoir le présenter là. C'est une chose simple, mais souvent, tu as des relations avec les parents de la même classe, mais pas avec les parents des autres classes.
Ignacio Calderón :— Je pense que ce matin, l'une des choses dont on a parlé, c'est que les AMPA, par exemple, nous les avons négligées. Et c'est vrai, nous les avons négligées et ce sont des organes de gouvernance. Il y a de grands exemples à Madrid. Ce qu'ils font, c'est renforcer cette communauté, et en ce moment, la vérité est que nous les avons abandonnées. J'ai une expérience horrible en étant dans un conseil scolaire, que je partage ici avec un collègue. Une expérience horrible : sentir le vide. Il y a longtemps, j'ai pensé : « Bon, je suis ignoré, je donne toujours des choses, mais cela n'aboutit à rien. Cela n'aboutit que lorsque nous formons une communauté et que nous créons une AMPA forte, qui ne soit pas au service des habituels. »
Susana Fajardo :— Je veux dire quelque chose d'après mon expérience. Vous n'avez même pas besoin d'une association de parents d'élèves (AMPA) forte, car ce dont vous avez besoin, c'est de créer des réseaux à partir de l'AMPA, à partir de l'image de l'AMPA, car l'AMPA vous permet de communiquer avec d'autres écoles, avec d'autres AMPA, d'égal à égal. Il se peut que vous n'ayez pas beaucoup de soutien, ou que vous ayez une très petite école, mais cela vous permet d'avoir les contacts, de créer un réseau de contacts. Nous avons, par exemple, un forum d'AMPA, un groupe WhatsApp où l'information circule. Il y a une conférence et tout le monde sait qu'il y a une conférence. Quelqu'un publie un article, et cet article est diffusé. Cela a commencé comme une initiative de la mairie, mais cela a beaucoup servi à donner de la visibilité. L'école que je représentais, personne ne savait qu'elle existait dans ma ville, et nous nous sommes fait connaître. De plus, derrière, même si c'était une petite école et qu'il y avait peu de parents, nous avons beaucoup insisté.
Une AMPA pas si forte, mais pour nous faire remarquer. Au final, ce que nous devrons faire, c'est nous faire remarquer.
Javier Herrera :— Il faudrait s'emparer des AMPA, s'emparer des conseils scolaires et des commissions de convivialité. Il faut prendre position et à partir de là créer des réseaux et faire du bruit.
Alejandro Calleja :— Le problème, c'est que les conseils scolaires se sont beaucoup dévalués, les familles dans les conseils scolaires ont moins d'influence qu'avant. C'est toujours la même chose : appelle toi-même la direction provinciale, parce que si c'est toi qui le dis, ils t'écouteront davantage. Nous sommes toujours dans le même schéma, c'est bien, mais il faut s'autonomiser beaucoup plus.
Susana Fajardo :— Je pense que le moment de prendre parti est révolu. Jusqu'à présent, tout le monde prenait parti, et seuls ceux à qui cela intéressait se battaient, mais il arrive un moment, comme nous le voyons, où nous fonctionnons, où nous tissons des réseaux, où nous travaillons, où les familles s'unissent, où des initiatives comme l'ILA à Madrid, ou Antonio avec les soins précoces, sont présentées. Ou, modestement, nous en Estrémadure. Lorsque vous présentez une proposition, vous vous dévoilez si vous prenez parti, et c'est ce que nous devons forcer. Nous devons forcer les gens à ne pas pouvoir prendre parti sur cela, avec des initiatives et des propositions auxquelles personne ne peut dire non. Ensuite, parvenir à un consensus et dire : « Voici les quatre choses auxquelles personne ne peut dire non », et commencer à marteler, à créer des réseaux, à chercher des soutiens, et à inclure les AMPA, les syndicats. Quel enseignant ne voudra pas une réduction du ratio ? Celui qui ne le veut pas, c'est le politicien qui devra la payer, vous voyez ce que je veux dire.
Javier Herrera :Non, non, c'est nous qui la payons, pas les politiciens.
Susana Fajardo :Eh bien, oui, je veux dire que cela perturbe ses budgets. Donc, ce qu'il faut forcer, c'est que personne ne puisse prendre parti sur cela, que si vous prenez parti sur cela, c'est parce que vous y êtes manifestement opposé, et vous faites très mauvaise figure.
Raúl López:— Dans cette veine, soulignons une chose qui est ressortie de l'atelier sur les évaluations psychopédagogiques. Eh bien, je suis un ami des causes perdues, et ici, paradoxalement, je me retrouve avec le fait que cette cause est légale, et qu'elle est conforme au système légal, et que ce sont les antisystèmes qui s'y opposent. Donc, depuis l'orientation éducative, il me semble que nous devons nous placer totalement dans la légalité, et exiger de l'inspection qu'elle se positionne par rapport à la légalité.
Ignacio Calderón :—Voici quelque chose d'intéressant. Je pense que, peut-être, on pourrait chercher un soutien académique pour mener cette lutte entre conseillers et conseillères, avec l'Inspection. Nous pouvons donc chercher un réseau de soutien d'universitaires qui sont favorables à la transformation de cette proposition. Cela doit être initié par le conseiller ou la conseillère et demander le soutien de l'universitaire (lève la main). Allons à l'Inspection et disons : « Regarde, écoute, c'est illégal ».
Javier Herrera : —Lesinspections sont peu nombreuses, mais il y en a de sensibles.
Ignacio Calderón : —Ici, nous nous concentrons sur l'illégalité, mais ce n'est pas seulement l'illégalité, c'est l'anti-pédagogie, il y a aussi une logique, les choses sont faites pour une raison.
Esther Gómez : —En tant que groupe — et quand je dis groupe, je parle de Lucía, qui est là-bas, de Miguel, d'Eva, de Rocío, qui est aussi là-bas, de Yoli et de moi —, notre proposition est d'essayer de donner forme à tout ce qui se crée aujourd'hui ici. Essayer de le diffuser pour essayer qu'il aille plus loin et qu'il ne reste pas une seule expérience, et qu'il puisse dépasser les frontières des personnes qui nous regardent et communiquent, qu'il atteigne le monde. Et continuer à lutter pour les causes justes et continuer à tout donner.
Susana Fajardo : — C'est la dernière fois que je prends la parole, je le promets. Ce que je voulais, c'est mettre à disposition le manifeste que nous avons préparé, qui peut servir de document de travail ou pour ce dont nous parlions, pour dire : « Voilà ce qui est et personne ne peut se mettre de côté ».
Ainhoa Yáñez :— Je voulais dire, au nom de Cris, de Fran, de Violeta et du mien, que nous sommes à Madrid, et ceux qui veulent savoir quelque chose sur l'ILA, comment elle a commencé et comment elle arrive maintenant à son apogée, nous sommes à votre disposition. C'est pour cela que nous sommes venus. Nous sommes venus de Madrid pour vous dire que nous sommes à votre disposition et que, par ailleurs, le Carlos Cano est ouvert le 5 mars. 42 élèves de l'Université de Grenade viendront passer la journée. Il est toujours ouvert aux familles, aux étudiants en stage et à tous ceux qui veulent se promener à Fuenlabrada, qui, bien que pas très belle, est là. Nous continuerons lundi, avec ce slogan qui dit que « Pour éduquer un enfant, il faut toute la tribu et c'est ce que nous allons continuer à faire ». C'est tout, merci.
Carmen Máximo :— Une proposition que m'a rappelée une collègue et que nous avons faite dans le groupe de travail, était de créer une plateforme entre familles et professionnels, où nous pourrions nous contacter et échanger des informations pour les faire parvenir aux centres, aux personnes qui en ont besoin. La proposition est de prendre les contacts, de créer une plateforme où nous serions les professionnels de l'orientation, les professeurs, les enseignants, les élèves et les familles. Je m'offre pour faire le lien et, à un moment donné, pouvoir créer cet espace. Que tous les parents, professeurs et conseillers d'orientation qui sommes ici aujourd'hui, chacun dans un centre éducatif, soyons dans cet espace et puissions partager l'information pour qu'elle se diffuse dans tous les centres où nous sommes ici.
Ignacio Calderón :— Il faudrait réfléchir si ce que nous allons décider est de créer une plateforme. Il me semble intéressant que toute la diversité présente aujourd'hui ici reste intacte et s'améliore. Je veux dire, il y a ici des associations qui sont parfois formidables, il y a des mouvements qui sont formidables, et cela doit continuer à fonctionner. Maintenant, nous faisons ici quelque chose de transversal, qui devrait continuer, mais je ne sais pas si je lui donnerais le nom de plateforme ou quoi, mais oui, il est vrai qu'ici quelque chose se crée, d'autres réseaux.
Javier Herrera :— Donnons-lui un nom et, surtout, une ressource.
Virginia :— Par exemple, la capacité que vous avez eue aujourd'hui, vous en tant qu'équipe, de nous réunir séparément, et que nous apportions des idées et les regroupions, et avec l'initiative qu'Esther a mentionnée, il me vient à l'esprit que vous, qui êtes étudiants, n'est-ce pas ?…
Ignacio Calderón :— … mais ce sont de bons étudiants…
(rires)
Virginia :— … il semble que, peut-être, cette capacité qu'ils ont eue de nous unir et de le placer d'une manière dirigée par toi, Nacho, je pense que nous devrions en profiter. Ce sont les futurs enseignants, ils sont un peu responsables de semer cette petite graine.
Ignacio Calderón :— Ils ont déjà dit qu'ils allaient faire quelque chose avec tout cela, on ne peut pas tout leur confier, mais ils vont faire quelque chose.
Carmen Máximo :— Je m'engage à ce que, si cela commence, j'y participerai activement. Si nous parlons d'une plateforme de professeurs, d'élèves, d'orientateurs et de familles, je comprends que je dois être avec eux et qu'une combinaison sera nécessaire. Et que beaucoup de choses nous seront apportées par elles, et nous, après des années d'expérience dans les centres et de connaissance des relations, des structures, des centres, etc., pouvons aussi apporter, bien que moi aussi, si vous voulez, je travaille avec vous, en accompagnant.
Irene Carranza :— Nous venons des Asturies, vous serez également les bienvenues et les bienvenus si vous avez besoin de nous. Nous venons du Département, je ne sais pas si c'est le seul Département présent aujourd'hui. On nous a encouragés à être ici aujourd'hui, et on nous a payé le voyage. C'est à souligner, c'est une bonne chose. Je travaille là-bas depuis de nombreuses années, et lundi, je vais continuer le travail que, depuis l'année dernière, nous avons commencé dans cette lutte. Nous avons une stratégie d'orientation, par exemple, pour laquelle nous nous battons, qui concerne les professionnels de l'orientation, PT, AL, la communauté et l'orientation éducative. Toutes ces spécialités qui réfléchissent, car je crois que dans le système, si tu ne réfléchis pas, ton travail tendra à l'exclusion. Si tu laisses la machine fonctionner, tu vas créer ce rôle d'arme pour l'exclusion. Alors, je pense que nous ne devons jamais cesser de réfléchir et de remettre en question nos erreurs.
L'année dernière, nous avons réfléchi à l'évaluation psychopédagogique. Plus précisément, nous avons parlé de tout cela des diagnostics. La stratégie s'est terminée, Nacho, merci, ce fut un plaisir de t'avoir là, ce fut inspirant. Et cette année, nous réfléchissons à notre rôle professionnel, au rôle que nous jouons dans les centres de conseil. Plus de la moitié des professionnels essaient de marcher dans cette voie.
Nous avons un projet de décret sur l'équité, qui inclut l'allocation de base dont je parlais auparavant ; il renforce l'action tutorale en reconnaissant cette valeur, en la renforçant, non seulement en disant dans le préambule qu'elle est très importante, mais avec des leviers de changement : on essaie de promouvoir les mesures ordinaires du centre et d'organisation du centre, et au niveau de la classe. Depuis l'année dernière, dans les instructions aux services spécialisés d'orientation, figurait la clause de refus zéro : si une famille n'autorise pas la scolarisation dans un centre d'éducation spéciale, elle n'est pas scolarisée. Les conditions de scolarisation ont ainsi fonctionné depuis le cours précédent.
Nous avons également apporté une formation au service de l'Inspection, comme vous l'avez mentionné : Manuel Ávila de Valence, Echeita et Tony Booth avec les équipes de direction.
Et bien, continuer dans cette voie. J'emporte aussi toutes les émotions, toutes les connaissances…
(rires)
Valoriser non seulement les professionnels de l'orientation, c'est une responsabilité de tous et de toutes.
Ignacio Calderón :—Cela a été comme tirer sur un fil, car María José a tiré sur un fil, nous avons tiré sur ce fil, mais ni les écoles ne sont les conseillers et conseillères, ni la société n'est l'école. Enfin…
Irene Carranza :— Merci d'organiser quelque chose comme ça. Je parie sur le travail en réseau, toujours avec des soutiens, seuls nous n'y arrivons pas. Les personnes ont leur responsabilité individuelle, mais nous devons chercher le réseau, le soutien. J'ai toujours pensé cela, des espaces de réflexion et de débat, de partage. Je parie toujours sur cela dans ma vie et dans mon travail, et cela ne m'a pas mal réussi. Merci.
Participant 8 :— Eh bien, moi quelque chose de très court. Je suis mère depuis 15 ans. On m'a toujours parlé de participer à la communauté éducative, et jamais en 15 ans je ne me suis sentie en faire partie. C'est la première fois que je vois que les familles et les enseignants sont représentés, et voilà, je vous remercie. Et un projet très facile et très simple qui peut être réalisé est le projet des parents en classe. Ils sont très beaux et très enrichissants. Il y a beaucoup à faire, et les pères et les mères peuvent faire beaucoup de choses en classe. Alors, beaucoup de petites choses faites dans de petits lieux et par de petites personnes peuvent changer le monde. Merci.
Raúl López :— Vous avez parlé du travail en réseau et cela me semble très intéressant, mais je ressens le besoin des contacts personnels. Alors, je parierais que ce type de rencontres se répète.
Ignacio Calderón :— Je dois dire, en réponse à cela, qu'hier on m'a proposé d'émuler quelque chose de similaire à Madrid, et peut-être que ce serait une opportunité, peut-être, je ne sais pas.
Ana Robles :— Je devais vous remercier tous d'être là aujourd'hui. Pour moi, ce fut une expérience très enrichissante. Il est vrai que le travail en réseau est très important. J'ai l'habitude de travailler beaucoup seule, mais parce que je ne prends pas le temps de réfléchir à toute la force dont j'ai besoin, je n'ai pas ce courage. C'est là qu'intervient Nacho, qui est adorable et qui a cette facilité à rendre extensible ce qui, à priori, est compliqué.
Alors, je m'occupe un peu de mon domaine. Vous parlez de ce que vous allez faire lundi. Lundi, je vais faire quelque chose de magnifique, je vais vous dire en quoi cela consiste. Jusqu'à présent, le projet que j'ai mentionné, « Histoire pour tous », je l'ai réalisé de manière autonome et solitaire, avec des enfants avec et sans diversité au musée de Malaga, mais maintenant on m'a donné une opportunité, car un cours d'extension universitaire a été créé pour de jeunes élèves avec diversité intellectuelle, et ils ont un module de dramatisation du patrimoine que je leur enseigne. Alors, j'ai demandé que ces élèves participent activement au projet. C'est-à-dire, je ne serai plus seule en tant qu'enseignante, j'aurai maintenant ces jeunes que je forme, avec une diversité intellectuelle, travaillant avec moi, comme une équipe de personnes totalement capables. Et nous aurons des personnes avec diversité en haut, animant des ateliers, et en bas, recevant, un groupe de personnes travaillant, tout simplement. C'est une mini-action qui, je pense, mérite d'être diffusée, pour que tout le monde comprenne que c'est possible. Je le mettrai sur les réseaux, j'essaierai de lui donner la diffusion que je peux, mais surtout je le ferai parvenir à Nacho, car je pense que c'est un mini-exemple qui peut être très intéressant. Voir que c'est possible à l'école et dans la vie réelle aussi, car l'école se termine, c'est un cycle de la vie humaine, mais qu'en est-il de ces adolescents qui terminent ce cycle scolaire, qui les empêchent souvent de participer dans les instituts et, bien sûr, ils n'arrivent même pas à l'université ? Alors, je pense que c'est une opportunité professionnelle importante, car nous sommes tous des êtres merveilleux et nous apportons des choses fantastiques, merci.
Javier Herrera :— Comme moyen efficace de systématiser les contacts et comme proposition, je suggère que nous créions un groupe sur Facebook et que nous l'appelions par exemple « Mouvement pour l'éducation inclusive ». Et nous nous inscrivons tous au groupe. Pour commencer, nous avons déjà les contacts, nous savons qui nous sommes, et nous pouvons commencer à faire des propositions, à faire des documents et, à partir de là, la question peut être organisée. Je le dis comme une proposition pour lundi, ou pour demain.
Ignacio Calderón :— Êtes-vous d'accord avec cela ?
Virginia :— J'aimerais remercier María José, qui est là et qui a tant participé à cette journée également. Personnellement, je vous suis très reconnaissante car vous me supportez beaucoup sur Messenger et vous m'aidez à faire avancer beaucoup de choses pour lesquelles on a parfois besoin de soutien. Merci.
Professeure de l'école Señora de Gracia :— Bonjour, je suis également très heureuse d'être ici aujourd'hui. Nous avons beaucoup appris lors de cette journée. Je fais partie du Colegio Nuestra Señora de Gracia, qui est une école très inclusive, et j'encourage tous ceux qui le souhaitent, tous les parents et éducateurs, à nous rendre visite. Nous avons des journées portes ouvertes le mardi 6, de 10h à 12h, et le vendredi 9 mars, de 16h30 à 18h30. Nous sommes avant tout une école d'inclusion sociale, mais nous sommes aussi ouverts à la diversité. Nous avons Luna avec nous. Nous sommes également une communauté éducative où les parents et les élèves ont leur place pour participer. Nous avons une école d'anciens élèves, tout le monde peut y participer. Les personnes extérieures qui souhaitent venir animer des ateliers ont les portes ouvertes, nous sommes une école aux portes ouvertes. Nous travaillons par projets, de la maternelle à la sixième année, qui est ce que nous avons, et nous sommes une école aux portes ouvertes pour tous ceux qui veulent venir, enseigner et apprendre.
(Applaudissements)
Ana María Solsona :— Eh bien, je reprends la parole, il m'arrive la même chose qu'à Susana. Que puis-je faire en tant que mère, que pouvons-nous faire en tant que parents à partir de lundi et d'aujourd'hui ? Premièrement, continuer à donner de la visibilité à Aleix, dans n'importe quel environnement, il peut être n'importe où, avec ses caractéristiques comme n'importe quelle autre personne.
Je regrette toujours ce que vous avez souligné précédemment : l'orientation au niveau scolaire.
Autre chose de très important. Je tiens également à remercier María José, et Nacho aussi, mais surtout María José qui est dans l'ombre et qui m'a fait changer mon regard. Nous allions tomber dans un précipice quand Aleix, à 21 ans, n'avait rien. On allait l'envoyer dans une école spéciale, oups, dans une école spéciale, non, Aleix allait être envoyé dans un centre de jour à 21 ans, alors qu'il apprend encore énormément. Il a beaucoup de potentiel et, comme toute personne, il a le droit de se former.
Avant, en parlant avec Belén, je voulais dire quelque chose qui pourrait servir à de nombreux parents : il existe la formation de seconde chance, où il n'est pas nécessaire d'avoir le diplôme de l'ESO, où l'une des conditions est de ne pas avoir l'ESO approuvée. Aleix, avec des mesures conservatoires, nous avons dû aller au tribunal. Il a été non scolarisé de septembre jusqu'au 17 janvier, date à laquelle il a commencé maintenant, et cela fonctionne, avec encore beaucoup d'inquiétudes, mais cela fonctionne. On nous anticipe les cours de langue et de mathématiques par courrier, et nous les adaptons, car les moyens ne nous ont pas été fournis. Nous nous en sortons, il est inclus dans le groupe, il n'y a pas de cour de récréation où il ne soit pas avec le groupe. Tout cela fait partie de l'enseignant, car nous avons eu la chance d'avoir un enseignant qui, sans avoir aucune connaissance, s'est investi. Et puis, nous avons eu des soutiens externes. Sans quelqu'un pour vous soutenir, vous ne pouvez pas aller de l'avant. Ce soutien, nous en avons besoin, qui qu'il soit, et j'espère qu'il y aura de plus en plus de soutien, et de personnes qui s'impliquent vraiment dans leurs problèmes quotidiens. Merci.
(Applaudissements)
Olga Gave :— En tant que mère, lundi, je continuerai à me battre et à essayer de faire changer beaucoup de monde, en changeant les mots que les gens n'entendent pas quand ils parlent de mon fils, en continuant à lui apprendre, je ne me fatigue pas. Ce que j'aimerais, c'est savoir comment nous pouvons atteindre autant, autant de parents qui ne le voient pas comme moi, par exemple. Moi, j'avais ça clair, je me bats pour mon fils et je compte continuer à me battre, mais il y a d'autres parents qui ne le voient pas. Ce n'est pas qu'ils ne l'aiment pas, c'est qu'ils ne le voient pas ou qu'ils sont trompés. Comment pouvons-nous, d'ici, atteindre aussi ces parents pour les aider ? Parce qu'il y en a beaucoup, et ainsi, s'ils viennent de notre côté, nous serons plus nombreux. Essayer de faire cela d'une manière ou d'une autre.
Susana Pérez :— Voici la Galicienne, encore une fois. Comme je l'ai dit, je viens d'une association de Galice, et en plus, je fais partie d'un réseau. Nous sommes sept autres associations de syndrome de Down et de handicap intellectuel en Galice et, à notre tour, nous faisons partie d'un autre réseau qui couvre toute l'Espagne. Par conséquent, ce que je ferai lundi, c'est partager cette expérience avec beaucoup de monde. Créer ce réseau où nous pouvons tous être, partager des expériences positives, du matériel, des modèles, des évaluations psychopédagogiques… je pense que cela nous aidera énormément. Et je vais le répéter, je veux une deuxième expérience comme celle-ci, mais en Galice.
(Applaudissements)
Ignacio Calderón :— Carmen Saavedra m'envoie un commentaire. Hier, je lui ai demandé une phrase joyeuse pour le début de la session, et elle était un peu fatiguée et m'a dit : « Ça ne me vient pas, Nacho ». Et je voulais la remercier car elle m'a envoyé un petit message, et elle m'a dit qu'elle aimerait remercier le travail qui a été fait aujourd'hui avec la photographie de l'ascenseur de son fils, la voici.
Paco Serrano :—Rapide, une autre invitation. J'aimerais vous inviter à réfléchir à tout cela toujours avec bienveillance, avec la bienveillance que, dans de nombreux cas, vous ou vos enfants, peut-être, n'avez pas trouvée. Avec bienveillance et fermeté, vous le devez. Je suis enseignant en maternelle, vous devez nous exiger l'excellence, vous devez nous exiger le professionnalisme, avec bienveillance, avec affection, si possible. Je veux dire, un enseignant ou une école non inclusive est un luxe que nous ne pouvons pas nous permettre. Un seul enseignant ou une seule enseignante qui n'est pas disposé à être ce qu'un éducateur ou une éducatrice doit être, avec toutes les lettres, avec ce concept d'éducation que j'évoquais il y a quelques heures, est une personne qui doit être prête à changer ou ne mérite pas d'être dans le système éducatif. Alors exigez avec bienveillance, mais exigez l'excellence éducative et professionnelle toujours, toujours. Et voilà.
(Applaudissements)
Silvia Abolafia :—Nous avons recueilli toutes les propositions qui ont émergé. Les dix que nous avons considérées comme les plus importantes, car ce sont celles que nous pouvons réellement tous faire et qui sont à notre portée, sont :
Générer le matériel pour que les conseillers d'orientation puissent déjouer l'exclusion, ou pour ces conseillers qui ne savent pas très bien comment travailler dans les évaluations. S'unir pour faire valoir les droits ; c'est-à-dire, dénoncer les pratiques exclusives auprès du Comité des droits des personnes handicapées, ce que je pense que beaucoup feront.
Créer des plateformes où tous les secteurs ont une voix : élèves, familles, professeurs, conseillers d'orientation, psychologues, etc., ce que nous allons faire quoi qu'il arrive. Qu'il y ait des professionnels dans toutes les écoles qui disposent de la formation nécessaire pour informer toutes les familles. Prendre position, s'impliquer dans les AMPA, les commissions de coexistence, les conseils scolaires, pouvoir participer véritablement.
Forcer les gens à ne pas rester passifs face aux propositions que nous faisons. Que personne ne puisse dire non aux propositions. Créer une plateforme entre familles et professionnels pour échanger les informations qui seront générées. Bon, cela se répète un peu. Réfléchir en tant que communauté, comme nous le faisons maintenant, pour ne pas revenir aux pratiques exclusives. Chercher un soutien académique pour faire valoir cette lutte auprès de l'inspection éducative.
Et enfin, et ce que je pense que nous allons faire ensuite, c'est créer sur les réseaux sociaux une page où tous ceux qui sont présents ici pourront faire entendre leur voix.
Et voici les dix propositions qui sont restées clés.
Ignacio Calderón :—Moi, déjà… mon Dieu, quelle journée et quelle nuit…
(rires)
Ignacio Calderón :—Je tiens à remercier tous les efforts que cela représente pour tant de personnes qui se sont déplacées jusqu'ici, qui ont dit : « Je vais dépenser de l'argent, je vais consacrer mes efforts à venir jusqu'ici, pour se rencontrer, pour faire une rencontre qui n'est rien, qui est se rencontrer ». Je crois que María José a dit : « Pourquoi ne nous rencontrons-nous pas ?, pourquoi ne nous unissons-nous pas ? » Eh bien, c'est ce que cela a été, s'unir, se rencontrer. Nous nous sommes rencontrés, beaucoup de personnes. Nous nous sommes rencontrés dans les discours, aussi physiquement. Nous nous sommes donné des étreintes. Je vous félicite pour le travail. Aujourd'hui, il y a eu tant d'intelligence ici ; c'était un cerveau en marche, beaucoup de gens qui pensent, beaucoup d'experts qui pensent à une réalité concrète dans laquelle ils sont experts.
Je veux remercier María José de m'avoir laissé l'espace pour que cela se produise, d'avoir travaillé avec moi si merveilleusement. Je veux remercier Raúl, je veux remercier Silvia, je veux remercier Sabina, je veux remercier tous les étudiants qui sont venus ici aujourd'hui et à qui je pensais : « S'ils n'avaient pas été là, qu'en aurait-il été de ceci ?, que se serait-il passé ? » Je serais devenu fou. Je vous félicite tous et toutes, et je vous remercie énormément d'avoir fait ce cadeau aujourd'hui.
(Applaudissements)
Ignacio Calderón :— J'ai commencé cette session avec sa bande-son. La première chose qui sera mise en ligne sur Facebook, évidemment, c'est sa bande-son.
Description de soi [AD]:— À l'écran, la chanson « Centro » de Luis et Pedro Pastor est projetée, accompagnée d'images créées par Paula Verde. Les images incluent des portraits photographiques de différents jeunes.
🎵 Derrière toi, l'avenir court
à voir si tu veux
te laisser griffer par ses pinceaux.
Derrière toi, te suivant, la liberté
pour voir si tu peux
lui ouvrir quelques portes, lâcher les filets.
Derrière toi, danse la pleine lune,
sa danse ardente
t'invite à élever ta voix de neige.
Derrière toi, l'humanité la plus animale
t'appelle :
que vous oubliez ce que vous avez appris,
que vous commenciez à ressentir,
que cela n'a pas de sens
de vivre ainsi.
L'esprit ouvert, la peau prête,
les ailes déployées, l'esprit alerte.
Le cœur ouvert, ouvert au monde
dans toute sa splendeur, votre être profond.
Il faut avoir :
L'esprit ouvert, les ailes déployées
et si possible,
la peau prête, l'esprit alerte.
Derrière moi, à petit feu naît
une chanson depuis le centre de ton centre. 🎵
Decalogue for change
- Générer du matériel qui aide les équipes d’orientation à orienter leur travail vers des pratiques non ségrégatives.
- Faciliter l’union pour faire valoir les droits : dénoncer les pratiques excluant le Comité des droits des personnes handicapées.
- Constituer une Plateforme où tous les secteurs impliqués auront une voix pour forcer des transformations dans l’école commune : élèves, familles, enseignants, équipes d’orientation, avocats…
- Faciliter les procédures de participation des familles et du volontariat dans les établissements scolaires.
- Prendre position : s’impliquer dans les AMPAs, les commissions de Convivencia et les Conseils Scolaires.
- Forcer le positionnement de la communauté éducative ; que personne ne puisse rester à l’écart.
- Réfléchir en tant que communauté, pour ne pas revenir aux pratiques excluant.
- Création sur les réseaux sociaux d’une page où chacun peut faire entendre sa voix.
- Rechercher un soutien académique pour rendre cette lutte présente auprès de l’inspection de l’éducation.
- Générer des matériaux et des liens vers des expériences inclusives réelles.
Scientific productions from the Workshop
Publications
- CALDERÓN-ALMENDROS, I. (2018). Privé de droits humains. Disability & Society, 33(10), 1666-1671.
- CALDERÓN-ALMENDROS, I.; MORENO-PARRA, J. & VILA-MERINO, E. (2022). Éducation, pouvoir et ségrégation. Le rapport psychoéducatif comme obstacle à l’éducation inclusive. International Journal of Inclusive education.
- CALDERÓN-ALMENDROS, I. & RASCÓN-GÓMEZ, M.T. (2022). Tisser les luttes pour le droit à l’éducation : Narrations collectives et personnelles pour l’inclusion depuis le modèle social du handicap. Pédagogie Sociale. Revue Interuniversitaire, 41, 43-54.
- MORENO PARRA, J.; FERNÁNDEZ TORRES, P. & CORTÉS GONZÁLEZ, P. (2022). L’intelligence dans la formation initiale des conseillers d’orientation. Perspectives des étudiants. Revista de Educación, 398, 87-110.
- CALDERÓN ALMENDROS, I.; MORENO PARRA, J. & MOJTAR MENDIETA, L. (2023). Inégalités scolaires et discrimination par capacité en temps de confinement. Expériences familiales dans des processus de recherche participative. Revista Complutense de Educación, 34(4), 945-954.
Conférences dans des congrès scientifiques
- CALDERÓN-ALMENDROS, I.; MORENO-PARRA, J.J. & VILA-MERINO, E. (2021). Éducation, pouvoir et ségrégation. Évaluation psychoéducative comme obstacle à l’éducation inclusive. Communication présentée lors de laWorld Educational Research Association 2021 Focal Meeting, Santiago de Compostela, Espagne.https://hdl.handle.net/10630/22679
- ALONSO-BRIALES, M., DE OÑA-COTS, J.M. & VEGA-DÍAZ, C. (2021). Apprentissage tout au long de la vie pour l’éducation inclusive. Communication présentée lors de laWorld Educational Research Association 2021 Focal Meeting, Santiago de Compostela, Espagne.
- RASCÓN-GÓMEZ, M.T. & MOJTAR-MENDIETA, L. (2021). Éducation inclusive ou exclusive ? Un défi pour le système scolaire espagnol. Communication présentée lors de laWorld Educational Research Association 2021 Focal Meeting, Santiago de Compostela, Espagne. https://hdl.handle.net/10630/23241
- CALDERÓN-ALMENDROS, I.; RASCÓN-GÓMEZ, M.T. & CABELLO-FERNÁNDEZ-DELGADO, F. (2021). Comment rendre nos écoles plus inclusives ? Le cas de l’Espagne. Communication présentée lors de la Comparative Education Society of Asia (CESA) 12th Biennial Conference. Kathmandou, Népal.
- CALDERÓN-ALMENDROS, I. (2022). Impliquer les communautés dans la promotion de cultures scolaires inclusives. 1st International Conference on Education and Training – Thinking education in transition times, Lisbonne, Portugal. https://www.icet2022.pt/en/content/abstracts/abstract-book/abstract-book.html
